Dans les coulisses du cinéma

Qui n’a pas rêvé de passer un jour de l’autre côté du décor lorsqu’il va voir un film au cinéma ? Hervé Aguillard, le Directeur de l’UGC Ciné Cité de Rouen a eu la bonne idée d’inviter des jeunes gens passionnés du 7ème art pour leur permettre de découvrir les coulisses de son cinéma. Une dizaine de gagnants « le-hiboo.com » purent donc éveiller leur curiosité.

C’est Stéphane Genouvrier, régisseur qui mènera la visite et répondra aux nombreuses questions de l’assistance. Première halte devant une machine ancienne, mise en exposition dans le hall, celle-ci est d’ailleurs toujours en état de fonctionner. En effet « le cinéma est resté le même depuis les frères Lumière, on utilise toujours leur pellicule, seul les instruments qui sont autour ont changé… », nous indique Stéphane.

La suite, c’est une escapade dans les labyrinthes des coulisses, des escaliers, des couloirs à n’en plus finir. On débouche enfin dans la salle des machines où Christophe, l‘opérateur est affairé à sa tache. Il veille au bon fonctionnement des 14 salles, et surveille les projections en salle de contrôle, des écrans sont là pour l’y aider.

Ici s’entassent des kilomètres de bobines (chacune d’entre elle pouvant atteindre 600 mètres), les nouveautés et les films à l’affiche. Et les anciens films ? « Ils retournent chez les distributeurs, nous ne conservons aucune archive. Le film peut très bien avoir une seconde vie chez des petits exploitants, mais à dire vrai, la bande s’use, on ne peut regarder éternellement un film sur les mêmes bobines. » Un film a une durée de vie variable en salle, le record personnel de Stéphane est de 36 semaines avec « 3 hommes et un couffin ». Les métiers de l’ombre ne sont pas de tout repos, il faut avant tout être un passionné. Stéphane sait de quoi il parle, lui qui passe tant d’heure à regarder des films qu’il ne voit pas. Il faut toujours être présent, on n’est pas à l’abri d’un problème technique. « Il arrive qu’une ampoule explose pendant une projection, on ne peut alors rien faire, il faut un certain temps pour la remplacer. Elle peut également endommager l’intérieur de la machine. » Une ampoule coûte en moyenne 1.300 euros et doit être changée toutes les 2.000 heures. S’en suit un passage plus technique, où il est question de son numérique et analogique lu par les capteurs de la machine. Les invités se montrent curieux et se posent en spécialistes pour certains d’entre eux !

Hervé Aguillard nous expliquera ensuite comment sont choisis les films qui sont à l’affiche, «C’est le bureau parisien qui décide, je peux cependant faire pression si un film me plaît beaucoup, si je sais qu’il peut marcher ici, ce fût le cas pour Appleseed. Je savais qu’il y avait un public pour les mangas à Rouen, on m’a donc accordé une copie du film.» Et l’avenir dans tout ça ? On parle beaucoup de numérique, mais selon Stéphane, la pellicule a encore de beaux jours devant elle. Les coûts d’installation de nouvelles machines seraient, pour le moment trop importants. « Et puis, ce serait de nombreux emplois en moins pour nous » ajoute le régisseur. Pour information, l’équipement d’une cabine de projection se chiffre à environ 150.000 euros. La visite touche à sa fin, après plus d’une heure d’écoute. Il nous reste à remercier nos hôtes, pour cette rencontre riche en enseignements. Espérons que ce rendez vous en appellera des suivants, histoire que d’autres passionnés puissent en profiter !

publié par Rod le 07.09.05

archives.le-hiboo.com

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Un commentaire

  1. je cherchais des photos sur les machines de projection quand je suis tombé sur cet article… je l’ai trouvé très bien écrit… et je suis épatée qu’un opérateur ouvre la porte de sa cabine Ã

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