The Matador – même les tueurs ont besoin d’amis
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Julian Noble est un tueur à gages cynique et alcoolique sur le retour. Seul à Mexico, le soir de son anniversaire, il accoste Danny Wright, un homme d’affaire timide et maladroit et décide… d’en faire son meilleur ami !Mais pour Danny Wright, comment se débarrasser d’un « ami » aussi encombrant ?
Après un premier film inédit en France, Richard Shepard signe Oxygen en 1999. Un thriller correct mais pas suffisant pour se faire un nom. S’il ne s’en fera certainement pas sur celui-ci, il offre sans aucun doute un rôle en or à un Pierce Brosnan trop heureux de casser son image, avec un film, somme toute, très agréable.
The Matador est le type même du film sans prétention qui a ce petit quelque chose qui le rend attachant. Son scénario pas si simpliste que ça ? Peut-être bien. Sa réalisation ? Non, sûrement pas. Si elle n’est pas mauvaise, elle est presque anecdotique et trop effacée. Alors quoi ? Le jeu d’acteurs ? On s’en rapproche, oui. En effet, Pierce Brosnan prend un malin plaisir, et nous avec lui, à casser son image acquise avec le célèbre agent secret au service de Sa Majesté. On sent vraiment qu’il a travaillé son rôle pour composer un tueur au bout du rouleau, alcoolique et vieillissant. Il campe un personnage tantôt drôle, tantôt pathétique mais finalement attachant. Il est épaulé par un Greg Kinnear (Pour le pire et pour le meilleur, Deux en un) totalement au service de l’ex-Bond pour lequel son personnage voue rapidement de l’admiration. Et ce petit quelque chose se trouve ici, dans cette relation entre les deux qui se rencontrent au comptoir du bar de leur hôtel.
Jolie histoire d’amitié donc mais question sur la solitude également : celle de ce tueur à gages qui ne cherche qu’à se faire un ami. La scène où Julian rend visite à Danny et Bean (la femme de Danny) est la plus belle du film par sa proximité, son réalisme et sa plénitude. Il y a quelque chose de familier dans cette séquence en dépit de la faible probabilité qu’un tueur à gages vienne vous rendre visite. La faute à des dialogues toujours bien écrits où les répliques de Julian font souvent mouches. Le film n’est jamais aussi bon lorsqu’il suscite l’émotion même si, au final, c’est le rire qui l’emporte.
Sous ses faux airs de « buddy movie », The Matador est un petit film étrange sur l’amitié entre deux personnes, a priori totalement opposées. Ce n’est pas franchement nouveau mais c’est traité avec une délicatesse qui fonctionne bien. Le scénario a, de plus, l’avantage de prendre des tournures inattendues. Enfin, c’est l’occasion de voir Pierce Brosnan en pom-pom girl. On ne reverra pas ça de sitôt !
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
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