Seuls Two
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Gervais, policier à Paris, maladroit et entêté, est la risée de son commissariat. Depuis des années, il file sans relâche, un esthète de la cambriole, drôle et narquois, Curtis qui, chaque fois, lui échappe et le ridiculise. Un beau matin, après une course poursuite manquée, Gervais se réveille dans une capitale vidée de tous ses habitants. Tous ? Pas tout à fait. Un second individu fonce dans les rues désertes au volant d’une Formule 1 : Curtis ! Voilà nos deux héros seuls au monde, peut-être l’occasion d’enterrer la hache de guerre et de profiter de la situation … Mais ce serait sans compter sur la droiture de Gervais et surtout sur son obstination. Pour lui, la place de Curtis est en prison et rien ne saurait le faire dévier de sa mission … (Fiche Allociné)
Préambule non négligeable : j’ai trouvé la Tour Infernale Montparnasse lamentable, Double Zéro pitoyable, les Dalton excécrable, et c’est avec un certain masochisme plus qu’évident que je me suis rendu en salle pour pouvoir vomir à volonté tout le mal que Two Seuls (wow, le jeu de mots en fait !) allait m’inspirer. « Pas de bol », j’ai presque bien aimé …

Oui, Eric est souvent très lourdingue, et ses interventions sont souvent poussives et donc lassives. Oui ça manque parfois de rythme – mais finalement, pas trop. Oui, l’humour omniprésent est digne de discussions de gosses de CM2 – enfin ceux des années 80, car aujourd’hui, le niveau ne le permet plus.
Mais en contre-partie, on découvre un Ramzy souvent très juste, et donc, très drôle. La réalisation, sans atteindre celle d’un Lynch, est tellement correcte et souvent surprenante qu’on se demande pourquoi les deux tarés n’ont pas décidé de prendre la caméra plus tôt – on n’est jamais aussi bien servi par soi-même. La BO « parle » aux trentenaires, et avoir réussi à placer Love Is Love de Culture Club (qui avait servi de support pour Electric Dreams, connu en France sous La Belle et l’Ordinateur : oui déjà à l’époque, on traduisait n’importe comment) ou Final Countdown d’Europe relève d’un excellent mauvais goût de qualité ! :)

N’en reste pas moins que peut-être sans le vouloir, Eric et Ramzy ont réalisé l’un des plus beaux films « carte postale » mettant en valeur Paris, qui prend une dimension assez impressionnante lorsqu’elle est dépourvue de ses habitants fourmis. Reste ensuite que cette fable aussi loufoque que très bien vue possède plusieurs niveaux de lecture : pour les fans du duo, cela ne doit pas dépasser une poursuite cartoon très « Bip Bip et le Coyote » ; pour d’autres, peut-être y verront-ils l’allégorie de l’obsession compulsive, celle qui vous fait oublier les autres tant vous vous focalisez sur une personne (et on doute que les 2 loustiques aient pensé à cela, sait-on jamais :)) … quoiqu’il en soit, et malgré mon passif – je me rappelle avoir dit à Eric et Ramzy yeux dans les yeux que les Daltons n’étaient pas drôles, et surtout pas eux – force est de constater que Seuls Two, à défaut d’être un divertissement à haute teneur intellectuelle – on rit beaucoup plus avec Un Conte de Noël, où les discours cyniques et incroyablement léchés sont un véritable délice – s’en sort honorablement. Et finalement, s’avère bien plus drôle que la personne aux deux personnes.
Reste que ça ne vole pas haut, et qu’il faut en avoir conscience avant même d’entrer en salle.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

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