Véronique Sanson (+ Christopher Stills) à L’Olympia : quand la musique est une belle (histoire de) famille.

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Ma première rencontre en live avec ces deux là remonte à il y a maintenant trois ans, un soir d’octobre 2005 où à l’affut de ce que Paris pouvait compter de bons plans pour écouter de la musique en live gratuitement, je me suis retrouvée sur le plateau d’enregistrement de l’émission Traffic.musique présentée par Guillaume Durand.

Ce soir là l’énergie communicative et la simplicité de Véronique Sanson (qui reconnaît ses fans dans le public et va les saluer) m’avaient littéralement bluffée. Et puis j’ai également découvert qu’elle avait eu un fils avec le musicien Stephen Stills, et que le rejeton, Christopher de son prénom, était un musicien doué. Sa folk douce et mélodieuse a été pour pour moi un gros coup de foudre musical. Sa prestation et sa voix m’ont hantée jusqu’à ce que je puisse me procurer son album et je me souviens m’être empressée d’inaugurer la rubrique « Miouzic » de mon blog tout neuf de l’époque avec le récit de cette soirée et surtout de cette découverte. Trois ans que j’attends de pouvoir les voir sur scène à nouveau tellement cette première fois m’a marquée. Autant vous dire que lorsque j’ai su que c’était ok pour le pass photo, j’ai sauté au plafond telle une hystérique faisant fi des moqueries des potes me traitant d’amatrice de Varièt CherieFM.

Chris Stills (web)

Vous l’aurez compris, je faisais partie des rares qui venaient aussi, et peut être même d’abord pour la première partie. J’avoue j’ai même demandé le pass dans l’espoir que ce serait lui qui aurait cette charge et un rapide tour sur son myspace m’a confirmé que j’avais vu juste.

Depuis trois ans maintenant l’album de Chris Stills est l’un de mes chouchous. Il était temps de vérifier si ses prestations en live étaient à la hauteur de mes fantasmes heu … souvenirs. Je me doute qu’il doit y avoir des trucs vachement plus difficiles à porter dans la vie que d’être « filsdequelqu’undeconnu » mais pour ce qui concerne les artistes, les musiciens en particulier, faire le même métier que papa ET maman c’est un peu chercher la difficulté. Surtout quand on fait leur première partie. Doublement difficile dans un tel cas de ne pas avancer sur scène frappé du sceau « je suis « fils de » et voilà pourquoi je suis là » surtout qu’il ne s’en cache pas et c’est d’ailleurs la voix de sa mère qui annonce son entrée en scène. Et forcément on s’imagine déjà guetter si quand il part dans les aigus il va lui aussi faire des trémolos en fin de phrases.

Mais dès les premières notes, il met tout le monde d’accord et moi, je suis rassurée (c’est aussi bien que dans mes souvenirs). La voix est toujours là, l’assurance en plus. C’est avec plaisir que je retrouve les compositions folk harmonieuses et délicates de Chris et surtout sa sublime voix. Il n’interprétera ce soir que des chansons en anglais, (alors que son dernier album comportait aussi des chansons en français) et tant mieux car à mon avis ce sont ses plus belles.

D’abord seul avec sa guitare, puis au piano pour la sublime when the pain dies down, un guitariste viendra le rejoindre pour le dernier morceau. Les chansons choisies ce soir, essentiellement des ballades, ont fait de ce set un assortiment plus mélancolique que ne l’est globalement sa musique. Mais les fans du premier rang qui ont assisté à tous les concerts parisiens de Véro m’ont certifié que la veille son répertoire était plus rock. J’aime le coté harmonieux des arrangements, la paix qui se dégage du personnage et de ses compositions. Une fois de plus le charme opère, sur moi, mais aussi sur le public.

Véronique Sanson (site web)

La coupure entre les deux parties du spectacle ne dure que 20 minutes et pourtant, rapidement le public s’impatiente. A peine le temps pour moi de faire connaissance avec les fans du premier rang que les lumières de la salle s’éteignent enfin à nouveau et que la crinière dorée de « Véro » – comme ses fans l’appellent avec tendresse – se dessine enfin dans les lumières. Elle s’installe au piano, le silence se fait, j’arme mon appareil photo et le spectacle commence.

