Kinito

Un peu plus de 23h, Dolly vient de finir son set. Kinito avait ouvert la voix peu avant. Descente dans les loges de l’exo7 avec Luc et Judickael, les deux chanteurs de Kinito, groupe punk rock au grand talent. Un vent nouveau souffle sur la scène française. Rencontre et confidences sur canapé, les troublions sont détendus, sympas et imprévisibles ! Morceaux choisis …

Les Kinito, vous me semblez bien énervés sur scène, d’où vient cette énergie ?

Judickael : Nous sommes un groupe assez jeune, on a des choses à prouver, au-delà du single qui passe en radio, le public s’attend à voir un groupe qui sort ses tripes sur scène. Cela m’est souvent arrivé d’aller à un concert et d’être déçu par ce que je voyais. Kinito, c’est une énergie de folie sur scène, mais on est comme ça dans la vie aussi, on ne fat pas plus sur scène. C’est un moyen supplémentaire de s’exprimer avec du son. On n’est pas révolutionnaires ou donneurs de leçon, ce que l’on veut, c’est transmettre l’énergie.

Pour les non initiés, pouvez-vous nous rappeler l’origine du nom de votre groupe ?

Judickael : Alors, c’est un jeu qui, comme le poker, est basé sur le bluff. Je crois que c’est d’origine espagnole, on y joue avec des dés et on finit souvent sous la table. Je conseille à tous de taper ‘Kinito’ dans un moteur de recherche, vous verrez que vous ne tomberez pas seulement sur un groupe de rock.

Luc : C’est un jeu où tu peux improviser en fonction du degré d’alcool que tu as dans le sang, les règles sont établies, mais après on s’adapte au fur et à mesure. Il faut donc un verre, un dé, mais surtout une table, puisque tout le monde finira dessous ! Il faut toujours en reparler le lendemain, pour être sûr de ce que l’on a fait.

Judickael : En ce qui concerne le nom du groupe, on était d’accord la veille et le lendemain !

Vous ne trouvez pas l’inspiration seulement dans l’alcool tout de même ?

Judickael : Alors, je serai tenté de dire qu’on la trouve au fond de ton c.. au fond, à droite (rires)

Luc : On définit les thèmes entre nous, des sujets vont nous faire marrer, par exemple, nous sommes dans le camion, on voit une voiture tunée qui passe, et hop la chanson sur le tunning était née.

Judickael : En fait, on se met d’accord pour les paroles, je me mets dans mon coin, je rédige ma copie, je retourne voir les autres, histoire de voir si tout le monde est d’accord et la musique, c’est Armand ou moi, il peut très bien débarquer avec un riff. Par contre Louis est le seul qui joue de la batterie, il pose donc les plans qu’il veut

Luc : Il faut tout de même préciser que tout part du riff de la guitare, ensuite tout tourne autour. L’inspiration vient quand nous sommes ensemble, je ne pourrais pas faire des chansons en étant loin de Kinito, ce n’est pas possible. Je ferai autre chose, de la pop.

L’inspiration vient quand nous sommes ensemble, je ne pourrais pas faire des chansons en étant loin de Kinito, ce n’est pas possible

Vous l’avez dit, le single passe à la radio depuis quelques temps, qu’est ce qui a changé dans votre petite vie ?

Judickael : Ben l’évènement principal, c’est déjà de pouvoir faire cette tournée avec Dolly et Luke. On est passé du stade où l’on faisait 40 pèlerins dans un bar à des salles de 500 personnes comme l’exo7. Mine de rien, on n’est jamais préparés à ça. Cette tournée Europe2, c’est vraiment une chance pour nous. On se connaît depuis pas mal de temps, mais le projet Kinito il existe depuis deux ans et demi.

Luc : L’avantage de jouer aux côtés d’un groupe comme Dolly, c’est qu’on reste les pieds sur terre en se disant que nous sommes tout en bas de l’escalier. Quand tu vois des groupes comme ça, tu ne peux que te donner à fond. Le mec qui paye sa place 20 euros, il faut qu’il en ait pour son argent, tu ne peux pas décevoir le public, ne pas le faire participer.

Comment se passe la vie loin de la maison, des potes ? C’est l’une de vos premières tournées n’est ce pas ?

Judickael : Ce n’est pas tout à fait la première fois puisque nous étions partis au mois d’avril / mai en Bretagne. Notre tourneur est breton et le public là bas réagit bien. Les brestois sont toujours bourrés, que tu sois bon ou mauvais, ils apprécient ta musique hein ! (Rires) Y’a toujours une super ambiance sur les concerts jusque maintenant. Ce soir, à Rouen, c’était terrible.

Luc : Les gens devaient se demander : ‘c’est qui ces Kinito ?’. Il y a donc une sorte de challenge, nous voulons que les gars qui sortent du concert se disent ‘ah ouais, Kinito, c’est pas forcément un groupe formaté parce qu’ils passent à la radio’. Si tu n’as pas un historique de scène, tu n’es jamais en terrain conquis.

Judickael : Le fait de jouer dans des salles comme ce soir, nous permet de voir les réactions du public, de voir si le courant passe. Cela nous permet aussi de faire le point entre nous.

Luc : L’album est sorti la semaine dernière, mais ça faisait déjà 4 ans qu’il était dans les cartons, mais l’endroit où tu vois vraiment si tes chansons marchent, c’est la scène, c’est aussi là où tu les fais vivre. Après tu le vois aussi en terme de vente, mais l’avantage de la scène, c’est que la sanction tombe immédiatement

Judickael : pour l’instant tout va bien, nous ne sommes pas encore tombé sur une salle où tout le monde restait les bras croisés.

Vos impressions sur le concert de ce soir justement ?

Judickael : Nous n’avons pas fait salle comble, peut être parce que nous sommes en milieu de semaine. Le plus important, c’est que ceux qui étaient là, étaient vraiment là. Ce soir, ça chantait, ça tapait dans les mains. Bien sûr, il faut y aller, les prendre à bras le corps. Si tu veux voir le public avec les bras en l’air, ben demande leur ! je suis un peu déçu car je n’ai pas pu slamer ce soir, je le fais quand je le sens, quand j’en ai vu un le faire avant !

Luc : En parlant de live et d’impressions, l’autre jour nous étions à Nantes, chez Dolly, et là, quand tu entres sur scène, tu te dis ‘Houla ! Faut vraiment que je sois bien’. Tout s’est bien passé finalement, et on se dit qu’on a peut être notre place. On arrive à faire bouger la foule, les gars sont contents.

Un petit mot sur l’avenir ? On doit avoir envie d’en donner plus encore non ?

Luc : Ca donne envie de bosser 24 heures sur 24 pour être encore plus carré, pour avoir plus de chansons encore.

Judickael : On aimerait un jour être la tête d’affiche, c’est peut être quelque chose qu’il ne faut pas dire, mais bon … Là on est partis toutes façons, Luc a lâché son boulot le mois dernier. Nous ce que l’on veut, c’est bouffer de la roue et faire de la scène.A la fin de la tournée, on va sûrement être attendus par la maison de disque qui va nous dire ‘bon les gars, il va peut être falloir penser à un nouvel album’. On prévoit un peu le truc, c’est pourquoi on commence à en parler dans le camion.

publié par Rod le 21.10.04

archives.le-hiboo.com

Contenu relatif

  1. Arrow
    Gravatar


    Pour afficher un avatar
    / votre photo avec votre
    commentaire,
    inscrivez-vous sur
    www.gravatar.com