Chat ronronne au Glazart

Je me devais de la voir. Quitte à laisser mon pass de Dirty Pretty Things à Benjamin. Quitte à ne pas assister à l’un des concerts de Léonard Cohen. Quitte à ne pas apparaître dans la vidéo de la société Kidam (aka plus ou moins la Blogothèque) qui a filmé le concert de Camille et qui ne devrait pas tarder à être en ligne. Chat était MA priorité de ce soir. Chat, c’est juste une très jolie fille, qui joue du piano comme personne, qui propose des textes qui sont à l’image de son univers : torturés et séduisants. Et chat m’a plu (hum, grandiose celle-la)

  • Date : 25.11.08
  • Adresse : 7 avenue Porte de La Vilette 75009 PARIS
  • Téléphone : 01.40.36.55.65
  • Web : www.glazart.com

19h30, une file d’attente assez conséquente laisse penser que le Glazart ne sera pas loin de faire sold out, et l’on se réjouit de suite d’un tel déplacement des foules : combien d’excellents concerts ont pu être boudés dans cette salle à cause de sa situation géographique ? (pourtant si peu loin du Zénith ou du Trabendo …) Ce soir, la soirée organisée par Live-Boutique.com propose 3 filles « qui ont une gueule » : entre Yoanna et son franc parler à dégommer toute personne ne se conduisant pas comme il faut, Chat et son sourire espiègle et ses doigts aussi agiles qu’une araignée sur une toile et Flow l’OVNI de la soirée, impossible de ne pas trouver chaussure à son pied. Le point commun entre ces 3 univers outre le fait d’être portés par des femmes de caractère ? Des textes travaillés avec une précision d’orfèvre, et surtout des sons que l’on entend très rarement chez les autres.

Avant que Yoanna n’entre sur scène, je m’affole à quel point les gens ne vous repèrent qu’à l’image que vous dégagez : ainsi, cette soirée fut assez grandiose car suite à la disparition quasi totale de ma barbe et de mes cheveux, personne ne m’a reconnu :) Que ce soit le staff du glazart, certains photographes croisés (hein David :)) … tel Samson, je semble avoir perdu tout pouvoir attractif lié à ma chevelure aslaniesque : croyez-moi, pour un p’tit être gonflé à l’égo surdimensionné, ça en fout un coup :) J’en profite néanmoins pour faire connaissance avec la ravissante Manon – et de son binôme dont j’ai oublié le prénom ; sa passion : le cinéma. Elle est venue en priorité pour voir Yoanna. David quant à lui s’est déplacé pour Chat. La salle est clairement bondée, et le bar coule à flot : voir le Glazart dans un tel état efferverscent fait plaisir à voir. 20h et quelques … la scène plonge dans l’obscurité, un p’tit bout de femme enfourche son accordéon, qui sera son seul compagnon durant son set endiablé : Ladies and Gentlemen, big ovations to Yoanna, la malicieuse brune venue de Suisse.

Yoanna (web)

Elle est belle, et en joue. Elle est polymorphique, et elle en abuse. Elle a des yeux hypnotiques, et elle sait méduser. Yoanna est clairement une showgirl accomplie : ce petit bout de femme, qui semble avoir clairement été bercée trop près du mur et surtout avec le fantôme de Piaf. Elle conte et vit ses histoires à la manière d’une Agnès Bihl ; elle ne chante pas, ni vit ses textes : elle se met à nu pour eux. La démarche, aussi sincère soit-elle, ne peut que surprendre, mais hormis la zone du bar qui provoquera parfois l’arrêt net des chansons pour une mise à l’ordre en bonne et du forme, le public sera « contraint » de se taire face à tant de talent et de passion. L’aspect comique de la demoiselle contribue fortement à s’attirer toute la sympathie de l’auditoire, qui ne pourra faire autrement que de s’exploser les paumes pour un rappel assez mémorable. Et histoire que tout le monde en ait pour son argent, la jolie petite brune aux yeux pétillants et à la voix grave n’hésitera pas à se rendre au milieu de la salle, à se surélever pour chanter à capella l’un de ses titres. Il n’y a pas à dire, les Suisses, ce sont nos Québécois à nous : on y retrouve les textes ciselés, les voix puissantes, et une incroyable générosité. Et puis réussir à se mettre dans la poche un public au départ dissipé en étant juste munie d’un accordéon relève de l’exploit. Bref, ne pas adorer relève du trouble psychiatrique.

