Hugh Coltman (+ Alison Young + Sandra Nkake) au Café de la Danse

AGENDA RELATIF
Hugh Coltman
  Salle de l'Idonnière (Le-Poiré-sur-Vie) - 11 mars
Sandra Nkake
  Ubu (Rennes) - 3 mars
  Cedac De Cimiez (Nice) - 28 mars
Café de la Danse
  Alina Orlova (11 février)
  Frànçois & The Atlas Mountain (13 février)

Magnifiques concerts qui se déroulèrent en ce 15 décembre au Café de la Danse. Si le public était tout acquis à la cause d’Hugh Coltman, encore quasiment inconnu il y a quelques mois de cela, ce dernier (le public) put profiter de deux premières parties de haute voltige, dont l’incroyable et stupéfiante (il n’y a pas d’autres mots) Sandré Nkake, extraterrestre et pendant féminin de Spleen.

Les portes ne sont pas à 19h30 encore ouvertes ; la file d’attente est interminable, et se poursuit jusqu’à l’entrée de l’étroit passage Louis Philippe menant au Café de la Danse. Ce soir, celui qui a longtemps été la première partie de beaucoup d’artistes parisiens va enfin se confronter à SON public. Dans la foule, Laetitia, jeunette de 20 ans, qui exprime toute son affection pour ce chanteur qu’elle qualifiera d’exceptionnel. Les éloges dithyrambiques pleuvent au même rythme que le crachin discret qui se dépose sur ces têtes bien patientes. Quelques minutes plus tard, il est enfin possible de s’installer, et de subir un choc thermique de 30 degrés : oui, l’homo sapiens sapiens egoïstus parisianus est un être éternellement instatisfait.

Ecouter Hugh Coltman semble traverser les frontières et les générations : l’auditoire est un savoureux melting pot allant de la bobo cinquantenaire hautaine à la jeune étudiante d’histoire, du curieux perdu au fan de la première heure : alors qu’aucune note n’ait encore émané de la scène, l’euphorie est palpable, et comme tout concert sold out au Café de la Danse, l’intimité et la promiscuité contribuent fortement à se retrouver dans un état second.

Alison Young (web)

Lorsqu’elle arrive sur scène, l’on comprend de suite que la soirée sera constituée de deux premières parties. L’univers d’Alison Young est assez difficile à cerner ; d’une part, l’artiste n’a pu jouer – timing oblige – que quatre titres : bien trop peu pour plonger dans ces suites d’arpèges exclusivement jouées au ukulélé. D’autre part, l’on sentait l’artiste quelque peu intimidée par ce que lui arrivait, et la magie de ses notes contrastaient fortement avec son attitude stoïque. L’on retiendra néanmoins une très belle voix, une couleur généralement mélancolique qui collerait parfaitement en tant que fond sonore dans un film d’antan. A revoir dans un set digne de ce nom, ce fut trop court.

Sandra Nkake (web)

OK, Hugh était la vedette de la soirée, et OK, Hugh a proposé un set démentiel et sans faille. Mais diantre, remercions le gaillard d’avoir invité et fait découvrir la charismatique Sandra Nkake ! Seule avec son sampler, qu’elle utilisera de manière abusive pour le plus grand plaisir de tous, cette très grande femme n’a besoin de personne pour en mettre plein la vue et les oreilles. On pourrait même ajouter qu’elle n’a besoin de rien ; en témoigne ce problème technique lié à son micro qui l’agaça assez rapidement : elle éteignit tout, et continua sa chanson a capella (avec un fucking groove ravageur). Le public est en extase, la puissance vocale de l’artiste est telle que la différence sonore est quasi imperceptible, et elle continuera son tour de force jusqu’à réparation du problème. En d’autres termes « ultimate claque ». On pourrait ajouter aux éloges une tessiture vocale infinie (je dirais d’oreille 4 octaves parfaitement maitrisées, le tout dans une seule chanson, provoquant dans le public des sourires de béatitude, ces sourires qui finalement disent « wow, comment c’est possible »), sa reprise osée et pourtant inspirée de La Mauvaise Réputation de Brassens, le public qui frappa dans ses mains avec une telle vigueur pour la faire revenir sur scène … Sandra Nkake fait partie de ces premières parties qui vous happent et vous bouleversent jusqu’à la fin de la soirée, jusqu’à devenir le bug du chat noir de Matrix (on a les références qu’on peut) : vous revoyez et réécoutez son set en boucle des heures plus tard, et vous êtes heureux d’avoir été présent.

Hugh Coltman (web)

Inutile de préciser la température après ce one girl show divin : les langues se délient, la communion déjà évidente en début de soirée est désormais totale, et de plus en plus de monde s’assied en tailleur (quel courage) devant la scène pour ne manquer aucune miette. Comme beaucoup, je n’ai vu Hugh Coltman qu’en formation solo, et il me tardait de pouvoir écouter certains titres gratifiés de leurs sublimes arrangements présents dans son album Stories from the Safe House, clairement l’un des meilleurs albums 2008. Que dire ? Un concert tout simplement exceptionnel, généreux, drôle, fin, intelligent, délicat. Dans l’ordre ou le désordre, le public en est ressorti gagnant. Hugh Coltman, véritable diamant attractif, possède tout ce qu’il faut : magnétisme, aura, voix d’une précision absolue, gimmicks (guitare ou ukulélé) qui font mouche, compositions fines et riches sur le plan harmoniques (avec des suites d’accords vraiment travaillées, rappelant quelque peu le travail du lunaire Franck Monnet dans l’approche), énergie scénique le rapprochant d’un frontman d’un combo rock : un concert spectacle d’une très grande qualité. Sans oublier ces moments rares, comme Sixteen chanté sans micro et sans musiciens, ou encore ce final explosif où le songwriter finit à genoux sur scène, avant de finir submergé par une vague d’ovations, où tous les protagonistes de cette merveilleuse histoire finissent debout pour rendre hommage à celui qui, il y a encore quelques mois, n’attirait qu’une poignée de curieux. Et l’on se dit « vivement mars prochain pour revoir ce loustique atypique au flegme so british à l’Alhambra ».

publié par Rod le 16.12.08

archives.le-hiboo.com

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3 commentaires

  1. Ah bah tiens, Sandra Nkaké par chez nous en plateau avec Grace ça vient de tomber :)
    et pour les photos… miam, j’irai voir sur flickr

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  2. La vidéo d’Hugh Coltman est tout simplement magnifique :)

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  3. nice :) y’a un duo sandra nkake et Hugh coltman sur mon dailymotion rod ;)

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