Vincent Delerm

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Vincent Delerm Vient tout juste de terminer son concert, il a joué devant 5.000 personnes, Jean-Louis Aubert l’a même accompagné sur la fin. Ca n’a pas l’air de perturber le rouennais qui se rend tout de même en salle d’interview, malgré une fièvre qui lui tient au corps depuis le début de la journée

Un petit mot sur ta présence ici ?

Je ne pense pas qu’il y ait une hiérarchie à faire dans les causes humanitaires. Soutenir Solidarité Sida est aussi important que de soutenir les enfants qui sautent sur les mines. Je suis content d’être ici, d’autant que cette année il y a un chapiteau plutôt adapté à ce que je fais. A côté de la cause il y a quand même le projet artistique, j’avais envie que ça ressemble à quelque chose, même si nous sommes dans un festival.

Tu as l’habitude de te produire dans des ambiances plus intimistes, les émotions sont elles différentes quand on se produit devant près de 5.000 personnes ?

Contrairement a ce que l’on pourrait penser, on a parfois moins peur de jouer devant 5.000 personnes putôt qu’une assemblée restreinte de 200. Aujourd’hui, je me suis fait plaisir, mais c’est vrai que je ne ferai pas ça tout le temps. Un festival comme celui ci permet de lacher du lest, c’est un peu une récréation après une longue tournée débutée en Septembre 2004.

Quels sont tes souvenirs de tournée les plus marquants ?

Ils sont souvent liés à l’équipe technique, j’ai aussi de bons souvenirs de rencontres avec des musiciens, la rencontre de ce soir avec Jean-Louis Aubert en est le parfait exemple. Je me souviens aussi de villes où je m’attendais à un accueil plutôt froid comme Bordeaux ou Lille qui ont cette réputation. J’ai finalement été accueilli très chaleureusement à chaque fois.

Que penses tu de la « crise » du disque actuelle ?

Mon métier, c’est de faire de la musique, je n’ai donc pas trop d’avis la dessus. Les gens ont toujours envie de voir des concerts, c’est peut être ça le plus important. Des artistes font la Une des magazines, font l’actualité et ne vendent que 2.500 albums. Je crois que le problème vient des distributeurs, il arrive que des groupes comme Louise Attaque fassent découvrir d’autres formations, mais c’est rare. Ce sont les distributeurs qui ont le rôle le plus important.

Comment s’est presentée l’opportunité de jouer pour les terrasses du jeudi ?

J’ai un peu fait ma diva, dans le sens où j’ai demandé le jardin de l’Hôtel de ville comme condition. Je suis vraiment content de jouer dans cet endroit, quand on pense que j’ai commencé à jouer à quelques mètres de là seulement. Je crois savoir que les Tahiti 80 jouent là également, c’est sympa. Je n’ai pas trop d’appréhension à retrouver le public de Rouen, il faut dire que ce n’est pas plus agité qu’ailleurs quand je joue dans ma région.

Les sentiments humains sont très sérieux. L’hypocrisie, la radinerie, tout ça est important. La politique est un dérivé de tout ça

Tes textes sont légers et sincères, n’aurais tu pas l’envie de t’engager sur des sujets plus sérieux à l’avenir ?

Les sentiments humains sont très sérieux. L’hypocrisie, la radinerie, tout ça est important. La politique est un dérivé de tout ça. A la limite, si je voulais m’engager, je deviendrais homme politique. Les gens qui ne me connaissent pas, savent à qui ils ont à faire en sortant de mes concerts.

Merci Vincent

publié par Rod le 11.07.05

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