Lippie
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Chose promise, chose due, l’intrigante et mystérieuse Lippie se dévoile rien que pour les hiboos… Si vous ne connaissiez pas encore cette jeune chanteuse à l’univers bien particulier, cette interview vous donnera, je l’espère, l’envie de vous plonger dans la musique de cette miss qui est bien contente de pouvoir enfin dire et expliquer beaucoup de choses à son public! On t’écoute Lippie…
Comment es-tu tombée dans le monde de la musique ?
J’ai toujours fais de la musique. J’ai commencé par jouer du piano, puis j’ai appris la guitare. Mais je ne pensais vraiment pas qu’un jour je pourrais me retrouver sur une scène à jouer pour un public. A vrai dire, je m’imaginais plutôt actrice. J’étais d’ailleurs dans une école de théâtre avant de me lancer dans la musique grâce à des amis qui avaient entendu ce que je faisais et qui m’ont convaincu de tenter ma chance.
Tu es donc un peu en train de t’éloigner de ta carrière de comédienne?
Pas tout à fait. Je joue un peu la comédie sur scène et ces deux catégories ne sont pas si éloignées. Mais il est vrai que petit à petit j’ai fait des rencontres qui m’ont plutôt dirigé vers la musique. Notamment, j’ai eu l’occasion de collaborer avec les Black & White Skins, grâce à mon amie Mrs Love Stream qui m’a fait les rencontrer. J’ai également abandonné peu à peu la comédie car on m’avait dit qu’il n’était pas possible de tout faire et qu’il fallait choisir. Mais aujourd’hui, avec l’expérience, je pense qu’au contraire il est possible de faire plusieurs choses à la fois et que cela peut même être plus intéressant. Notre génération est ouverte et a une grande faim de créativité, dans quelque domaine que ce soit.
Toi-même tu définis ton style comme punk, tropical et industriel. Pourrais-tu nous en dire un peu plus sur ce nouveau genre?
Je viens du milieu industriel. Mon père avait une usine de bois et de palettes de carton. Pendant mon enfance, j’ai vu de la sciure de bois, j’ai vu les rapports humains qui peuvent exister dans une usine, j’ai senti une odeur particulière… J’ai donc utilisé le terme industriel au sens premier et non pas pour caractériser ma musique par des bruit de métaux.
Le côté tropical, je l’ai inventé avec Mrs Love Stream. A nos yeux, les Tropiques représentent la mixité des cultures car on y retrouve beaucoup de choses : des traditions, des mœurs, de l’eau, du ciel, de la terre… C’est étranger et cela a également une connotation positive assez pétillante.
Enfin, je qualifie ce que je fais de punk, pour le côté anarchiste, résistance et rebelle que j’ai toujours eu en moi. C’est mon âme de poète. Je suis une punk.
Tu as aussi un côté un peu grande gueule, comme le signifie ton nom d’artiste Lippie. Lippie ce sont aussi tes initiales, Laura Peinetti. Cela vient également de « Lips » qui veut dire lèvres et du chiffre Pi qui te fascine. Peux-tu nous donner un peu plus de détails sur tout ceci ?
Pi est le symbole que j’ai choisi pour représenter mon existentialité. Pi permet au cercle d’exister. On peut calculer et construire des choses qui tiennent grâce à ce chiffre et cela m’impressionne.
Pour ce qui est de l’autre signification de mon nom de scène, je me considère comme une grande gueule parce que c’est assez adolescent. Lorsque j’ai débuté, cela me correspondait bien car j’essayais d’imposer quelque chose, mais je n’étais pas encore capable de gérer tout le propos que cela impliquait. Par contre, dans mes textes, je suis plus fine bouche, plus intérieure, car il s’agit d’un dialogue très sensible.
D’ailleurs, de quoi t’inspires-tu pour écrire tes textes et composer ta musique ?
Je m’inspire de livres que je lis et de musiques que j’écoute. Je lis de tout (beaucoup de poésie) et j’écoute de tout. Mon livre préféré c’est Demande à la Poussière de John Fante. Et en musique, mon style va de Cat Power, à Cocorosie, Björk, Tony Allen, Chopin, Gainsbourg, Jeff Buckley… la liste est longue. Certains groupes ont marqué ma vie comme Ark. D’autres ont été un coup de coeur comme Pony Del Sol ou Fantasio.
