La vie aquatique
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Steve Z., le chef de l’équipe océanographique « Team Zissou », sait que l’expédition qu’il conduit est sans doute la dernière, et son plus cher désir est de graver son nom dans l’Histoire. Parmi les membres de son équipe figurent Ned Plimpton, qui est peut-être ? Ou peut-être pas ? Son fils, Jane Winslett-Richardson, une journaliste enceinte dépêchée par le magazine Oceanographic Explorer, et Eleanor, sa femme, que l’on prétend être « le cerveau de la Team Zissou ». Tandis qu’ils affrontent tous les dangers, depuis une mutinerie jusqu’à l’attaque de pirates en passant par un « requin jaguar » plus ou moins imaginaire, Zissou est bien forcé d’admettre que tout ne peut pas être planifié comme il l’aimerait…
Après les très bons Rushmore et La Famille Tenenbaum, il était intéressant de voir de quelle façon Anderson allait aborder son nouveau film. En ne changeant rien (mais qui s’en plaindrait ?). Explications.
Hommage à Cousteau dont le film est dédié, le film retrace donc le probable dernier voyage de Steve Zissou qui part à la recherche d’un requin « jaguar » qui a dévoré son meilleur ami. Steve Zissou est le personnage central du film. En proie aux doutes et affublé d’une journaliste, qui doit écrire un article sur lui, pour toute la durée du voyage, il mettra tout en œuvre pour mener son expédition à son terme. Il devra faire face à la concurrence, à des difficultés financières et surtout à des problèmes liés à son équipage… A la manière du personnage de Gene Hackman dans La Famille Tenenbaum, notre loup de mer essaie de réunir tous les personnages tournant autour de lui, de garder une harmonie qui semble vouée à l’échec tant l’équipage regorge d’individualités. Le fil rouge de l’histoire est celle de la filiation, de la transmission à ce fils venu de nulle part. Steve Zissou voit en lui son successeur et avant tout le fils qu’il n’a jamais eu…
Tragi-comédie, parfois burlesque, le film demande au spectateur de s’impliquer et de voir outre le grotesque de certaines scènes. Un grotesque totalement assumé et illustré grâce au talent visuel d’Anderson de façon admirable. Les créatures marines (totalement imaginaires) qui ponctuent le film semblent décrire les névroses des protagonistes par exemple. De même cette scène, où Steve Zissou s’improvise John Mc Clane, montre en fait son changement d’état d’esprit, la volonté de ne plus laisser les choses arriver mais d’aller aux devants. La réalisation d’Anderson ne s’arrête pas là, le film regorge de plans inventifs comme cette présentation du bateau reproduit grandeur nature en plan coupe.
Reposant avant tout sur l’interaction des personnages, il était indispensable de s’entourer d’acteurs de talents. Anderson retrouve une partie de ses acteurs fétiches (Bill Murray, Owen Wilson, Anjelica Huston) et en recrute de nouveaux (Cate Blanchett, Willem Dafoe, Jeff Goldblum). Ces derniers se sont intégrés parfaitement et l’interprétation fait un sans-faute. Bill Murray (acteur si sous-estimé) sort évidemment du lot et offre encore une fois une composition de clown triste qui force le respect.
Baigné de la musique de David Bowie façon bossa nova par Seu Jorge, La vie aquatique est ce qu’on appelle communément un OFNI (Objet Filmique Non Identifié) mais avant tout une réelle réussite d’un réalisateur hors norme, figure de proue du cinéma américain indépendant. Une comédie mélancolique qui nous mène en bateau sans jamais (s’)échouer. Du grand cinéma.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

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