Bad Joke

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  The Minutes (25 mai)

Le groupe rouennais est de retour, avec un nouvel album intitulé « Alchimie ». Les Bad Joke ont faim, et ils le font savoir! Rencontre avec Ikssel et Lokass, deux membres (hyper) actifs de la bande…

Bad Joke avait fait parler de lui à l’époque du premier album, en 2001. Puis le grand public a un peu perdu votre trace. Où étiez vous ces derniers temps ?

Lokass : Nous avons beaucoup tourné à la suite de cet album, environ une centaine de dates.
Ikssel : Oui, d’abord dans les bars, la première année, puis une tournée un peu plus conséquente pour suivre. En 2003, les dates se sont vraiment enchaînées.

L : C’est vrai qu’entre 2001 et maintenant, rien n’est sorti.

I : En fait, nous composions en parallèle des concerts, on peut d’ailleurs dire qu’en décembre 2003, les morceaux du nouvel album étaient prêts. C’est à cette période que nous avons décidé de nous lancer dans l’enregistrement d’ « Alchimie ». Trois ans après le premier, ça ne faisait pas trop tard. On a collecté l’argent ramassé grâce aux ventes du premier album. Notre co-producteur s’est aussi investi pour mener le projet à bien.

L : Jokyland, notre association, a financé, à hauteur de deux tiers, la réalisation du projet. On a ensuite signé un contrat de distribution à l’été 2004. Nous avons enregistré les instruments et les voix à cette époque aussi, puis nous avons mixé de septembre à janvier, masterisé en février. L’album est prêt depuis le 14 février. Notre nouveau label, « Why Not MC », assure la fabrication la promotion et la distribution du disque. Jusqu’à maintenant, ce label s’occupait beaucoup d’artistes étrangers en reggae, hip hop,… mais avait la volonté de travailler avec des artistes français. Ils appellent ça « la nouvelle scène française ». Nous sommes quasiment les premiers artistes à signer chez eux. Le disque sort bientôt, beaucoup de gens l’attendent dans la région de Rouen. Si tout va bien, le disque sera disponible, à partir du 21 Mai, sur nos lieux de concerts et également sur le site www.kontshaprod.com.

Pour en revenir à nos occupations depuis 2001, nous voulions en fait nous faire connaître partout en France, c’est pour ça que nous avons beaucoup tourné. Nous voulions nous faire une réputation scénique. Ces différentes dates nous ont aussi permis de tester ces nouveaux morceaux en live. Les nouveaux morceaux ont été composés dans un esprit « live », l’album est un peu plus pêchu, nous avons aussi accentué chaque style. C’est moins léger et moins décousu qu’avant, on commence à vraiment trouver notre style, même si l’on trouve de nombreuses couleurs musicales sur chaque morceau. C’est un peu comme un jeu vidéo, on a l’impression de passer un niveau à chaque fois.

Vous voulez dire que vous vous sentez plus matures dans votre musique ?

I : Disons que l’on ne s’en rendait pas trop compte, c’est quand on a commencé à faire écouter les nouveaux morceaux autour de nous que l’on s’est rendu compte que les gens prenaient une bonne claque par rapport à l’album précédent.

L : On a aussi bénéficié de l’expérience des gens qui ont travaillé avec nous, comme les rappeurs de Frèr200, ces gens là on déjà une sacrée expérience. Nous avons essayé de faire du bon boulot dans la recherche de sons, en studio.

I : Nous étions prêts à sortir un très bon album, parce que nous avions travaillé ces morceaux depuis très longtemps. Nous avons tout fait nous même. Nous avons enregistré chez la personne qui a enregistré les deux albums de King Riddim et les prises voix en région parisienne avec notre régisseur. C’est lui qui chapeautait un peu le travail. Le fait d’avoir fait ça nous même, nous permet aujourd’hui d’être satisfaits à 100%.

Aviez vous trouvé le label avant de commencer ce deuxième album ?

L : Non, absolument pas. Nous avons contacté le Pôle Musiques Actuelles de Haute Normandie, puis rempli un dossier de subventions. Nous correspondions à ce qu’ils recherchaient de A à Z. Nous avions un dossier en béton que nous étions venus présenter avec notre tourneur et puis ça ne s’est pas fait pour de sombres histoires de favoritisme. L’équipe a d’ailleurs changé depuis. Nous avions vraiment besoin de ce financement, le refus fût donc une grosse déception. D’un autre côté, cela a décuplé notre motivation, nous sommes finalement parvenus à faire le boulot nous-mêmes.

L’équipe est elle restée la même ?

