Le bon, la brute et le cinglé
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Les années 30 en Mandchourie. Le Cinglé vole une carte aux trésors à un haut dignitaire japonais. La Brute, tueur à gages réputé, est payé pour récupérer cette carte. Le Bon veut retrouver le détenteur de la carte pour empocher la prime. Un seul parviendra à ses fins, s’il réussit à anéantir l’armée japonaise, les voyous chinois, les gangsters coréens… et ses deux adversaires. (Fiche Allociné)
N’y allons pas par quatre chemins : ce film est un véritable bijou qui passera comme d’habitude inaperçu. Mais pour la poignée de curieux et / ou amateurs de films asiatiques (et notamment coréens), foncez le voir, vous ne serez pas déçu.

C’est bon
Plans photos d’une beauté somptueuse (plénonasme, lorsque l’on connaît quelques oeuvres du cinéma coréen, à l’instar de Locataires, 2 soeurs (du même réalisateur), Jiburo, A Bittersweet Life, ou encore le magnifique Printemps, Eté, Automne, Hiver, Printemps), couleurs saturées, cadrages osés, plans séquences à foison durant les scènes d’action n’ayant rien à envier à l’introduction d’Old Boy, acteurs charismatiques (la tête d’affiche n’est ni plus ni moins constituée des 3 « stars » de Corée), BO loufoque et punchy, histoire aussi abracadabrante qu’haletante, une dernière demi-heure absolument jouissive … le film de Kim Jee-Woon captive du début jusqu’à la fin : l’alchimie western / orient teintée de personnages tous droits issus de planches mangas ne dénote jamais. Mention spéciale à Song Kang-Ho qui, déjà habituellement déjanté dans ses productions passées (le sublime Memories of Murder, ou l’OVNI The Host), apporte ici une touche d’humour nécessaire pour éviter au film de sombrer dans une ambiance trop « Sergio Leone ». En d’autres termes, tant sur le plan scénaristique qu’esthétique, on en prend plein les yeux et les oreilles.
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C’est brute
Bien qu’aucune signalitique ne soit présente en salle, ce film est à déconseiller fortement aux enfants : les scènes de sang et de violence sont légions, et certains passages sont psychologiquement limites (cf. le couteau qui ne coupe pas) ; la mise en scène brillante, alliée à une mise en scène irréprochable, permet néanmoins « de faire passer la pilule » (on n’est pas loin de la force d’Impitoyable de Clint Eastwood). Tout comme l’humour omniprésent, qui permet de dédramatiser les situations.
C’est cinglé
Le bon, la brute et le cinglé, de par ses moyens et son casting exceptionnels, détient désormais le record du film le plus cher de l’histoire du cinéma asiatique, soit 17 millions de dollars (soit deux fois moins que les Bronzés 3, sic) : ce budget colossal a permis de s’affranchir de bon nombre de limites, et le réalisateur s’est littéralement lâché ; et il faut voir le film pour comprendre à quel point : entre une BO archi décalée rappelant inéluctablement Tarantino, des acteurs flegmatiques ne s’imposant aucune limite, une course poursuite / chasse au trésor qui prend une tournure folle et inattendue, Le bon, la brute et le cinglé est dans « l’anime spirit ». La fin reste l’une des plus jubilatoires du genre tant l’absurde prend le dessus, mais qu’importe : rares sont devenus les films alliant esthétique sublime et divertissement intelligent. N’est pas coréen qui veut (et encore moins Kim Jee-Woon). Au delà d’un « simple » hommage asiatisé, une oeuvre à part entière. Et donc, à voir absolument. C’est mon dernier mot, Jean-Pierre.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

Thanh 1.01.09 | 15:18
C’est un des films que je voulais aller voir lundi soir, mais malgré mon nombre d’amis élevé sur Facebook, je n’ai trouvé personne pour m’accompagner.
Les films cinglés, j’adore!
cricri 1.01.09 | 16:14
Effectivement, c’est très bon. Si on pense inévitablement à Tarantino je trouve que c’est parfois même meilleur.
Gilles 2.01.09 | 23:24
en tout cas il ne passe pas inaperçu sur les principaux sites de torrents.. humhum. marrant de voir que les gens vont le mater sans que personne ne le sache de peur de s’afficher au ciné à aller voir un film comme celui-là. :)
parce que ce film là, il vaut son pesant de cahouètes !
Cecile 3.01.09 | 16:05
C’est excellent, le meilleur western depuis Mon Nom est Personne !!! ;-)
Byung-hun Lee (la brute), c’est 50% du charme du film, paske, avouez-le, il a gravement la classe.
feufol 4.01.09 | 10:35
Aaaaah ! Je veux aller voir ce film ! En vrai ça fait quelques jours que j’essaie d’y aller mais le petit cinéma indé’ qui le passe près de chez moi ne le diffuse qu’une fois par jour et à des heures différentes… mais je vais trouver un créneau qui m’aille. (je suis tout impatient tiens)
la Fille du rock 4.01.09 | 12:02
Ha bah je vais foncer le voir ! J’adore les films asiatiques, absolument déjantés (cf Old Boy ou encore Volcano High School).
thanks for the advice !
So' 13.01.09 | 11:02
Juste énormissime ! J’ai adoré du début à la fin :)
Ma critique ici : http://justafewwordsboutme.blogspot.com/2008/12/joheunnom-nabbeunnom-isanghannom.html
Benjamin 14.01.09 | 10:21
J’ai pas pu voir le film mais j’ador ela critique :)
edgydog 24.01.09 | 12:56
Personnellement, l’ayant vu avec un ami fan de Télérama, nous l’avons trouvé un peu long sur la fin, surtout la course poursuite qui n’en finissait pas.
Mais à part ça, c’était une chouette surprise !