L’avion

Le soir de Noël, alors que chacun déballe avec joie ses cadeaux, Charly, petit garçon de huit ans, découvre avec grande déception une immense maquette d’avion, alors qu’on lui avait promis un vélo. Patrick, son père, meurt peu après, sans avoir eu le temps de remplir la promesse qu’il avait faite à son fils. Mais la tristesse laisse vite la place à l’émerveillement lorsque Charly découvre que sa maquette n’est pas ordinaire : son avion est « vivant » ! Il part alors dans une folle aventure, avec son nouvel « ami », afin de retrouver son père pour le remercier pour ce cadeau inespéré !

On peut dire que Cédric Kahn a surpris son monde. Après L’ennui, drame sombre, Roberto Succo, thriller inspiré d’un fait divers puis l’excellent Feux rouges, qui mêle les deux précédents genres, le cinéaste signe un conte pour enfants. Une belle envolée ou un terrible crash ?

En fait un peu des deux, pour répondre à l’accroche ci-dessus. Le film décolle bien mais atterrit très mal. En effet, le film multiplie les paradoxes avec plus ou moins de réussite. La réalisation pour commencer, tantôt très belle avec des images aériennes magnifiques, tantôt digne d’une mauvaise série télé. Le scénario de son côté débute comme un drame pour se diriger vers le fantastique permettant ainsi d’imager d’une jolie façon le travail de deuil. Malheureusement, le fantastique n’excuse pas tout et la seconde partie en devient grotesque.

Sans en avoir la puissance émotionnelle, L’avion fait beaucoup penser à E.T. de Steven Spielberg : la lumière rouge et le fameux plan devant la Lune. Le réalisateur du récent La guerre des mondes le sait, un film pour enfants fonctionne essentiellement sur la qualité d’interprétation de ces derniers. Ce n’est pas le cas ici. Charly, sans être mauvais, ressort la même expression selon qu’il est triste ou joyeux. Pire, sa copine, avec un accent horrible, récite son texte d’une voix monocorde. Et du côté des adultes ? Seule Isabelle Carré s’en sort et confirme tout le bien qu’on pensait d’elle. Elle exprime la fragilité et la tristesse, que l’on ressent à fleur de peau, avec talent. Nicolas Briançon est quant à lui tout simplement mauvais et absolument pas crédible.

En partant d’un postulat aussi intéressant que la réaction d’un enfant après la mort d’un proche, en l’occurrence le père de famille, L’avion proposait de belles perspectives. Des perspectives mal (ou pas suffisamment) traitées qui lorgnent parfois du côté de la série Z. Malgré tout, le film dégage une atmosphère pas totalement désagréable mais qui peine difficilement à convaincre. « Le plus dur, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage », en voici un bel exemple.

publié par Rod le 20.07.05

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