AaRON
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En novembre 2008, l’album « Artificial Animals Riding On Neverland » d’AaRON est réédité pour la seconde fois, sous forme de livre disque, avec deux chansons en version symphonique. Dans la foulée est annoncé un concert au Zénith en avril prochain, avec un orchestre symphonique. C’était donc l’occasion de rencontrer le groupe pour parler de tout ça et revenir sur leur parcours jusqu’ici.
Nous en profitons pour leur demander de participer à la nouvelle rubrique « dessine-moi un HibOO« , et c’est tout en dessinant, qu’Olivier explique en quoi cette ré-édition de l’album marque pour eux une sorte de fin de première étape.
C’est la fin d’un chapitre, une belle aventure
Olivier : On voulait mettre tout ce qu’on avait vécu pendant cette tournée, des souvenirs pour nous et montrer aussi aux gens ce qui s’était passé. Tout a été tellement vite et le public a vécu la même histoire que nous quasiment. Donc on voulait montrer ça par des photos. Et puis on a eu l’occasion de refaire deux morceaux en symphonique donc autant les mettre sur l’album. On a eu cette occasion aussi de pouvoir faire un concert avec un orchestre symphonique, on va faire trois dates, dont une en France.
Simon : Et c’est un kif pour nous de pouvoir vivre ça, c’est trop marrant pour nous d’aller jouer au Zénith. Le premier concert que j’ai vu de ma vie c’était là-bas. Vivre un tel truc avec un orchestre symphonique pour notre premier album toujours, c’est un kif. C’est la dixième fois qu’on va jouer à Paris je crois, et on est toujours surpris qu’il y a encore des gens qui viennent nous voir ! On se dit « ouais c’est chaud, est-ce qu’ils vont venir, est-ce qu’ils vont avoir envie de voir ça ? » et c’est assez plaisant de voir que oui. Comme il dit c’est la fin d’un chapitre, une belle aventure. Maintenant on a envie de faire autre chose aussi, on a recommencé à composer tous les deux, on y est revenus naturellement.
[Il s’interrompt un instant pour interdire à Olivier de copier son dessin, puis reprend]
Simon : J’ai l’impression de n’avoir rien vécu entre les deux, à me retrouver au même endroit en studio avec Olivier à faire de la musique. Mine de rien c’était y a deux ans : deux ans ça parait énorme en tournée mais dans la vie de quelqu’un c’est pas grand-chose. C’était tellement intense ce qu’on a vécu que c’est un sentiment super fort de se dire qu’on a encore envie de faire de la musique.
Évidemment en entendant ceci, nous n’avons pu nous empêcher de leur demander si les compos du second album seront dans la même veine ou s’ils avaient d’autres idées, s’ils prévoyaient déjà des featurings…
Simon : On sait pas du tout où on va, le début c’est un peu changé déjà donc on verra. Y a déjà un refrain qui me rend ouf, j’arrête pas de le faire. On ne sait pas trop ce que ça va donner. Mais c’est excitant aussi.
Olivier : On verra si ça se présente et si un titre appelle à un featuring. Pour le moment, on ne peut pas dire on n’a pas commencé.
Simon : Moi au début je ne voulais pas et puis on a vécu l’expérience de vivre le vrai duo, avec Loane à La Cigale et c’était agréable. Moi c’est con mais la plupart des gens que j’adore, enfin les voix, sont déjà morts donc c’est compliqué. Un featuring faut que ça raconte quelque chose, un duo pour un duo ça sert à rien. Donc on verra.
AaRON a beaucoup évolué sur scène, avec par exemple l’ajout d’une batterie sur le dernier cycle de la tournée. Mais ce n’est pas du quelque chose qu’ils planifient :
Simon : La scène et la compostions sont deux choses différentes. On s’interdit rien, on ne pense pas à comment va être joué le morceau. On a des envies instinctives qui ont changé, mais on ne s’est pas dit qu’il fallait qu’on ne fasse pas tel truc car on l’a déjà fait. Si ça ressort comme l’album d’avant c’est pas grave, je ne veux pas rentrer dans une psychose de « attention on l’a déjà fait ». J’écris des trucs et ça ça va comme ça, faut le dire comme ça et tant pis si c’est obsessionnel et si on fait 43 albums pareils. On a eu la chance et aussi le flip d’avoir un gros succès, donc si on rentre dans une logique de « maintenant les gens savent un petit peu qui on est est » ça pourrait fausser notre création donc c’est important de rester sincères et dans notre truc. Faire de la musique quoi.

Cet émerveillement là, si tu l’as plus, t’as plus rien à faire sur scène.
