Les Noces Funèbres de Tim Burton
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Au XIXe siècle, dans un petit village d’Europe de l’est, Victor, un jeune homme, découvre le monde de l’au-delà après avoir épousé, sans le vouloir, le cadavre d’une mystérieuse mariée. Pendant son voyage, sa promise, Victoria l’attend désespérément dans le monde des vivants. Bien que la vie au Royaume des Morts s’avère beaucoup plus colorée et joyeuse que sa véritable existence, Victor apprend que rien au monde, pas même la mort, ne pourra briser son amour pour sa femme.
Ou Corpse Bride pour les puristes. Après le délicieux Charlie et la Chocolaterie, Tim Burton revient quelques mois plus tard pour dévoiler au public ce que l’on peut considérer une fois de plus comme un bijou. Non seulement Corpse Bride est d’une beauté romantique à pleurer, mais l’histoire (un récit russe) est d’un lyrisme surréaliste. Merci Mr Burton d’être l’un des derniers conteurs du cinéma.
Corpse Bride n’est pas un film d’animation, mais bel et bien un rêve vivant. Tim Burton a vu les choses en grand (d’ailleurs il s’agit du premier film d’animation avec marionnettes avec de telles proportions de travail, puisque la maison victorienne est une maquette de 5m de haut sur 8m de profondeur !), et le spectateur, dès les premières secondes, se retrouve enchanté. Le maître a repris la même formule de démarrage que Charlie et la Chocolaterie : un thème made in Elfman de toute beauté, une présentation du décor, on n’est déjà plus sur Terre. Ensuite, on ne pourra que s’étonner du travail minitieux réalisé sur tous les plans, notamment les couleurs (les vivants ont des teintes délavées et tristes, alors que le royaume des morts est festif et pétillant de couleurs vives), ou encore les chansons réalisées par Danny Elfman, plus « tim burtoniennes » que jamais.
Il vient aussitôt à l’esprit de le comparer au sublime Etrange Noël de Mr Jack, mais les univers, la technique et l’histoire étant si différernts qu’on en a pour son argent : il ne s’agit pas d’un « Mr Jack mieux fait », mais d’un film d’animation vraiment stupéfiant : aucun acteur, et pourtant les expressivités des protagonistes aux traits caricaturaux semblent réellement dotés d’une âme. Quant à l’histoire, Tim Burton démontre (comme il a su si bien le faire dans Edward aux mains d’argent, ou Big Fish) sa capacité énorme à créer des émotions à partir d’éléments irréels et surréalistes : on est en quelque sorte plongé dans une allégorie du lyrisme, où tout est étudié : la musique, l’image, les décors magnifiques, les plans photos s’entremêlent, fusionnent, dépaysent.
Certains croyaient Burton perdu (La planète des Singes n’a pas enthousiasmé les fan(atique)s, et Big Fish pourtant superbe était considéré comme mièvre) : avec en 1 année Charlie et Corpse Bride, Burton démontre qu’il est l’un des plus brillants conteurs romantiques de sa génération. Merci Monsieur.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

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