Renan Luce (+ Bensé) au Zénith de Paris

AGENDA RELATIF
Thomas Dutronc
  La Commanderie (Dole) - 11 février
  Théâtre Rutebeuf (Clichy) - 15 février
Bénabar
  La Cartonnerie (Reims) - 16 février
  L'Autre Canal (Nancy) - 17 février
Jeanne Cherhal
  Le 104 (Paris) - 21 mars
Bensé
  La Loge (Paris) - 2 mars
  Festival Avec le Temps (Marseille) - 22 mars
Le Zénith
  admiral t (24 février)
  Metronomy ( 3 mars)

Renan Luce, c’est un peu comme du vin (enfin je présume, puisque ne buvant pas d’alcool) : 2 ans auparavant, le petit breton jouait timidement ses chansons au phrasé unique, mais où l’on sentait un potentiel énorme, à qui il ne manquait qu’expérience et maturité scénique. Puis le temps passa, le bonhomme conquit les ondes, les écrans de télévision, remporta les victoires de la Musique, se dévora il y a un peu un Grand Rex … et c’est au Zénith de Paris que s’achève la tournée « Repenti ». Et il faut bien l’avouer : il n’a plus rien à envier aux grands.

Comme beaucoup, j’ai attrapé le virus Luce avant que ce dernier ne connaisse amour, gloire et beauté, ces mots qui font rêver. Grâce à ce petit festival dénicheur de talents, les Primeurs de Massy. Nous sommes en 2006, le petit d’homme frêle et introverti chante et conquiert, sa maladresse scénique charme autant que ses paroles écrites avec talent. Les voisines, la lettre, ou encore je suis une feuille sont des hits en puissance qui laissent sous-entendre qu’il n’en restera pas là. Qu’il ne restera pas dans l’anonymat. Bingo : ce que j’avais pressenti à l’époque s’est produit.

Il est 18h, les premières groupies / fans tentent de rivaliser avec les champions du 400m haie pour se retrouver au premier rang. Qui s’avérera un panel relativement représentatif de la population incroyablement hétérogène : des jeunes, des tres jeunes, des femmes, beaucoup de femmes … un public relativement benabarien et aldeberiste. Parmi cette horde, Jessica et Véronique, deux charmantes trentenaires avides de la nouvelle scène française. Elles attendent depuis 11 heures et leur excitation est perceptible. A l’instar des 5000 personnes présentes (Zénith sold out), elles devront patienter, car le bal commence avec la folk de Bensé.

Bensé (web)

Au HibOO existent deux écoles concernant le cas Bensé : celui de Matttbrrrr, qui n’a pas du tout accroché à la prestation du jeune homme lors de l’ouverture du concert de Pigalle (jeudi 22). Quant à Charlotte, en plus d’avoir chroniqué son premier opus tout simplement intitulé « album », ne cesse de tarir de louanges (mais sachant qu’elle aime Berry / Sandrine Kiberlain … :)) Voici donc le verdict du grassouillet des hôtes de ces bois virtuels : Bensé fait de la folk rosienne, et ce que cela peut comporter en fonction des goûts comme défauts et qualités. Je n’émettrai qu’un avis définitif après le showcase qui se déroulera mercredi à la Maroquinerie, puisque le principal interessé m’indiqua en backstage qu’il serait accompagné d’autres musiciens. J’ai surtout accroché son duo avec Rose (Petite), et son dernier titre chanté dans la langue de Shakespeare, qui laisse entrevoir un chemin à explorer qui semble plus convenir aux nerfs auditifs. Le public en revanche adore / adhère, et le plébiscite est aussi spontané qu’immédiat. Bien sûr, l’arrivée de Rose sur scène fera trembler la salle, et les flashs crépiteront par centaine. Quand on voit Bensé dans une telle configuration, on ne peut s’empêcher lorsqu’en 2005, on voyait un certain Renan Luce, seul à la guitare, accompagner Benabar lors de ses tournées dans les Zéniths de France et de Navarre …

Renan Luce (web)

Ce soir, Renan Luce, que je n’avais pas revu depuis le Paléo Festival – si l’on excepte sa petite prestation remarquable et remarquée lors du Festival des Vendanges pour interpréter deux titres de l’un de ses maîtres à penser, Brassens – va – me – surprendre durant pratiquement deux heures non stop. Le boss sur scène, c’est désormais lui : exit le petit être frêle qui se cachait derrière son micro, et dont le seul jeu se limitait à une tête qui allait de gauche à droite : désormais les sauts, les pirouettes et la recherche du contact visuel avec le public est de mise. Outre son aisance scénique, le public ne va cesser de voler son petit nuage : une setlist sans faille (comment ai-je pu sous-estimer « je suis une feuille », certainement la plus belle chanson de ce compositeur talentueux ?), les titres radios on ne peut plus fédérateur et mettant le feu au Zénith (Repenti, La lettre, Les Voisines), mais surtout … des duos absolument magnifiques ! Thomas Dutronc sur quatre vingt quinze pour cent de Brassens est un délice, les vocalises aériennes et planantes de Jeanne Cherhal sur la reprise de Dominique A (Twenty Two Bar), mais également Benabar (que le public peut aujourd’hui plus que jamais remercier pour avoir fait tourné Renan lors de son âge d’or scénique), ou encore l’excellente chanson dédiée à MySpace avec le flegmatique et talentueux Alexis HK. Ces guests vont faire leur effet, jusqu’à frôler l’hystérie collective (Benabar et Jeanne Cherhal notamment). 21 titres et deux rappels plus tard, 5000 larynx hurlent jusqu’à l’usure : l’émotion est palpable sur scène, et l’homme qui préfère aux voisins les voisines, grand gamin heureux et reconnaissant envers son public semble le particulièrement touché. Et l’on espère juste qu’après cette tournée marathonienne, et cette consécration méritée, celui que l’on considère comme le petit Dylan français saura proposer de nouveaux titres tout aussi bien écrits et finement arrangés (exercice difficile qui ont coûté à Aldebert et Benabar). Bravo, mr Luce.

publié par Rod le 25.05.08

archives.le-hiboo.com

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Un commentaire

  1. excellent concert !!
    excellent chanteur !!
    top ambiance dans la salle …

    en bref, j’ai adoré et j’en redemande …..vivement la prochaine tournée

    merci pour les photos (je suis meme dessus trop fort )

    :)

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