Parlez-moi de la pluie

Agathe Villanova, féministe nouvellement engagée en politique, revient pour dix jours dans la maison de son enfance, dans le sud de la France, aider sa soeur Florence à ranger les affaires de leur mère, décédée il y a un an. Agathe n’aime pas cette région, elle en est partie dès qu’elle a pu. Mais les impératifs de la parité l’ont parachutée ici à l’occasion des prochaines échéances électorales. Dans cette maison vivent Florence, son mari, et ses enfants. Mais aussi Mimouna, femme de ménage que les Villanova ont ramenée avec eux d’Algérie, au moment de l’indépendance. Le fils de Mimouna, Karim, et son ami Michel Ronsard entreprennent de tourner un documentaire sur Agathe Villanova, dans le cadre d’une collection sur « les femmes qui ont réussi ». On est au mois d’Août. Il fait gris, il pleut. C’est pas normal. Mais rien ne va se passer normalement. (Fiche Allociné)

Fan inconditionnel du duo Bacri / Jaoui (avec une préférence indéniable pour le goût des autres), et très admiratif de Jamel en tant qu’acteur, l’alchimie ne pouvait que fonctionner. Du moins sur papier, et en trailer. Car « Parlez-moi de la pluie » est ce que l’on peut appeler un film chiant.

On ne tiendra pas rigueur du tempo, puisqu’il s’agit d’une marque de fabrique du binôme : ce dernier prend toujours le temps d’installer ses personnages, afin de les rendre le plus attachant possible. Sauf qu’ici, on attend l’hypothétique présentation des dits protagonistes : tout n’est que survolé, superficialisé … du coup, on se fiche éperdument de tous les « rebondissements » possibles. Sauf Jamel est exploité à sa pleine mesure. D’ailleurs ce n’est pas difficile : c’est lui qui porte le filme, et lui permet d’éviter le naufrage.

Critique Film Parlez-moi de la pluie, d Agnes Jaoui avec Agnes Jaoui, Jean-Pierre Bacri et Jamel Debbouze | Studio Canal - sortie le 17 septembre 2008

Par ailleurs, ne cherchez pas les petites vannes méchantes, les piques croustillantes ; on est dans une constante mièvrerie plate et sans saveur. Même le thème pourtant majeur, la discrémination (d’origine xénophobe ou lié à la condition de la femme, voire les deux en même temps) passe inaperçu : pis encore, elle donne une impression de complaisance bobo. De nombreuses pistes aussi intéressantes sont ainsi et aussitôt dissoutes : c’est un peu comme si au lieu d’avoir un seul livre, vous aviez plusieurs scripts indépendants mais reliés par les mêmes personnages ; ce manque de direction et de cohésion narrative entraînent inéluctablement à l’ennui.

Restent quelques scènes aussi rares que bien vues – notamment celle des deux agriculteurs, rappelant une comédie passée de Leconte – mais malheureusement, la sauce un peu trop assaisonnée de poncifs et clichés – au détriment de l’acidité et du cynisme d’autrefois – ne prend pas. Et dire ça de Bacri / Jaoui quand on est admiratif de leur filmographie d’antan, ça fait mal, comme dirait Christophe Maé.

A ne pas voir, si possible.

publié par Rod le 29.09.08

archives.le-hiboo.com

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Un commentaire

  1. Tiens, je me sentais presque coupable d’avoir publié une critique dans la même veine.
    Un sentiment du type « il était peut être pas si loupé ce film c’est probablement moi qui n’étais pas réceptif ».
    J’me sens mieux là :)

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