I : Oui, c’est la même équipe depuis quatre ans. Nous nous sommes même renforcé puisque nous avons un régisseur technique, un ingénieur son et deux ingénieurs lumière. Un qui nous suit et un autre qui travaille sur les créations. Nous avons maintenant une structure de tournée, un tourneur qui s’occupe de la logistique, du booking, … Nous sommes maintenant bien épaulés, du coup, on se concentre plus sur la musique, tout est plus facile. Le fait d’avoir un label nous décharge aussi, le commerce n’étant pas notre point fort. Tout le monde nous attend au tournant, ça devient intéressant.

Ca rajoute une pression supplémentaire de se savoir attendu ?

L : Oui, c’est clair que nous arrivons à un tournant. C’est difficile de savoir comment les choses évoluent, nous n’avons pas suffisamment de recul pour le moment. Nous sommes conscient de ce que nous avons fait, les premiers échos sont bons, mais ça ne veut pas dire grand-chose. Nous ne pouvons plus faire grand-chose maintenant, les dés sont jetés. Dire que nous avions fait le Printemps de Bourges sans album… Ca nous a été préjudiciable quand même, les retombées n’auraient pas été les mêmes.

Quelle est votre actualité immédiate ?

I : La sortie officielle de l’album est prévue au mois d’Août, nous nous trouvons donc le cul entre deux chaises, puisqu’il est difficile de se faire programmer sans la sortie du CD. Il y a quand même quelques dates, comme le 11 Juin à Poses, au festival « Choc des cultures », nous aimerions refaire la fête de la musique « à l’ancienne », nous espérons être à Rouen, sur le parvis d’une église de la ville. Nous aurons ensuite une date avec les Dark Jedis, une autre avec King Riddim. Nous aurions aimé faire les terrasses du jeudi, à Rouen, mais je pense que notre style musical ne doit pas coller à l’évènement ( !!!)

Pour en revenir à ce nouvel album, chaque chanson pratiquement est marquée par un style qui lui est propre…

L : Nous n’avons pas fait un album avec un morceau rock, un morceau techno, c’est plutôt une fusion à l’intérieur de chaque morceau. Il n’y a pas une volonté de mettre 25% de telle chose dans un morceau, c’est vraiment naturel. Après il est vrai que l’on prend une orientation electro en ce qui concerne les instruments, et plutôt hip-hop ragga en ce qui concerne le chant. Chaque personne aura sa préférence sur un morceau. Avec 13 titres, tout le monde s’y retrouve !
I : Nos influences sont constamment mélangées.

La pochette du disque est plutôt originale, vous pouvez nous en parler ?

I : Elle a été faite par un rouennais : Lksir. Il a fait la couverture de « Bazart » du mois dernier. Il a travaillé pendant cinq mois, comme un acharné, sur ce projet. On lui a juste donné quelques consignes, nous voulions une continuité par rapport au premier album.

L : En fait, il a juste voulu avoir toutes les paroles pour s’imprégner de l’ambiance. D’un autre côté, nous voulions lui laisser une grande liberté, cet artiste n’étant pas un reproducteur.
I : Il y aura un suivi, puisqu’il va aussi s’occuper des flyers, des stickers, des affiches.

Avez-vous déjà mis en route le marchandising ?

L : Oui, tout ça est prévu. Vous pourrez vous procurer des sweats, des t-shirts filles et garçons. Lksir va s’occuper de tout ce côté artistique.

I : Vous pouvez vous les procurer à « Wanted », place de la Pucelle, à Rouen.

Si l’on jette un œil à vos premières parties, on s’aperçoit que vous avez côtoyé du beau monde. Je pense à Ez3kiel, Prohom…

I : La première grosse partie que nous avons faite, c’était Lofofora, en 1999, pour l’ouverture de l’Arcade. Je me souviens que nous avions pris beaucoup de plaisir car nous étions fans de Lofofora. Nous avons aussi joué avec Asian Dub Sound System, Ez3kiel, plusieurs fois. Notre première rencontre avec eux date de 1997, à la salle des fêtes de Gournay en Bray et depuis ce temps, on suit l’évolution de chacun. Nous connaissons bien aussi les gens d’Interlope depuis deux ans. Nous avons également joué avec des artistes d’horizons différents, tels Benabar, Tiken Jah Fakoly ou Fishbone. On aime ce mélange, de même, on apprécie que des personnes de plus de 50 ans viennent nous demander si l’album est déjà sorti.

A l’image d’Ez3kiel, vous aimeriez, à terme, sortir votre DVD ?

L : Oui, c’est sûr que ce serait vraiment bien. Cependant, je pense que pour faire quelque chose de bien pro, bien carré, il faudrait un gros budget

publié par Rod le 28.05.05

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