Alexandre Kinn au Café de la Danse

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Ce soir Alexandre Kinn est en concert au Café de la Danse pour présenter son premier album sorti le 17 mars. J’ai tout intérêt à ne pas arriver trop tard, il y aura surement beaucoup d’invités. Je me dirige donc vers Bastille pour arriver sur place avant 19h (une heure avant l’heure officielle). J’ai bien fait, une jolie queue s’est déjà formée et une cinquantaine de personnes attendent patiemment devant moi. Rapidement, le nombre augmente et la file s’étend jusqu’à la rue de Lappe. Les portes s’ouvrent, je passe la billetterie, on me donne mon pass et je rentre dans la salle. Et là, stupeur, elle est déjà à moitié pleine d’un public bigarré. Je me trouve une place au premier rang entre une jeune fille habillée jean slim et convers et un homme, la quarantaine en costume, sûrement un cadre sortant du bureau. Décidément, la nouvelle scène française attire des gens de tous horizons.

Les lumières s’éteignent et oups… la sécurité demande aux gens debouts sur le coté des gradins (que je n’avais pas vu) de venir remplir la fosse. Je me retrouve donc coincé dans les gradins à une place qui n’est pas forcement idéale. Tant pis, il va falloir faire avec : je ne vais pas marcher sur les gens juste pour faire une bonne photo (même si des fois, c’est tentant).

Une fois tout le monde assis dans les gradins comme dans la fosse, les lumières s’éteignent, un simple projecteur éclaire la scène. Le premier à fouler les planches est François Fuchs qui démarre un riff bien bluesy sur sa contrebasse. Décidément, j’adore le son de cet instrument. Quelques mesures plus tard, Alexandre Kinn et Lawrence Clais, le batteur entrent à leur tour. A part une guest, ce seront les seuls musiciens sur scène. Dans la musique d’Alexandre, c’est la simplicité qui prime.

Quand les premiers arpèges de guitare résonnent, je ne peux m’empêcher de comparer sa musique à celle de De Palmas. Quand Alexandre se met à chanter, cette sensation est encore plus forte : même timbre de voix, même façon de faire des vocalises, même son de guitare. La comparaison s’arrête pourtant là puisque, bien que n’ayant jamais assisté à des concerts de De Palmas, je trouve les chansons d’Alexandre bien plus créatrices d’émotions. On le compare souvent à Tété ou à Jack Johnson, mais je ne suis pas tout a fait d’accord. Certes, c’est folk, un peu blues… mais il y a un zest de country et de soul dans la musique d’Alexandre que je n’ai pas la sensation de retrouver chez ces deux artistes.

Son single « Aude » ne sera joué qu’en second. C’est ce morceau, écrit pour la fille de son meilleur ami, qui passe en ce moment sur les radios. Une bonne partie de la salle semble connaitre la chanson et fredonne le refrain avec les musiciens. Alexandre Kinn n’a pas mis cette chanson en premier, c’est bien, il n’achète pas son public. Les morceaux s’enchainent, sans précipitation. Les musiciens s’entendent à merveille, prennent du plaisir sur scène et ça se sent dans leur musique. Pour « Lentement », François Fuchs et Lawrence Clais quittent la scène et laissent la vedette du soir seule avec sa guitare, le tout enveloppé d’un poil de reverb sur sa voix qu’il fera varier au gré du titre. On sent d’ailleurs qu’il a un peu de mal à maitriser cette effet, les variations sont toujours un peu violente et ne rendent pas aussi bien qu’il aurait fallu. Dommage. C’est aussi à ce moment qu’on à pu ressentir une des faiblesses d’Alexandre : il a du mal à rester juste sur les notes tenues. Mais ça n’empêche, l’émotion passe. Je vois dans le public les mains des garçons passer dans le dos des filles.

Une Guest, avais-je précisé au début : Mme Pura Fe. Elle s’assoit comme Alexandre et tout deux prendront sur leurs genoux leur Weissenborn (quand je vous disais qu’il y avait de la country là dedans).Les instruments aux accords glissants me feront fermer les yeux et dodeliner de la tête. Cette fois, c’est le sliding qui manquera de justesse. Mais comme pour « Lentement », ce manque de précision sera largement compensé par la performance vocale du duo : la salle est d’ailleurs figée. Ou plutôt non, quand on regarde le public, on a comme l’impression de voir la surface d’un grand lac un jour de brise.

Le concert se terminera par un rappel de trois morceaux. Rappel vraisemblablement préparé puisque « Dans la Tête d’un Homme » ne sera joué qu’à ce moment là. Pour conclure, je qualifierais la prestation d’Alexandre Kinn de très bonne même si parfois, il manquait un peu de justesse. Alexandre n’a pas un style très original mais il le fait bien et avec passion. Et la passion, ça se sent toujours dans la musique, surtout sur scène.

publié par Chris CB le 28.03.08

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