Jean-Paul Roy et Christine Ott – musiciens de Yann Tiersen
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Rencontre avec Jean Paul Roy et Christine Ott, musiciens de Yann Tiersen, respectivement bassiste et joueuse d’ondes Martenot, un instrument magnifique. Ils nous parlent d’eux, de Yann, qui est le maître à jouer, mais attention, ils forment avant tout un groupe. Une heure avant le concert, ils nous reçoivent dans une tente, à l’abri du bruit.
Ce n’est pas la première fois que l’on vous retrouve dans les pays de l’Est européen, vous voir ici est tout sauf une surprise…
JP : Oui, sur les tournées précédentes, cela s’est pas mal fait. En ce qui concerne celle-ci, c’est notre première date dans cette région de l’Europe. Le Sziget, c’est phénoménal, j’étais déjà venu jouer avec un autre groupe.
On vous voit finalement peu en France, est ce une volonté de votre part ou un concours de circonstances ?
C : On devrait tourner en France à la rentrée. En fait nous avons commencé par l’étranger avec notamment des dates au Japon.
Dans quelles circonstances avez-vous été amenés à jouer avec Yann ?
C : A la base je suis professeur d’ondes Martenot. J’ai appelé le premier producteur de Yann pour récupérer des partitions de musique de chambre. Dans la discussion j’ai demandé si Yann travaillait seul, je lui ai dit que je jouais des ondes Martenot et il y a eu un grand cri au téléphone. Ils m’ont rappelée à l’époque à la fin de leur tournée.
JP : Moi je viens d’arriver sur cette tournée, je suis venu par l’intermédiaire de Maxence le guitariste. Yann cherchait un bassiste.
Quels sont les premiers échos après la sortie de « Les Retrouvailles » ?
C : J’y ai participé, mais je ne suis pas au courant des retours de l’album, je suis un peu lunaire.
JP : Nous manquons un peu de recul puisque nous sommes en tournée à l’étranger, et finalement ça ne nous intéresse pas tant que ça.
Ce que l’on présente sur scène est très différent de la BO d’Amélie Poulain. D’après ce que l’on a pu observer, les gens viennent avec cette idee ou celle de Goodbye Lenine. Ils sont d’abord un peu surpris, décontenancés, mais sont finalement agréablement surpris.
Quels sont les souvenirs marquants de cette tournée ?
JP : Au Japon nous avons joué dans le cadre de l’exposition universelle à Nagoya, c’était un peu étrange puisque nous étions au Japon, mais en même temps tous les pays étaient représentés. Ce n’est pas comme ça nous jouions dans un club, c’était une salle de concert montée pour cette occasion. Nous sommes aussi allés en Espagne, en Irlande.
C : En revanche, sur la dernière tournée, nous avions fait deux dates au Japon, et j’en garde un merveilleux souvenir. Nous avions joué dans de petits clubs où l’ambiance était excellente.
Quel accueil recevez-vous du public ?
C : Beaucoup de générosité
JP : Les gens sont très attentifs, c’est assez plaisant. Ils sont très réceptifs à la musique de Yann. Dans sa musique il n’y a pas tant de chansons chantées, mais beaucoup d’instrumentaux. Ca enlève le problème de la langue, les gens prennent la musique pour la musique, c’est assez universel.
Dans quelle mesure les BO des différents films ont pesé dans le succès populaire de Yann ?
JP : Evidemment, ça a pris une importance considérable, tout en ayant un côté réducteur. Lorsque les gens viennent aux concerts, ils ne connaissent pas spécialement le reste, ce que l’on présente sur scène est très différent de la BO d’Amélie Poulain, c’est d’ailleurs une compilation de morceaux déjà sortis dans les albums précédents. Le bon côté c’est que les gens connaissent Yann grâce à ça, le mauvais côté c’est qu’ils s’attendent à quelque chose de très réduit par rapport à l’univers de Yann. C’est un peu la difficulté que l’on rencontre. D’après ce que l’on a pu observer, les gens viennent avec l’idée d’Amélie Poulain, Goodbye Lenine. Ils sont d’abord un peu surpris, décontenancés, mais sont finalement agréablement surpris.
N’est ce pas finalement énervant d’en revenir tout le temps à Amélie Poulain ?
JP : Non, finalement en tant que musicien, les gens nous en parlent peu.
C : Ce qui est énervant, c’est que Yann avait déjà fait 3 ou 4 albums. Ce qui est drôle c’est qu’il avait déjà composé ces morceaux dans ses albums précédents. D’un autre côté, je suis contente pour lui, c’est quelqu’un de bien, et si ça peu le faire connaître, alors tant mieux. Nous ça nous permet de faire un voyage vers ailleurs. J’aime cette tournée minimaliste où nous sommes 5 sur scène. Nous avions terminé la tournée de « L’Absente » avec un grand orchestre, ça a été lourd pour Yann et pour nous. En ce qui me concerne, je préfère les choses minimalistes.
Un petit mot sur la scène de ce soir qui est pour le moins originale ?
JP : Oui, c’est magnifique, c’est un cadre naturel.
C : Il est vrai qu’on a la chance de jouer dans des lieux assez divers, par exemple en Belgique nous avons joué dans un parc au milieu des jets d’eau. Il y avait une mise en scène avec les fontaines qui se sont toutes arrêtées lorsque nous avons commencé à jouer. Il nous est aussi arrivé de jouer face à la mer ou en pleine nature. Ce n’est pas commun.
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