La Casa
Tweet
On m’avait parlé de La Casa il y a quelques temps et j’avais trouvé leur univers particulièrement intéressant. Alors évidemment lorsqu’on m’a proposé de les interviewer pour accompagner une session Hiboo Live, j’ai sauté sur l’occasion. Rendez-vous fixé à 11h30 dans un hôtel du 18ème, où j’arrive en même temps qu’eux. Le temps pour Pierre et Jef de poser leurs sacs et guitares, de s’installer dans les canapés et l’interview démarre.
La Casa c’est « tout neuf », mais vous faites de la musique depuis longtemps. Quel a été votre parcours jusqu’ici ?
Jef : Tous les deux ça fait 15 ans qu’on se connaît musicalement et 10 ans qu’on essaye d’en faire notre métier. On a galéré, on a eu plusieurs formations, dont une qui a été un laboratoire pour tout ce qu’on fait actuellement, La Sainte Java. On a navigué entre le rock, le reggae, l’électronique, un peu tous les styles qu’on aimait, en fonction de la taille de nos cheveux, de l’alcool ou de la taille des pétards qu’on fumait. On a arrêté tout ça bien sûr !
Là ça fait même pas 3 ans qu’on a créé La Casa, avant dans notre ancien groupe tout le monde mettait sa part, maintenant on a recentré et re-ciblé notre travail autour des chansons que Pierre compose et écrit.
Pierre : Là du coup on est parti sur un duo. Ça fait 30 ans qu’on se connaît, nos parents sont amis, là on a eu envie de se poser, après nos expériences précédents. Réduire l’aspect artistique, pour ne plus fonctionner sur des compromis comme souvent en groupe, donc on s’est dit qu’on allait fonctionner à deux. La Casa c’est vraiment deux personnes, plus 3 sur scène, au service de notre projet.
Pourquoi ce nom de « La Casa » ?
Jef : On a une histoire qui correspond à ça : on a habité il y a 5 ans dans une maison en colocation avec deux autres amis, surnommé « La casa de la felicidad ». C’est là-bas qu’on a commencé à se poser pour réfléchir sur La Casa, mais on n’avait pas encore le nom à l’époque.
Au premier concert, on a pris le nom de notre maison en ne gardant que les 6 premières lettres. Donc La Casa.
Pierre : Et du coup c’est resté !
Votre univers est assez singulier, au premier abord on pourrait le qualifier de folk/rock, puis on s’aperçoit qu’il y a aussi de l’électro et puis de l’harmonica, des trompettes mariachis … d’où vous vient ce mélange ?
Jef : Ça vient de notre passif : on a été supers ouverts à toutes les musiques, on a toujours eu une notion du titre efficace et du tube. Donc on n’a pas arrêté notre musique à un style, mais plutôt à quelque chose qui sonne, sans se donner de limites, mais plutôt des contraintes : certains styles de guitares, de trompettes, n’utiliser que la voix de Pierre …
Tu retrouves de l’électro c’est parce qu’on n’avait pas de batteur, tu retrouves de la trompette car c’est l’instrument préféré de Pierre.
Pierre : Oui et puis c’est surtout qu’on écoute de tout, on aime autant une belle chanson d’un groupe de reggae ou de hardcore norvégien. J’exagère mais du coup dans toutes nos influences on ne s’est pas limités : on aime plein de choses, et on les assume en les retranscrivant dans notre musique. Ce qu’on fait aujourd’hui on n’aurait pas été capable de le faire y a quelques années, on n’avait pas encore digéré tout ça.
Ce qui est génial c’est qu’à vieillir, on va tout le temps chercher ailleurs de nouvelles sensations, voir d’autres concerts, découvrir des choses … c’est bien ça, ça donne toujours l’envie d’aller plus loin.
Jef : Les rencontres aussi, le hasard : on a mis un petit peu de batterie sur l’album car un copain batteur en studio à côté a proposé une petite prise de batterie, y a un violon car un de nos meilleurs amis est violoniste donc on l’a invité. On aime bien travailler avec nos amis.
Dans les quelques chroniques qu’on peut trouver, la référence à Noir Désir ou Calexico revient souvent. Ce sont des groupes qui font vraiment partie de vos influences ?
