La boite noire

A la suite d’un accident de voiture, Arthur est plongé pendant quelques heures dans un coma. Durant sa phase d’éveil, dans un délire verbal, il exprime des phrases incohérentes qui trouvent leurs racines directement dans son inconscient. A son réveil, il est face à une curieuse énigme : Que faisait-il la nuit sur cette route, proche de Cherbourg ? Ses phrases inquiétantes, dérangeantes et libératrices ont été notées dans un carnet noir par Isabelle, une des infirmières de l’hôpital. Pour l’aider à répondre à ses questions, Isabelle remet à Arthur, comme si elle lui offrait un trésor, le témoignage écrit de son délire. Dès cet instant commence pour Arthur une incroyable aventure ; il sera à la fois la victime, le coupable et l’enquêteur…de sa propre vie. Envahi par les traumatismes de notre inconscient, nous faut-il pour autant écraser les souvenirs qui nous encombrent ?

L’affiche est géniale. La bande-annonce donne envie. Qu’en est-il du film ? La boite noire fait parti, avec le couperet, la moustache et caché, du haut de gamme du cinéma « bizarroïde » français. Et une fois de plus, José Garcia est grandiose. Attention toutefois : le montage particulier pourra en rebuter quelques uns.

Ma-gni-fique. La boite noire en jette plein la vue. Aussi bien dans ses images (des couleurs travaillées en fonction de la période mémoire / réalité), des métaphores (ces souvenirs qui brûlent), des cadrages vraiment inspirés, des scènes de toute beauté (les relations sexuelles qui semblent être davantage des tableaux animés) … Richard Berry après Corto Maltese ou encore Moi César, 10 ans 1/2, 1,39 m prend tout le monde à contre-pied avec une oeuvre noire, malsaine, et pourtant si ésthétique. Le casting est parfait : José Garcia prouve qu’il est capable de jouer dans des bouses (Jet Set 2), dans des films exposant son talent (Rires et Châtiment, le Couperet), et l’on se félicite qu’il soit si bien dirigé pour ce film : son interprétation est juste, effrayante et fascinante. Marion Cotillard, vue récemment dans « Ma vie en l’air », ou encore la sublime Hélena Nougerra (la soeur de Lio) mettent davantage en valeur José Garcia, qui reconstruit sa mémoire, son passé et son présent tel un puzzle.

Et le déroulement / dénouement s’en ressent : le montage peut perturber les spectateurs habitués à une narration linéaire : ici on surfe de flashback en fausses réalités, pour se retrouver dans un voyage vers le pouvoir de protection de l’inconscient face aux autres, mais surtout à soi-même. Inutile d’en écrire des tonnes : Richard Berry est un réalisateur de talent, José Garcia est fantastique, l’histoire est vraiment captivante et bien narrée, et le tout servi par une bande originale qui navigue entre période romantique et electro nerveuse. En revanche, si des films à l’instar de la moustache, Caché vous ennuient, il n’est peut-être pas de bon aloi d’y aller (bien que beaucoup plus accessible que les 2 films cités)

publié par Rod le 28.10.05

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