Dark Water
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Récemment séparée de son mari, Dahlia Williams s’est trouvé un nouveau job et un autre appartement. Elle est bien décidée à surmonter l’échec de son mariage et à se consacrer à sa fille, Ceci. Mais quand la séparation tourne à la bataille rangée pour la garde de l’enfant, la situation se complique. Son nouvel appartement, délabré et exigu, semble soudain prendre vie. Des bruits mystérieux et des phénomènes étranges la poussent à se demander qui est derrière tout cela. Et puis, il y a ces obsédantes infiltrations d’eau sombre… Essayant de garder le contrôle de sa vie, Dahlia, plus que jamais résolue à protéger sa fille, va tenter de percer le mystère…
Walter Salles, à qui l’on doit le magnifique Carnet de Voyages, se promène dans un genre nouveau pour lui : l’horreur / épouvante. Les oeuvres d’Hideo Nakata ont le vent en poupe outre atlantique, après un Ring 1 magnifique, un Ring 2 décevant, voici le dernier remake du réalisateur considéré comme un maître du genre. Walter Salles réalise bien plus qu’une simple transposition, et c’est bien là le problème.
On ne pourra pas reprocher à Walter Salles sa réalisation. Comme à son accoutumée, le brésilien nous gratifie d’une jolie photo, avec des couleurs particulières, délavées mais contrastées, un pur régal pour les yeux. Dans cette même optique, le choix de Jennifer Connelly est parfait : actrice incroyablement impliquée dans tous les films où elle apparaît (les derniers en date : Requiem for a Dream, un homme d’exception, Hulk …), elle exp(l)ose son talent avec Dark Water : les scènes de démence (?) sont prodigieuses, et en calmera plus d’un dans la salle. On appréciera aussi le fait que Walter Salles n’ait pas seulement juxtaposé sa vision à celle de Nakata : l’histoire est résolument la même, mais le point de vue est radicalement différent. Dans la version japonaise, tout est centré sur la colère du fantôme, alors que la version américaine joue plus sur l’affection d’une mère et de sa fille. Et c’est cette différence de point de vue qui fait perdre à Dark Water US toute son horreur : pas une seule fois vous ne sursauterez, vous vous demanderez même si vous n’avez pas assisté à un simple film fantastique, dénué de toute horreur. A trop vouloir jouer dans la psychologie des personnages, Salles a oublié que Dark Water est avant tout un film d’horreur, avec un prétexte scénaristique, et non l’inverse.
Au final, ce film décevra ceux qui ont vu la version japonaise. Quant à ceux qui n’apprécient pas le cinéma asiatique, sachez que ce film base toute sa communication sur l’horreur, et que le teaser est par conséquent plus flippant que le film complet. C’est ça parfois, la magie du cinéma : pas besoin de rester 1h45 surtout si c’est pour s’ennuyer.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
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