Pierre : En vrai, oui. Moi je suis content car qu’on me dise que ça fait penser à Calexico, Noir Désir tout ça, ça me fait plutôt plaisir. Noir Désir c’est un groupe qu’on a beaucoup écouté plus jeunes, comme la Mano Negra, comme pas mal de trucs de reggae… et plus tardivement Calexico, ou des groupes comme Cake, des groupes américains.
Depuis 5 ans on s’est vraiment ouverts, on écoute plus de choses qu’avant. Après c’est sûr que ça fait très plaisir qu’on fasse référence à des groupes comme ça. Je ne dirais pas qu’on est directement influencés par Noir Désir, mais en même temps quand on a 30 ans aujourd’hui on est obligés d’avoir écouté Noir Désir et d’avoir été « baignés là-dedans ».
Jef : T’as fait des boums t’as dansé sur Téléphone, t’as écouté Bob Marley, c’est normal on a 30 ans. On était ouverts, pas plus malins ni mélomanes qu’un autre. On s’est affinés les oreilles disons plus dernièrement. J’avoue que j’ai pris plaisir à découvrir la musique en en faisant, à m’y intéresser vraiment.

Si j’ai bien suivi vous venez de Bretagne…
Pierre : A côté, on n’est pas bretons. Pays de la Loire, entre la Normandie et la Bretagne.
Jef : On s’en fout de pas l’être mais c’est eux qui nous veulent pas !
… or dans votre musique, tout a une couleur très hispanique, sud-américaine : que ce soit musicalement avec les trompettes mariachis ou les guitares ou dans les textes avec des touches d’espagnol par ci par là, des textes complets comme « La ruta » ou des allusions « Là-bas y a du soleil, ici je me les pèle » Vous avez des racines en ce sens, une attirance particulière pour cette culture ?
Pierre : Y a un truc : nous on vit à la campagne y a vachement de brouillard. Dans la chanson « 2 novembre » c’est ce qu’on dit. Au-delà du côté « il fait chaud il fait beau », y a aussi le côté psychologique de la personne. Le soleil égale la bonne humeur et le bien être et la pluie à la tristesse, sans faire de l’analyse psychologique des textes. Tout ce côté mariachis, c’est vraiment un truc pour lequel on n’a aucune racine, ni espagnole ni sud-américaine, mais une vraie attirance pour cette culture. On ne la connaît pas forcément beaucoup mais on emprunte à notre façon des choses à cette culture telle qu’on la voit.
Évidemment on va en Espagne, on se promène … donc pas vraiment un truc de racines, mais par contre moi j’étais fan des Mystérieuses cités d’or !
Jef : On ne sait pas ce que nous réservera le prochaine album, si on a la chance d’en faire un. Si ça se trouve on pourra se retrouver à 10 000 kilomètres de ce qu’on a fait sur le premier, sans le vouloir car si ça se trouve on se mettra d’autres contraintes.
C’est pas vraiment le style qui nous intéresse.
Pierre : Après y a forcément notre patte, on a mis du temps à se la créer donc forcément La Casa restera La Casa.
Jef : Si ça se trouve tu iras vivre au soleil et on fera un album super joyeux !
Le projet est centré autour des chansons de Pierre, mais vous vous concertez avant pour les thèmes ? Comment ça se passe ?
Pierre : On se connaît tellement avec Jef, que j’écris une chanson avec la mélodie, je l’amène à Jef et je lui présente. S’il dit « j’aime bien et j’adhère », on bosse dessus et on en fait une chanson de La Casa en la composant ensemble. Si ça ne lui convient pas on ne la fait pas. Comme j’écris les textes, il faut qu’il se les approprie et les assume.
Jef : Et puis y a une auto-censure de la part de Pierre. Pour La Casa, on a besoin d’un certain type de chansons qui nous correspondent à tous les deux. Tout bon auteur peut écrire 12 000 chansons d’amour, nous on en a mis qu’une par exemple et encore pas très marquée. Pierre sait bien lesquelles garder pour lui, et en général je suis assez d’accord avec ses choix.

« Go go go » est votre premier single, mais si vous deviez choisir une chanson pour faire découvrir La Casa ? A laquelle êtes vous le plus attachés ?
Jef : Y en a une qui nous tient à cœur c’est « Qui veux nos peaux« .
Pierre : C’est ma préférée aussi je crois.
