Our Broken Garden à La Flèche d’Or : Don’t Enjoy the Silence …

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Attention : cet article sera une sorte de consécration de ma subjectivité illimitée et de mauvaise foi légendaire. Je n’étais venu QUE pour Our Broken Garden, ceci expliquera sans doute cela quant à la tournure des événements et des écrits de cet article, et quant à mon appréciation sur le show des rockeurs à minets et minettes du 16e (ou pas très loin) de The Fleets

Depuis quelques semaines, la Flèche d’Or a pris un tournant pour le moins audacieux à l’heure où tout le monde n’a plus que 3 mots en tête tournant jusqu’à l’obsession dite du « lemming », en l’occurence « pouvoir d’achat » (si si, il y a 3 mots) ; en effet, si jadis, dans les temps anciens et bénis par les divinités païennes, l’on était un peu dans une sorte de « fête du slip » où l’on rentrait et sortait à sa guise pour apprécier des groupes avec parfois comme unique monnaie d’échange du vent dans les poches, il faut désormais s’acquitter d’une « conso obligatoire », concept qui alla jusqu’à offusquer certains grands photographes de renom. Pourtant, en ce samedi soir, la file d’attente ne désemplit pas, et d’après les personnes – jeunes – que j’ai pu questionner, peu se soucient finalement de cette nouvelle orientation. Durant l’attente, je croise Anna Bronsted (chanteuse d’OBG), visiblement fatiguée et malade (ou vice versa), m’expliquant qu’Our Broken Garden jouera en premier. Une joie divine s’empare de tout mon être, puisque je m’étais fait à l’idée de rester jusqu’à la fin, quitte à dormir dehors, pour assister à la prestation du groupe danois. Et il faut dire que les pauvres ont été accueillis « comme il se doit » par un jeune public branchouille fan de coupe de cheveux L’Oreal « Gauthier Star Ac » : en d’autres termes, la délicatesse incarnée rencontra l’allégorie du néant niveau curiosité – et respect

Our Broken Garden (web)

Soyons clair et net : Anna et son groupe n’ont joué que pour 3 personnes : Florent, Stéphane (2 groupies ultimes rencontrés quelques minutes précédant l’entrée en scène des artistes), et moi. Les 3 seuls à avoir pris un pied immense devant cette splendeur mélancolique sublimée par la voix irréelle et touchante de la charismatique chanteuse. Un univers musical d’une douceur sans pareille, traversé ou plutôt transpercé et lacéré par des discussions incessantes, des rires dignes d’une rencontre de bonobos en furie, d’un bar fortement animé, d’un public totalement indifférent. Imaginez le décor : c’est un peu comme si l’on jouait la Flûte enchantée de Mozart au Rex Club avec toute une tribu de mondotek androgynes : au delà du contraste, il s’agissait clairement d’une fracture abyssale assez terrifiante. D’ailleurs, une fois le set – somptueux malgré tout – terminé, l’adjectif revenant régulièrement dans ces bouches appartenant à ces petits rebelles fut à la fois lapidaire et sans concession : « Our Broken Garden, c’est chiant ». La vérité ne sort que de la bouche des enfants, certes, mais émane surtout d’esprits peu enclins à faire l’effort intellectuel de découvrir un autre horizon que celui proposé de leurs potes « Les Fleets » ; aucune voix, aucune magie, aussi puissante soit-elle, ne peut imprégner de tels esprits fermés, et c’est leur droit. Un peu à l’instar des Fées de Brian Froud : ne peuvent les voir que ceux qui y croient. Malgré cette conjoncture pour le moins honteuse (un groupe danois débarquant à Paris mériterait ne serait-ce qu’une once de respect), Anna et ses acolytes n’hésiteront pas à proposer à travers leur court set des instants résolument majestueux, comme cette version « pêchue » (oui car on est quand même dans le low tempo permanent !) voire épique de « When your Blackening Shows », ou cette interprétation suspendue dans le temps et l’espace de « Watermark » : un concert superbe, en somme (et une occasion de voir enfin le groupe en formation complète, puisqu’Anna, officiant chez Efterklang, ne jouait jusqu’alors ses compositions qu’en solo en première partie du dit groupe).

The Fleets (web)

Changement d’atmosphère total et radical : les jolis minets et très jolies minettes (une génération spontanée de modèles !) emplissent quasiment jusqu’à saturation la Flèche, et sont venus apporter un soutien massif physique et moral à leurs super copains qui sont sur scène, The Fleets. Oui, on peut le lire, je ne porte à ce moment précis personne dans mon coeur (ils ont quand même baffoué sans retenue le précédent concert, bordel). Sauf que, dès que le show commence, mon envie de pulvériser ces petits prétentieux irrespectueux disparaît : car à défaut d’être original et créatif, le jeune combo parisien se défend plutôt pas trop mal (si vous lisez entre les lignes, puisque je suis de mauvaise foi depuis le début du paragraphe, vous pourrez traduire par « plutôt bon »), et l’on comprend finalement que c’est Our Broken Garden – ainsi que moi, du coup – qui n’avait pas trop sa place dans la programmation résolument rock de l’ensemble de la soirée. L’ambiance est digne d’un concert de Razorlight à la Maroquinerie (j’te jure !), et autant le dire, c’est le feu. On oublie très vite, tel un zapping télé le dimanche soir, les déconvenues de début de soirée, et on se met à apprécier « à sa juste valeur » le spectacle. OK, le groupe se la raconte beaucoup (et attends, ils ont déjà « leur photographe officiel », comme les grands !), OK, le premier rang est clairement composé de « maman / papa / copains / groupies », OK on est très loin d’un niveau de Nelson ou de Stuck in the Sound (on est plus dans la catégorie Second Sex, Naast … mais en mieux) ; malgré tout, la machine est parfaitement huilée, le succès est au rendez-vous et l’on ne peut pas finalement reprocher à des gamins d’être venus uniquement pour un groupe. En revanche, l’on sera étonné du gouffre infini qui sépare ce qui a été joué en live (mélange de pop / rock teinté de quelques tentatives électro bien foutues, le tout saupoudré de quelques rythmiques funk (???)) avec ce qui est proposé sur MySpace, en l’occurence une pop plus douce et travaillée façon Revolver de bonne facture. Who are The Fleets in fact ? Telle est la vraie question.

