Deux jours à tuer
Tweet
Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l’argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s’est-il passé chez cet homme pour qu’il change si étrangement de comportement ? (Fiche Allociné)
Dupontel is God !

Qu’on se le dise, et qu’on le clâme jusqu’à implosion du larynx : Dupontel est clairement l’un des meilleurs acteurs français actuels. Capable de faire le pitre dans ses propres réalisations (enfermés dehors étant le summum de l’expression de son aliénation cartoon), capable de terrifier dans sa folie vengeresse dans Irréversible, ici, dans 2 jours à tuer, chaque mot prononcé, chaque regard posé est d’une justesse sans faille. Et le résultat ne se fait pas attendre : on rit sans ménagement lorsqu’il balance des vérités avec un sarcasme divin, et l’on pleure sans retenue à la fin.
Shyamalan, sors de ce corps
2 jours à tuer aurait pu être un chef d’oeuvre : outre des acteurs totalement impliqués et particulièrement convaincants (la scène du repas d’anniversaire est assez jouissive), une histoire captivante qui fait oublier totalement les notions de temps et d’espace, des variations narratives apportant une dynamique, une réalisation aux petits oignons, Jean Becker se la joue pourtant – et malheureusement – Shyamalan (même s’il s’agit de l’adaptation de l’oeuvre de François D’Epenoux, rien n’empêchait une transposition « libre », à l’instar de « Je suis une légende » … OK c’est un mauvais exemple)
Qu’est ce que le syndrome Shyamalan ? Le pseudo prodige américain nous a habitué au fil de ses histoires tirées par les cheveux à embobiner le spectateur durant le trois quart d’un film vers une piste, pour que finalement, un quart d’heure avant le générique, l’histoire suive un chemin totalement inattendu. On appelle ça un twist, chez les pros du genre. Difficile d’en dire davantage sans dévoiler le final, mais tout le message distillé durant la première heure – je vous emmerde tous, j’ai envie de vivre pleinement et simplement, loin de vos faux semblants et de votre recherche du bonheur fictif par l’assouvissement matériel – se retrouve complètement annihilé.
Mais je l’aime ce film !

Certes, c’est grâce à ce retournement habile et inattendu que l’on se met subitement à vider nos glandes lacrymales par litres, mais cette incrustation de dernière minute de morale bien pensante n’est pas forcément la bienvenue, lissant les somptueux dialogues forts : un peu comme si un architecte avait prévu un mur en crépit, pour finalement l’enduire de plâtre pour coller du papier peint. Une image à 2 euros, mais l’idée est là.
Ce qui aurait pu être un « Chute Libre » à la française (en plus intellectuel et plus posé) n’est finalement qu’un mélodrame moralisé / moralisant d’excellente facture. (NB hors sujet, quoique : Marie-Josée Croze est vraiment sublime)
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

I love moon 26.05.08 | 10:05
Ton pitch m’a convaincu d’aller le voir. Je te rejoins sur un point. Ce film aurait pu être un chef d’oeuvre. Mais je l’ai trouvé baclé. Il y a aussi des erreurs de montage assez énorme. Bref… Ca n’est pas le plus important. Le sujet est bon. J’aime le dénouement et après coup, sans l’avoir deviné, le trouve logique. Ou plutôt le seul possible.
Outre la scène du repas, celle avec l’auto-stoppeur est assez surréaliste et donne bien le sourire.
Alex 1.06.08 | 10:09
Je voudrais réagir sur l’avant dernier paragraphe.
Je trouve justement que la fin de la scene de peche est memorable. J’ai cru jusqu’à la que ce film etait un hymne à la remise en cause de la vie. Cette nouvelle est tombé comme un boulet de canon. D’un coup toutes les paroles et les comportements d’Antoine deviennent limpides.