Après un set qui a largement dépassé le temps horaire alloué – le changement de plateau s’opère, les têtes des premiers rangs changent de forme, les « fans » de Chat prennent leurs marques, et la horde de photographes est prête à raffaler comme des phacochères en furie pour ne pas manquer « l’instant décisif » (tu m’étonnes à 5 img/seconde :)).

Chat (web)

http://www.youtube.com/watch?v=9lvc-kmAIdc

Je suis addict à l’univers de Chat avant même qu’elle ne commence la scène : Xavier d’Attitude, qui s’occupait de sa promo web à l’époque, m’avait envoyé le clip Alice et le charme fut immédiat : parties de pianos techniquement monstrueuses, une voix frèle, parfois effacée mais sexy et efficace, et une bouille à tomber raide dingue amoureux immédiatement. Avec autant d’atouts, l’on pourrait se dire pourquoi Chat n’est pas davantage connue. Tel le félin dont elle emprunte le nom, la belle préfère se faire cajoler dans des appartements : ainsi depuis quelques mois, cette dernière squatte chez des gens, en invite d’autres en guise de public, et s’organise sans l’aide de personne ses propres petits concerts privés. Chat est indépendante et sort dès lors des sentiers battus promotionnels généralement dictés par les labels : pour la saisir, il faut du courage, et de la persévérance. Enfin Chat est mystique et mystérieuses : ses textes laissent sous-entendre que la jolie donzelle n’est pas forcément tout le temps toute seule dans sa tête, et ce petit grain de folie peut autant attirer que faire fuir.

Et ce soir, elle captivera autant qu’elle rebutera : il faut dire que jouer du Piano à la Chopin tout en y ajoutant des parties de basse et batterie très progressives sélectionne tout de suite les oreilles et le taux de curiosité de chacun. L’univers de Chat est très singulier, rarement entendu et surprenant : les cellules striées internes peu aiguisées trouveront même que les chansons se suivent et se ressemblent ; les plus mélomanes se délecteront des magnifiques arpèges qui se propagent dans l’atmosphère du Glazart. Bien sûr, l’on pourra noter au cours du set une certaine inexpérience de la scène, laissant quelques brèches niveau calage entre les parties instrumentales, ou encore une voix qui perd énormément en audibilité dès qu’il s’agit de passer en voix de tête : mais qu’importe, ces imperfections mineures contribuent à donner à ce concert une touche unique où l’émotion arrive à surpasser la démonstration technique déversée.

Chat – gauchère de son état, comme Emily Loizeau (oui oui, c’est une info vitale) – est un petit bout de femme très talentueuse, qui trouvera sans peiner « son » public, mais qui ne pourra jamais prétendre à en acquérir un aussi conséquent qu’une Emily Loizeau ou une Loane : pour oreilles averties, et pour esprits aimant les trucs plus torturés que la normale. Pour ma part, je ressors de ce concert on ne peut plus conquis, d’autant plus que j’ai pu telle une groupie m’adresser à la jolie créature. Et puis au moins, ELLE, elle m’a reconnu même sans mes 50cm de cheveux partis à la poubelle (650 gr, pour être précis)

Photos à venir, Flow zappée, et ce soir : Lenny au Zénith …

publié par Rod le 26.11.08

archives.le-hiboo.com

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3 commentaires

  1. charlotte 26.11.08 | 11:52

    tu oublies de préciser qu’elle a conquit d’autres personnes à la fin, en reprenant osément « seven nation army »
    ouai ouai ouai :)

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  2. Hola Rod !

    J’étais venu voir Yoanna et je la revois grâce à l’une de plus belle et sincère chronique que j’ai lu de cette dernière.

    Belle plume, bel oeil .. Un artiste ! Merci Rod ;)

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  3.  » Quitte à laisser mon pass de Dirty Pretty Things à Benjamin.  »
    Ah ouais, tu voulais, mais alors VRAIMENT y aller:)

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