L’exorciste, au commencement

Le Père Lankester Merrin est hanté par le souvenir des atrocités commises durant la Deuxième Guerre mondiale. Sentant sa foi l’abandonner, il quitte sa Hollande natale et d’effectuer en Afrique un voyage de la dernière chance ? un pèlerinage qu’il espère salvateur. Au Caire, Merrin est abordé par un amateur d’antiquités rares qui lui propose de rejoindre un chantier archéologique au Kenya. Dans la lointaine province de Turkana, les Anglais viennent de faire une découverte des plus troublante : une église byzantine parfaitement conservée. Misant sur les compétences archéologiques acquises par Merrin à Oxford, le collectionneur espère dénicher le premier une ancienne relique dissimulée dans l’église. Mais, sous l’église, sommeille une entité diabolique qui n’attend qu’un signe pour s’éveiller et répandre à nouveau sur Terre le sang, la mort et les plus abominables violences …

Faire une suite à l’Exorciste n’avait pas vraiment fonctionné (l’Exorciste 2 : Héréritque, en 1977) … alors faire un épisode 0 … c’était quitte ou double. L’Exorciste faisait peur à l’époque (1973) dans un monde encore très puritain et croyant et non à cause des effets spéciaux kitch … en 2004, le préquel s’avère très intéressant, malgré une réalisation très inégale. Dommage.

La scène d’introduction coupera le souffle à beaucoup d’entre vous : d’une rare beauté monstrueuse (joli oxymore), elle met dans le bain (de sang). Film attendu par tous (car expliquant les origines du mal présent dans la version de 1973), ce préquel annonce la couleur : il y aura du gore.

La réalisation n’est pas aussi soignée que la scène d’introduction : en effet, certains passages de synthèse sont dignes d’un Catwoman, sans oublier certains plans tout simplement bâclés. En revanche l’histoire est des plus intéressantes. Mettant en duel les rites et croyances de deux continents, l’affrontement par le mal dans cet épisode passe non seulement par la foi, mais également par l’allégorie du mal quelle que soit l’appartenance religieuse. On comprend davantage le personnage du Père Lankester Merrin, homme torturé par la cruauté de l’humanité et son rôle de croyant où la foi peut la sauver.

Certains passages sont à éviter si vous mangez des pop corns, car le gore a sa place : mais toutes les recettes à suspense sont également au rendez-vous : à tel point que vous vous sentirez comme compressé durant la projection, un malaise certain, à l’instar du premier épisode. Mais si le premier opus dégageait une ambiance morbide dûe à une réalisation allant à l’encontre des moeurs de l’époque, Au commencement se rapproche d’une ambiance parfois thriller, avec ses énigmes, ses indices, ses fausses pistes …

Le film n’ayant eu aucun succès aux Etats-Unis, il y a de fortes chances pour que cet épisode ne soit pas diffusé très longtemps en salle : alors foncez le voir : il ne faut pas forcément y aller avec un esprit de comparaison, mais se laisser tenter par cette aventure diabolique où le psychologique est autant mis en avant que l’horrifique. Sans oublier néanmoins que la réalisation passe du magnifique au catastrophique, sans oublier que les effets spéciaux jonglent entre le magnifique et le catastrophique … Intéressant (mais pas indispensable) : bref, le tout et son contraire.

publié par Rod le 19.11.04

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