La suite de la soirée ? Une flèche qui ne désemplit pas, mais qui continue à gonfler – la file d’attente rue Bagnolet se poursuit toujours à 22h45 – une discussion aussi extraordinaire que déchainée entre Florent, Stéphane et moi VS Camille et Marina, charmantes et cinglantes groupies heureuses de The Fleets, des échanges avec Gilles from Deezer, une rencontre inattendue avec – la magnifique – Olivia de The Do – et de sa très belle cousine, Soren guitariste d’Our Broken Garden qui m’offre un t-shirt (thanx again !) … et puis … 23h30, alors que M.A.U. pulvérise littéralement la salle avec son rock catchy et pour le moins énervé devant un public désormais chauffé à bloc, il est temps de rentrer ; sans doute au meilleur moment de la soirée, point de vue photos. Car oui, les banlieusards, ils n’ont pas le droit de rester longtemps dans Paris, les trains s’arrêtant de circuler à 1h30 …

publié par Rod le 20.10.08

archives.le-hiboo.com

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10 commentaires

  1. Ehehe, pas mal, pas mal, ce petit (?) compte rendu de notre soirée de folles groupies des Danish. A ceci près que Stéphane s’appelle en fait Franck mais cela est une autre histoire.
    A ceci près que personnellement je ne trouve aucune excuse à nos jeunes dandies de The Fleets (vers Varennes ahahah!) qui ont certes un public (ce qui se respecte) mais n’ont franchement pas grand chose à proposer en terme de musique…

    Petite caresse amicale à Rod, à Marina et Camille!

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  2. je me voyais mal faire un commentaire composé sur OBG :) mais j’en ai dit le principal : que c’etait tres beau, et qu’Anna possede une voix unique :) le reste n’est que paraphase :)

    pour Fleets, bah ecoute le MySpace, le choc est indéniable. Et j’appelle toutes les personnes Stephane si je veux :)

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  3. Quoiqu’il en soit, le groupe a fait un triomphe hier soir à Londres, devant un public venu massivement pour les voir eux! L’affront parisien est donc lavé…

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  4. j’aime bien les non comparaisons comme celles que tu fais avec Nelson ;)

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  5. Marina et Camille 25.10.08 | 14:30

    « OBG, c’est chiant »: il y a un copyright sur cette citation. « lol »
    Et c’était bien la peine de pourrir the Fleets samedi soir pour finalement leur consacrer la moitié de l’article et n’en dire que du bien….
    Pour info, est ce qu’une autre « splendeur mélancolique sublimée par une voix irréelle et touchante » de quelque charismatique chanteuse est programmée ce soir ? Puisque la star ac est diffusée le vendredi soir et que N’oubliez pas les Paroles finit à 19h, on est peut être éventuellement libre aujourd’hui pour d’autres pseudo aventures musicales.

    Un grand bonjour à Stéphane qui se reconnaitra pami les milliers de stéphanes nés en 1971.

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  6. tontonfranck 26.10.08 | 00:56

    Si Marina se donnait la peine de m’accepter sur son myspace, je pourrais vous filer des tonnes de bons plans, trop chanmé leur race… sur Alençon (hummm)

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  7. Désolée Stéphrank mais je peux plus accéder à mon myspace parce que j’ai oublié mon mot de passe et que mon ancien email est invalide…

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  8. tontonfranck 27.10.08 | 18:16

    Ahaha, elle est super connue mais drôle quand même!!!

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  9. Ah tiens c’est marrant ça : que je tombe sur ce report aujourd’hui, alors qu’hier soir en ces mêmes lieux, j’ai entendu une voix parmi beaucoup d’autres qui avait trouvé ASMD « soporifique » par rapport au set électro résolument dansant de leurs potes les Candy Clash :) Malgré tout, la comparaison s’arrête là par rapport à la soirée du 18 octobre 2008, puisque interviewés en backstage par « le Hiboo du Raincy », Manuel et ses acolytes ont trouvé le public de la Flèche d’Or très attentif ce mardi soir !

    Autrement, j’ai rencontré le summum de la génération spontanée de modèles, enfin je crois… Oui, tout le monde s’attend à un scoop, mais au final, j’ai pas eu sa préférence en fait :( Superbe soirée ceci dit !!!

    Une dernière petite précision : parfois, une jeune fille se disant « malade et fatiguée », qui plus est séduisante et élégamment habillée, est en réalité en pleine forme… faut juste croire en mon expérience :-))) Ce soir-là, elle n’avait probablement pas pris la mesure de l’importance d’avoir été abordée par le Grand Hiboo… des fois qu’elle t’ait pris pour un plaisantin dans le genre fake de journaliste du Mouv’ (j’ai des noms :) !

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  10. tontonfranck 11.09.10 | 14:53

    Pour info, les amoureux d’Our Broken garden se donneront rendez-vous le 16 novembre 2010 à l’Européen (avec Emily Jane White)

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