Land of the Dead

Dans un avenir pas si lointain, une poignée de survivants barricadés dans une ville bunker vit encore dans le souvenir de l’ancien monde… Des zombies, qui désormais pensent et communiquent, s’organisent pour prendre d’assaut la ville bunker. Kaufman, autoproclamé chef des vivants, engage un commando de mercenaires pour contrer les attaques de ces morts-vivants d’un genre nouveau…

4e volet de la saga (mythique ?) du créateur du genre, George A. Romero, Land of the Dead déçoit. Avec son air de Mad Max, avec ses zombies qui se mettent à penser, ou encore un air de « vieux film de série B des années 90″. Pourtant le film ne manque pas d’atouts, notamment avec une réalisation infaillible. Un film qui aurait cartonné il y a 10 ans, mais les récentes productions du genre (le remake l’Armée des Morts, ou le somptueux 28 jours plus tard de Boyle) le relèguent, à peine sorti, à une antiquité d’une autre époque. Dommage.

Si le scénario pouvait laisser présager le meilleur (les zombies humanisés, les humains ayant perdu toute valeur morale face à un monde en décadence), on ne peut que regretter que Romero, créateur du genre, n’ait pas réussi à se renouveler. Le générique rappelle les premiers épisodes, dans une dynamique actuelle (Snyder aurait-il inspiré le créateur ?) et au bout de 5 mn on se retrouve devant une image morne, délavée, sombre et peu agréable. Les premières scènes rappelent Mad Max, avec son futur post-apocalyptique et ses voitures retouchées dignes de l’Agence tous Risques.

La réalisation est néanmoins impeccable : les zombies sont magnifiques, et certains dépassent largement le niveau du simple maquillage. Pas mal de scènes gores, mais quand on a vu gamin Cannibal Holocauste, ces dernières peuvent paraître gentilles.

les acteurs, sans exception, sont tous mauvais. On pourra à la rigueur se délecter de la beauté féline d’Asia Argento, mais cela ne suffit pas à sauver le bâteau du naufrage. Romero, une fois de plus, (et au bout de 4 films), continue à opposer les classes sociales. Cette fois-ci on se rapprocherait plus du système hindou, avec les intouchables, personnifiés par les zombies. Big Daddy, le mort-vivant intelligent, va sauver son peuple du tyrannisme humain. Les dialogues sont d’ailleurs plus intéressants du côté des marcheurs que des penseurs. Dennis Hopper est égal à lui-même : un charisme incroyable dans une réalisation sans saveur.

Mais ce que souffre surtout ce film, c’est de la comparaison des nouveaux tenants en titre des films d’horreur : Zach Snyder et son superbe remake de Zombies (tout aussi « intellectuel » mais effroyablement efficace dans sa mise en scène), Danny Boyle et son esthétique 28 jours plus tard … et le prochain Rob Zombie promet de mettre la pâtée au maître.

En bref, Land of the Dead est sorti 10 ans trop tard. Les puristes vous diront que c’est le meilleur film de zombies qui existe. Quant aux autres, préférez Shaun of the Dead, qui malgré son humour anglais, est bien mieux réalisé, et surtout mieux interprété. Les élèves ont dépassé le maître.

publié par Rod le 08.08.05

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