[Carbon / Silicon] really the blues ? au Trabendo
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Un public pas forcément très jeune, même si on en remarquera certains, un Trabendo bien rempli (sans être bondé…), des spectateurs visiblement impatients et heureux d’être là, plein de têtes sympa à revoir aussi, autant dire que la soirée se présente sous les meilleurs auspices !
- Date : 17.12.08
- Adresse : Parc de la Villette 211 avenue Jean Jaurès 75019 PARIS
- Téléphone : 01 49 25 89 99
- Web : www.trabendo.fr
Laetitia Sheriff (web)
Comme parfois, la programmation de la première partie est très surprenante, ou en tout cas très décalée par rapport à la tête d’affiche : Laetitia Sheriff est seule avec sa guitare, ses pédales, et on le suppose quelques parties préenregistrées (le premier morceau, au moins ?), et son « Rock / Pop / Autre » consiste en titres chantés en anglais, qui ne peuvent échapper de prime abord à la comparaison avec PJ Harvey, mais on est tout de même assez loin d’un copier-coller de l’Anglaise… La chanteuse a une réelle présence, ses morceaux sont bien bâtis, avec l’utilisation de loops sans trop abuser des couches superposées, cependant à la longue on n’a pas la sensation d’avoir de vraies différences entre les titres, et on accepte donc sans aucune plainte que cela ne dépasse la demi-heure que de très peu… On ne jette pas, mais il faudrait sans doute retester la donzelle dans un autre contexte !
Carbon / Silicon (web)
Car il faut être franc, s’il m’arrive d’être objectif (le plus rarement possible…), ce soir pour la première fois je vais voir Mick Jones, et ayant le Clash comme groupe de base je pourrais sans doute quasiment tout accepter de Carbon/Silicon, le projet que l’ancien guitariste du Clash a monté avec Tony James, l’ancien bassiste de Generation X (et de Sigue Sigue Sputnik, pour les puristes…), passé depuis à la guitare ! Dans ce projet, on retrouve aussi le bassiste originel de BAD, Leo Williams, ainsi que l’ancien batteur de Reef, qui martèlera ses fûts sans relâche et avec une détermination sans faille tout au long du set… Pas de machines donc, mais un vrai groupe de rock, emmené par un Mick Jones heureux de se retrouver sur scène, et qui passera son temps à sourire, narrant ses anecdotes ou introduisant ses chansons en riant, avec un détachement tel que chacun comprend que l’idée de base du groupe est de (se) faire plaisir ! Débutant avec un magic suitcase qui place la barre très haut, le quatuor ne cèdera jamais à la facilité qui aurait consisté à insérer des reprises qui auraient fait chavirer la foule, et propose ses propres titres qui font mouche (on ne citera que the news, the whole truth ou i loved you comme exemples de réussites…), la musique pas révolutionnaire mais évoquant de temps à autres BAD (ou bien n’est-ce que la voix de Jones qui offre la comparaison ?) étant très efficace, tout en n’étant pas formatée le moins du monde, ce qui permet parfois certaines approximations qui font tout l’intérêt d’un concert, en fait… Au passage, on a droit à 3 nouveaux titres, un unbelievable pain qui calme un peu les choses, un party world très rythmé et un what’s up doc quasi rock’n'roll, ce qui prouve que le groupe ne s’interdit aucune direction musicale, et on peut également constater qu’une bonne partie des spectateurs ne maîtrise pas encore le répertoire des Anglais puisque des frissons envahissent la fosse sur les premiers accords de what the fuck, qui ressemblent furieusement à un certain clash city rocker… Si on veut chercher la petite bête, on peut trouver que les voix sont un peu plus faibles que les musiques, mais il est vrai que ce ne sont pas les qualités vocales qui viennent en premier lorsqu’on évoque les noms des musiciens, mais cela ne gêne finalement pas grand-monde, car l’essentiel est dans la sincérité que dégage le concert ! On pourra en trouver un exemple frappant sur le dernier titre, why do men fight, sur lequel Mick invite sur scène un jeune perfecté à venir chanter la reprise de police on my back, que le malheureux ânonne et ne connaît visiblement pas, mais cela fait juste sourire Mick et Tony, alors que cela énerve au plus haut point un autre spectateur qui monte illico sur la scène pour prouver d’une voix très assurée que les Français peuvent avoir un minimum de mémoire… Notre jeune héros involontaire ne voudra d’ailleurs pas lâcher son micro, étant visiblement dans un état second qui lui évite de croiser les regards noirs des spectateurs, et les musiciens viendront tout de même le remercier, signe que l’essentiel pour eux était bien de partager ce moment, peu importe la manière ! Un très bon concert donc, bien loin des prédictions de certains, qui aura redonné la banane à toute une salle en moins d’une heure et demie…
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

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