Comme beaucoup de monde, je connais le répertoire de Véronique Sanson sans le connaître vraiment. Sans être une fan, j’apprécie énormément ce qu’elle fait. Elle fait tellement partie de mon patrimoine musical que je suis capable de chanter certaines de ses chansons sans les avoir vraiment écoutées.

Aussi une fois passés les trois premiers morceaux pendant lesquels je pouvais photographier, j’en ai profité pour me poser et ouvrir un peu plus attentivement que d’habitude mes oreilles à ce que certains nomment dédaigneusement la variété. (je remercie d’ailleurs toute l’équipe de la sécurité qui m’a autorisée à rester alors qu’apparemment ce n’était pas du tout prévu). A vrai dire, j’aime bien ça la variété (voilà une phrase qui va me faire perdre toute crédibilité aux yeux de certains mais je l’assume). C’est pour moi un style de musique à part entière qu’il est aussi difficile de maîtriser que n’importe quel autre. Peut être même plus, justement parce que cela parait plus « facile ». J’ai toujours beaucoup aimé la voix Véronique Sanson, ses chansons aussi. On s’en moque souvent à cause de son « world famous trémolo », mais c’est oublier la force d’interprétation dont est capable Véronique qui vit chacun de ses morceaux comme si sa vie en dépendait.

Ce qui une fois de plus me laisse sur le cul pendant ce set de plus de deux heures, c’est l’énergie qui se dégage de ce ptit bout de femme assise au piano virevoltant sur son tabouret et qui est tout simplement fulgurante. Sa voix, intacte, porte à elle seule ce show. Il faut dire que les arrangements sont là pour la mettre en valeur avec des débuts de chansons souvent épurés au piano seul et le reste du groupe qui n’arrive que sur le second couplet. Et tout le spectacle ne sera que cela : Véronique, sa voix et de l’énergie pure. Comme j’en ai rarement vu. Et pourtant ces derniers temps, dieu sait que j’ai vu des ptits jeunes (et moins jeunes d’ailleurs), bons ou moins bons se déchainer sur scène. Mais l’énergie d’une artiste comme Véronique Sanson ce n’est pas seulement de la dépense calorique c’est une communion avec le public qui reconnaît les chansons dès la première note, qui se lève à chaque morceau. Un public qu’elle connaît bien, avec lequel elle chahute entre les morceaux.

Vers la moitié du spectacle, Chris reviendra sur scène faire un duo avec sa mère sur une chanson de Stephen Still. On sent que c’est quasi improvisé. De là où je suis, tout près de la scène je vois les paniques de Véro qui s’embrouille dans les paroles, et décide finalement de laisser son fils la guider sur cette chanson.

Un grand moment de complicité.

Une performance de plus de deux heures, pendant lesquelles s’enchaîneront les tubes les plus connus. C’est le dernier soir à l’Olympia de sa tournée et on sent tout le long du spectacle qu’elle est émue. Elle dira même entre deux chansons « je tremble ce soir, car c’est mon dernier soir ici et j’en pleurerais« .

Mais ses fans sont là pour lui dire de continuer. Et elle repart de plus belle entonnant je me suis manqué, chanson au texte sublime probablement autobiographique et qui déchaînera les applaudissements du public. Un rappel tout en simplicité, seule au piano pour trois chansons sublimes Il manque quelqu’un près de moi, Visiteurs et Voyageurs et Ma révérence en guise d’au revoir. Et c’est effectivement sur une révérence qu’elle quittera la scène laissant un public acquis, conquis, et qui repart heureux après plus de deux heures d’énergie et de musique.

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2 commentaires

  1. Très bel article et très belle photo. Bravo. Je vais me permettre de le reprendre sur mon blog (extrait et lien vers cette page avec bien entendu mention de la source). Un grand merci.

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  2. saladelle 14.12.08 | 23:46

    J’ai assisté aux concerts des 9 ,10 ,& 11 Décembre (entre autres cette année ) :j’ai découvert avec un énorme plaisir Chris , et Véro m’a fait pleurer ! beaucoup d’Amour partagé pendant tous ses concerts ,et particulièrement ce 11 décembre . Peu d’artistes ont un talent réel et transmettent une telle EMOTION ! VERO on t’AIME

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