Jef : Mais celle que je mettrais c’est « Les trucs abîmés« . C’est celle qui a été vraiment le déclencheur dans sa façon d’être enregistrée : tu vas retrouver les petites guitares « gling gling », les machines, les trompettes, les guitares western qu’on a dans tout l’album. Et pour le sens du texte aussi : pour cet album on n’a utilisé que des trucs qu’on a fait craquer, des vieux claviers, des vieux amplis de guitares, nous-mêmes on était un peu vieux et craqués au moment où on l’a enregistré.
Donc oui « Les trucs abîmés » et mine de rien c’est le titre de l’album.
Pierre : Je suis assez d’accord avec Jef et au-delà de ça je voudrais juste rajouter que pour la première fois de ma vie que je suis content d’un truc, j’assume l’entier de l’album.
Bien sûr, y a toujours des choses à faire progresser pour l‘avenir mais là au point T, I, V aujourd’hui quoi, j’assume vraiment l’entièreté de l’album.
Des dates de concerts commencent à âtre programmées, une tournée des Fnac, un passage à la Maroquinerie en février … vous trépignez ?
Jef :Alors Pierre est très comme ça, moi un peu moins. On est très contents de tourner Car avant tout on fait de la musique pour la donner aux autres, donc si y a bien quelque chose qu’on adore c’est faire du live, retrouver les gens avant et après le concert. Oui donc on est impatients.
Pierre : Moi je suis souvent en direct avec le tourneur, j’attend qu’il m’envoie des infos et hop j’ajoute les dates sur MySpace, personne d’autre n’a le droit de le faire !
Jef : Pierre trépigne !
Pierre :Pour la première fois de notre vie, on se rend compte que le label va sortir des flyers, qu’on aura plein de dates, de vraies dates chouettes dans de belles salles.
C’est vrai que c’est super cool, un vrai rêve donc on en profite à fond.

Comment vous avez choisi les musiciens qui vous accompagneront sur le route ? Quelles sera la formation sur scène ?
Jef : En fait notre formation s’est un peu cassé la gueule pendant l’enregistrement de l‘album, on s’est retrouvé vraiment à deux. Et ensuite y a un vieil ami à nous, qui jouait avant avec nous et avec qui je travaillais en parallèle, qui nous a dit « les gars j’adore vraiment ce que vous faites, je vous vous accompagner si vous avez besoin de quelqu’un ». Donc il fait de la contrebasse et du clavier sur scène et il est avec nous depuis le début du projet. On a retrouvé un trompettiste qu’on a auditionné pour le projet et dernièrement on a trouvé un batteur car pour le live on jouait avec des machines et ça nous crispait un peu trop. Par contre on a auditionné des copains.
Pierre : Le côté humain est vraiment important pour nous.
Jef : Mais Pierre et moi sont vraiment les chefs du projet et les gars le savent, même si ce sont des copains. On prend les décisions, on dit « merde » si besoin mais à l’inverse c’est aussi nous qui nous prenons les merdes, on veut que ça avance pour tout le monde.
Pierre : Sinon Jef fait toutes les guitares électriques, claviers, samples et chœurs. Et moi je chante et je fais la guitare folk et du clavier.
Jef : Et notre équipe de techniciens sont des amis de très longues date.
Le mot de la fin ?
Jef : Merci ! C’est bien ça non ?
Pierre : On est contents !
Ils concluront également par le fait que ça leur fasse bien plaisir de pouvoir de plus en plus discuter de leur album avec des gens qui l’ont écouté attentivement. En attendant mes camarades du HibOO pour la session live, ils en profiteront aussi pour me raconter leur passage à Taratata qui leur a visiblement bien plu. Vous pouvez voir aussi leurs dessins
» www.myspace.com/lacasamusica
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

Pannouf 13.12.08 | 00:54
Hiha ! Viva la casa ! Ca doit etre sympa a voir en concert !
Alain G. 14.12.08 | 04:17
Belle découverte ! Merci Ava !
La Casa 23.12.08 | 13:10
Il est chouette notre interview, Merci les HiboOs
caro 21.01.09 | 20:57
Ouéppaaa, Viva La Casa !
Depuis que j’ai entendu le single « Go go go » il y a quelques mois un midi sur une radio ‘rock’.. je me hâte de les voirs sur scène !!!
L’album est top, le mélange des styles en fait une oeuvre dont on ne se lasse pas même à la ‘100ème’ écoute en quelques jours.
Longue route à La Casa ! et merci pour ton Interview qui permet de connaître un peu mieux le groupe.