Une autre particularité du duo est qu’il semble toujours émerveillé d’être sur scène, face à son public.
Simon : Moi j’en reviens toujours pas.
Olivier : On s’amuse on découvre.
Simon : Et puis l’endroit est complètement différent aussi, ça joue. Y a un truc schizophrène qui se passe dans ma tête : je chante, je raconte un truc et tout d’un coup ça s’arrête et tu vois qu’il y a des gens qui sont là entre chaque morceau. Et à chaque fois c’est « waw », ça s’en va pas. Quand je suis dans la chanson, je suis dans la chanson et c’est pour ça qu’à chaque fois je prend une claque quand je réalise. C’est très bizarre et schizophrénique. Ça m’était jamais arrivé, j’ai pas 15 ans de carrière avant, pas de petits bars ni rien, tout de suite ça a été bam d’un coup. C’est vraiment intense et je ne le réalise toujours pas. Je me rappelle la sensation pour l’Olympia. C’était pas l’Olympia pour l’Olympia, pour moi c’était particulier car je me souvenais que Jeff Buckley avait joué là et j’en revenais pas. Y repenser encore ça me donne des frissons : j’étais trop fier de jouer là où Jeff Buckley avait joué. Encore plus que pour le nom Olympia car aujourd’hui ça peu perdre son côté magique. Avant de monter sur scène, j’ai eu la sensation de prendre l’avion, à la seconde où Olivier est parti. A chaque fois je me retrouve en dernier tout seul dans les coulisses, ça me fait peur mais en même temps j’aime bien aussi. Cet émerveillement là, à mon avis si tu l’as plus, t’as plus rien à faire sur scène.
Peut-être qu’avec le deuxième album, je dirai moins 512 fois merci par concert, mais là c’est un besoin pour moi de désarmer le truc. Je veux remercier les gens, qui ont quand même payé une place. J’hallucine de voir que les gens payent pour venir nous voir, prennent le temps de venir. On a de la chance en France que les gens aient un budget sorties, c’est un kif que les gens se déplacent. Olivier au début de la tournée il me disait « y a des endroits qui ne ressembleront à rien et puis le soir tu verras ça sera blindé ». Et en effet des fois on arrivait dans des espèces de no man’s land, de parkings et le soir y avait une foule dingue.
Ce clip c’est une histoire d’émotion et de sensation
Le dernier single en date d’AaRON était Le tunnel d’Or, accompagné d’un clip réalisé par Vanessa Filho qui s’occupe de l’univers graphique si particulier du groupe. La version symphonique de la chanson est également accompagnée d’un clip, radicalement différent du premier.
Simon : On s’est dit que si on refaisait un clip il fallait quelque chose de nouveau sinon ça servait à rien. La version symphonique n’a rien à voir avec l’original donc il fallait quelque chose de super différent. Et Vanessa est arrivée avec l’idée du plan séquence, j’adore ça le concept d’une caméra lancée jusqu’à la fin. Il est ouf ce clip je l’adore.
Olivier : J’suis super contente de ce clip, il t’emmène.
Simon : C’est trippant, y a plein de technique, Vanessa avait millimétré toutes les apparitions des gens, on en a chié, vraiment, c’était un tournage intense, 24h sans dormir je crois, mais on savait qu’il n’y aurait pas de montage après. Et puis il y avait ce rapport à Méliès qu’on adore tous les trois. Avec Vanessa la force qu’on a c’est qu’on est tous les trois vraiment sur la même longueur d’onde de travail, dans nos fantasmes d’images et même musicalement dans ce qu’elle fait avec Olivier et les textes que j’écris. Y a un lien entre nous trois et c’est agréable, c’est toujours en collectif et ça va vite. Elle est arrivée avec cette idée et on a adoré : ce clip il est mortel, on a la pression pour le prochain ! Le danger avec le clip c’est d’enfermer une chanson dans un visuel et que les gens après quand ils écoutent la chanson ils voient le visuel et moi je déteste ça. Là ce clip c’est une histoire d’émotion et de sensation, sans début ni fin, ça pourrait continuer être au milieu d’un truc et c’était important ça aussi. Je pense qu’on a réussi, faire un clip sur la sensation.
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Être à la base d’une création c’est mortel
AaRON fait partie de ce qu’on pourrait appeler « les artistes MySpace », avec une communauté active sur Internet, et une base communautaire assez conséquente, avec en particulier un forum particulièrement bien informé.
