Big Fish

L’histoire à la fois drôle et poignante d’Edward Bloom, un père débordant d’imagination, et de son fils William. Ce dernier retourne au domicile familial après l’avoir quitté longtemps auparavant, pour être au chevet de son père, atteint d’un cancer. Il souhaite mieux le connaître et découvrir ses secrets avant qu’il ne soit trop tard. L’aventure débutera lorsque William tentera de discerner le vrai du faux dans les propos de son père mourant.

Tim Burton revient sur les grands écrans en ne présentant pas (pour une fois) un film darko-gothique, mais bel et bien sur un conte contemporain sur la nécessité d’embellir les choses pour faire face à la fadeur de la vie. Sublime.

Fans d’Ed. aux mains d’argent ou Sleepy Hollow, passez votre chemin … Big Fish est aussi décalé que Mars Attacks à l’époque ! Tim Burton n’est pas sans mettre cependant sa petite touche, notamment les lumières, la mise en scène, et toujours ses personnages caricaturaux dont lui seul a le secret.

Avec des acteurs prodigieux (Ewan McGregor réalise ici une prestation haute en émotions, tandis que l’incroyable Alison Lohman, déjà remarquée dans les Associés de Ridley Scott, correspond parfaitement à l’univers Burton : irréelle), le film conte l’histoire d’un homme mourant qui n’a cessé d’extrapoler sa vie, sans être capable de discerner le vrai du faux.

On ne peut être que subjugué par le travail artistique réalisé par Tim Burton, qui une fois de plus se positionne là où on ne l’attend pas. Toujours soutenu par son binôme musical Danny Elfman, chacun contribue au fil des plans à créer une ambiance particulière, en fonction des époques traversées par le héros Edward Bloom. Ainsi les couleurs, musiques et plans des années 70 n’auront rien à voir avec les séquences contemporaines, rendant les aventures surréalistes encore plus crédibles.

On rit énormément, mais la tension émotionnelle monte au fur et à mesure du film, rendant cette jolie fable fantastique dramatique. Burton est assurément un magicien de l’image, et des sentiments.

Quant à la morale de l’histoire, elle semble évidente : l’imaginaire doit cohabiter avec les faits. Raconter sa vie à ses enfants sans aventures, sans exagération, sans piment … ferait du père un homme normal : or, le premier héros de notre vie, avant même Spiderman, Superman … n’est pas ce père qui nous a émerveillé avec sa vie merveilleuse et ses aventures grandioses de jeunesse ?

publié par Rod le 21.02.04

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