Les fautes d’orthographe
Tweet
Au début des années 70, Daniel Massu a quinze ans mais en paraît treize. Son père et sa mère sont proviseur et directeur des études de l’internat dont il est élève. Cette année, son père a décidé qu’il devait descendre au dortoir avec les autres. L’idée de cette promiscuité le terrorise, d’autant plus que ses camarades de classe le considèrent comme un privilégié.Pour racheter la confiance et l’amitié de ses pairs, Daniel n’hésite pas à affronter sa mère, partagée entre l’amour pour son fils et le collège qu’elle a créé pour aider les enfants en difficulté.
Si cette année, tout le monde s’est tourné vers la fille de Josiane Balasko (Marylou Berry), d’autres yeux auront remarqué une fois de plus Damien Jouillerot, qui après sa prestation sublime dans Effroyables Jardin, revient ici en écolier traversant la puberté dans des conditions extrêmes. Tous les thèmes passent au crible : la cruauté entre les enfants, le mensonge, la révolte adolescente, mais aussi l’amour, l’amitié … le tout dans un tourment chaotique. Et le jeune Damien Jouillerot excelle : il sublimera autant qu’il horrifiera, son rôle lui permettant d’explorer toute la palette émotionnelle qu’un ado peut vivre en période de crise identitaire.
Le scénario et la réalisations n’ont rien d’extraordinaires en soi : elles sont correctes, mais aucun excès de zèle. On a même l’impression que le réalisateur Jean-Jacques Zilbermann a filmé volontairement de manière simpliste, afin de concentrer le spectateur sur les sentiments des protagonistes.
Carole Bouquet avec le temps est de plus en plus sublime, et sa voix suave et particulièrement sensuelle, en total paradoxe avec son personnage de femme tentant d’être autoritaire (auprès des élèves et parmi eux, son fils) ajoutent une douceur à ce pensionnat où les premières expériences interdites amèneront inévitablement à un clash contrôlé : rappelons que l’histoire du film se situe juste après mai 68, et que la vision très stricte de l’éducation doit se retrouver confrontée à une jeunesse libérée de certaines peurs.
Un très beau film, à la fois émouvant et dérangeant, où les acteurs se donnent entièrement, provoquant parfois, chez le spectateur, une sensation d’intimité déplacée. A voir.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

Pour afficher un avatar
/ votre photo avec votre
commentaire,
inscrivez-vous sur
www.gravatar.com