Simon : J’adore que les gens soient créatifs. Dans l’idée si toi tu peux lancer une base de création et que ça donne ça autour de nous c’est bien. Je ne venais pas de ce milieu là donc je ne connaissais pas le truc des fans et tout ça, un peu par le cinéma mais c’est moins radical, la musique c’est un lien direct avec les gens. Et là ils créent un forum, ils lancent des concours, ils s’amusent à faire des images, des portraits y en a qui délirent sur les chansons, qui refont des clips. Même les gens sur Internet qui reprennent les chansons et font leur version : y a un mec qui a fait un truc d’animation qui est mortel, guitare voix et il a trouvé un truc super beau, le gars il a prend ta chanson et il en fait un truc complètement chanmé qui n’a rien à voir, j’adore ! Et ça c’est un beau kif, si t’es à la base d’une création c’est mortel !
Olivier : Et ça prolonge le lien que tu as. Quand y avait pas tout ça avant, le seul moment où y avait un lien c’était le concert et après terminé. Maintenant sur MySpace on ne peut plus répondre mais y a un échange, on continue de lire et puis les gens échangent entre eux.
Simon : Les gens font quelque chose, ils t’envoient des trucs pour avoir ton avis, ils ne sont pas passifs, j’adore.
La tournée d’AaRON ayant été longue et à un rythme très soutenu, nous leur avons demandé s’ils envisageaient de continuer ce genre de marathon à l’avenir.
Olivier : Y a eu une période assez violente c’était l’hiver dernier, où on a enchaîné beaucoup de concerts.
Simon : Je ne veux pas refaire la même chose car ça m’a touché physiquement et on a raté des concerts qu’on aurait rêvé de faire : les Vieilles charrues, le Furia … et c’est vraiment dommage, on était super tristes. Au détriment du physique, je ne veux plus le faire. Je ne connaissais pas et maintenant je sais comment appréhender plus le truc et m’économiser. Donc je ne pense pas qu’on fera un marathon aussi violent, y avait des moments vraiment dingues où on n’avait plus de vie. Mais par contre c’est vrai que la tournée qu’on a fait au Canada ou en Allemagne on a des souvenirs de oufs, c’était génial. Si on te propose ça, que t’as la chance de pouvoir le faire, faut y aller.
Le concept même de la musique : pas de frontières
Et justement au sujet de la perception d’AaRON à l’étranger, l’accueil est différent :
Simon : Déjà y a pas de rapport avec le film, bizarrement. Les gens venaient nous voir par pure curiosité. Au Canada les gens connaissaient les paroles par cœur, donc ça change aussi. En France comme c’est de l’anglais y en a moins, et là ça nous a fait bizarre que sur tous le concert on chante les chansons. Tout est différent car on est perçus comme un groupe étranger, y a un fantasme peut-être plus fort de ce fait. C’est une bonne expérience, le concept même de la musique : y a pas de frontières.
Dernière question avant de partir : celle qu’on ne leur a jamais posée … après quelques instants de réflexion et diverses suggestions, ils s’arrêtent sur celle-ci :
Simon : « Est-ce qu’on a été heureux de faire ça ? » Donc oui on est contents, bien sûr, le jour où on sera plus contents on sera honnêtes et on arrêtera. C’est triste quand tu vois des gens qui font ça pour de mauvaises raisons, de voir des gens tristes sur scène.
L’interview s’achève, mais Simon n’a pas fini son Hiboo alors nous le regardons dessiner, assez ébahis par le résultat !!

AaRON sera en concert le 4 avril prochain au Zénith de Paris.
» www.myspace.com/aaronrecordings)
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

charlotte 6.01.09 | 16:09
j’avais zappé ce nouveau clip! awesome.
Chamolko 6.01.09 | 22:22
Super agréable à lire cette interview, fidèles à eux-même…toujours.
Merci à Ava donc et à Rod pour l’nfo ;)
Quant au forum du groupe…c’est qu’on essaye de le tenir au mieux!
http://www.aaronforum.com Yeeeaaah
Woushou 7.01.09 | 12:03
Amusant.
Je n’avais jamais lus d’interview du groupe… Je ne les imaginez pas du tout parler comme ça. ca donne une autre perspective :)
Je fais le voyage depuis La Rochelle le 4 Avril et je peux d’or et déjà dire qu’il y aura une Française qui chantera les chansons avec eux depuis la sale! C’est ma manière de vivre la musique intensément! et Leur musique est à vivre intensément, sans conteste!
Bon Ok Simon je vais ranger mes crayons là … tu dessines trop bien pour moi… Je suis jalouse.
Vivement avril!
Chris CB 28.01.09 | 16:04
C’est le clip réalisé par Vanessa Filho ?