Je m’inspire aussi bien sûr des événements que j’ai vécus et des choses que j’ai ressenties. Par exemple, le temps m’a toujours importé car j’ai passé une grande partie de ma vie à attendre. J’attendais que quelqu’un m’appelle, j’attendais la suite, j’attendais de ne plus être malheureuse… Il y a eu un long moment d’attente. Le temps peut être un problème, car il file, et il s’agit d’une réalité importante. Il faut le vivre. J’ai écris une chanson à propos du temps qui s’appelle Pi : « Je considère le temps comme un esprit ouvert qui vole comme un temps ». J’ai également fait une chanson que je n’ai jamais pu enregistrer mais qui fonctionnait très bien en live sur le passé que je n’arriverai jamais à oublier. J’ai du mal à pardonner au passé. Sur cet album-là, c’est assez adolescent, encore une fois. Album qui n’existe pas d’ailleurs…
J’ai du mal à pardonner au passé
Explique-nous donc la non-existence de ton album…
Voilà un sujet épineux. En réalité, j’ai déjà toutes les chansons nécessaires à la préparation de mon album, mais on m’empêche de le sortir. J’en assume pleinement la forme mais les professionnels n’en veulent pas. Il n’était peut-être pas très abouti, mais il s’agissait d’un premier album qui était assez clair sur sa forme. Cela fait un an qu’on me remet en question sur mes capacités à pouvoir le faire.
Mais qu’est-ce qu’on te reproche ?
On me reproche la simplicité de ma musique, le peu d’instruments que j’utilise. On me reproche également mon attitude scénique.
Il est vrai que sur scène tu interromps souvent tes morceaux, tu t’énerves et tu n’es pas contente de toi. Pourquoi ce comportement?
Je pense que je suis tiraillée entre le monde professionnel et le monde réel et que c’est pour cette raison que pendant mes lives, je perds confiance et j’ai peur qu’on ne m’aime pas pour ce que je suis, puisqu’on ne me légitime pas dans le milieu professionnel de la musique. On me remet beaucoup trop en question pour que j’aie confiance en moi.
Lorsque j’ai commencé à faire des concerts, je n’agissais pas ainsi. Je suis devenue comme ça avec le temps et avec les coups, notamment à cause de l’événement de ma mère qui est décédée il y a deux ans. Cela m’a rendu encore plus violente et plus en colère sur scène. Mais je tiens à préciser que si je m’arrête en plein milieu d’un morceau, ce n’est pas parce que je trouve que le public n’est pas assez réceptif. C’est vraiment de ma faute. Je suis sans doute trop exigeante envers moi-même. Parfois je m’en veux, et parfois je me dis que j’ai fait ce que j’ai pu. De plus, ce comportement scénique génère beaucoup de réactions de la part du public. Certaines personnes le supportent mal, chez d’autres cela génère de la réflexion et certains sont touchés, car je suis quand même sincère et entière.
Mais je compte me concentrer de plus en plus sur ma voix et m’entourer de musiciens pendant mes concerts afin de régler ce « problème ». Je veux mettre plus de douceur dans ma musique et c’est aussi pour cette raison qu’un guitariste canadien s’est joint à moi.
Certains avis sont défavorables à ce changement mais je pense que cela me permettra de me sentir plus à l’aise… Tout ceci est aussi une question économique….
Je suis sans doute trop exigeante envers moi-même
Quels sont tes projets futurs ?
Je fais partie de ces gens qui ont du mal à se centrer sur une seule activité. J’aimerais donc dans le futur intégrer d’autres éléments sur scène pour peut-être transformer mes performances en spectacle plutôt qu’en concert et me rapprocher à nouveau du théâtre que j’ai quelque peu délaissé. Je vais faire une pause de 6 mois afin de revenir avec un concept qui me correspondra mieux.
J’ai aussi eu l’occasion de travailler avec l’ingénieur son de Björk pendant trois jours. On avait eu quelques bonnes idées mais malheureusement je n’ai pas pu renouveler l’expérience. Mais si dans le futur l’occasion se présente à nouveau, j’adorerais cela!
J’ai également tourné un documentaire à New-York et Los Angeles avec Ark portant sur nos carrières respectives. Il nous faut encore y insérer des morceaux et des clips afin de finaliser ce projet. Et bien sûr, j’aimerais réussir enfin à sortir cet album. Mon public me le demande et ça m’aiderait à clore un chapitre.
Merci pour tout Lippie. J’espère que tu arriveras enfin à mener ton projet à terme. Un dernier mot ?
Je vais faire un break de 6 mois pour revenir avec un projet plus personnalisé et que qui m’aime me suive !
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

charlotte 7.01.09 | 13:12
very great. j’espère aussi que l’album sortira :) et que plein de monde la découvre et apprécie sa musique!
Alain G. 7.01.09 | 15:49
J’étais passé à côté de sa musique… et je trouve ça excellent.
Sophie 7.01.09 | 15:53
Ah je suis contente!! Elle a un univers bien à elle, à découvrir!