Entre ses mains

A Lille, Claire, 30 ans, travaille dans une compagnie d’assurances. Elle mène une vie harmonieuse et sans histoires avec son mari Fabrice et sa fille Pauline. Un jour, elle fait la connaissance de Laurent, un vétérinaire venu la consulter pour une affaire de dégât des eaux. Ils vont bientôt se revoir, au cabinet du vétérinaire, puis au zoo, où Laurent travaille également, et leurs relations vont rapidement prendre un tour plus personnel. Ce dernier ne fait pas mystère de son seul véritable intérêt : il est un séducteur, ou plutôt « un prédateur de femmes », un chasseur infatigable et jamais satisfait. Mais avec Claire, il semble poursuivre un autre but, qu’il ne connaît pas lui-même. Claire, elle, ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre son nouvel ami et ce « tueur au scalpel » qui a déjà égorgé plusieurs femmes dans la région…

Entre ses mains, c’est l’adaptation du roman de Dominique Barbéris, « Les kangourous ». Un duo d’acteurs qui fonctionne à merveille, du suspens, de la passion le tout se déroulant dans un Nord plus gris que jamais et terrorisé par un serial killer. Un film plutôt réussi, qui tient le spectateur en haleine jusqu’à la fin.

Il fallait absolument qu’Anne Fontaine trouve le couple d’acteurs le plus juste, le plus crédible pour cette histoire. Après avoir dirigé Depardieu, Michel Bouquet ou Emmanuelle Béart, elle prend le risque de confier le rôle de Laurent à Benoît Poelvoorde. Un risque dans le sens ou ce dernier se voit offrir à cette occasion son premier contre emploi. On le retrouve en vétérinaire (ou animal on ne sait plus trop) dépressif et alcoolique. La mayonnaise prend. De l’autre côté, Isabelle Carré, magnifique en jeune maman troublée et fragile.

Une histoire d’amour impossible entre cette femme équilibrée, pas loin de la routine tout de même et cet homme complètement décomposé sur fond de psychose. Un « je t’aime moi non plus » qui n’aura d’autre issu que le crash ?

Anne Fontaine fait jouer à merveille ces instants rapprochés par des plans serrés, où tout peut arriver. L’intrigue est menée de main de maître jusqu’à la fin, l’accent est bien sûr mis sur les regards, les attitudes et encore une fois, Poelvoorde tient la route pour un rôle qui ressemblait à un piège à loup pour l’habitué des comédies grasses.

Au final, un film sombre, parfaitement maîtrisé, qui met en lumière deux acteurs de talent. Une histoire qui tient en haleine, toutes ces bonnes raisons en font un film à voir sans hésiter.

publié par Rod le 24.09.05

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