Moriarty – The missing room

Tracklist

  1. I will do
  2. Isabella
  3. Clementine
  4. Where is the light
  5. Beasty Jane
  6. Serial Fields
  7. How Many Tides (after Sean Sellers) (After Seen Sellers)
  8. [ ]
  9. Decaf'
  10. Julie's Gold Candy Cane Tale
  11. Mah-Jong
  12. The Dark Line in the Middle of Hope
  13. Roboto Hoshii

Après le succès de son premier album, Gee Whiz But This Is A Lonesome Town paru en 2007, il va sans dire que le second disque de Moriarty était très attendu. Intitulé The Missing Room, celui-ci présente un peu plus en profondeur l’univers du groupe franco-américain. Ce deuxième opus est en effet plus varié au niveau des sonorités par rapport au précédent. L’atmosphère y est plus profonde et plus sombre, les gentilles balades étant remplacées par des chansons plus noires oùsont évoqués les amours brisées, les désillusions, les dangers de la vie, … Moriarty peint ici le portrait d’une Amérique revisitée, réaliste et juste, à travers la voix toujours envoûtante et profonde de Rosemary Standley.

Composé en partie sur la route, cet album s’écoute comme un véritable carnet de voyage onirique. Dès le premier titre, I Will Do, on entre dans un monde étrange et captivant. Il s’agit du type de chanson possédant cet esprit positif qui fait qu’en l’écoutant, tout va tout de suite beaucoup mieux. Il apparaît alors que Moriarty ne s’est pas reposé sur ses lauriers et a fait évoluer ses sonorités sans dévier de ses origines d’une manière remarquable. Le titre suivant, Isabella, choisi en tant que premier single séduit un peu moins que Jimmy par exemple mais touche tout de même par son côté nostalgique. Avec Clémentine, on rentre dans quelque chose de plus subtil. Ce morceau montant crescendo permet de présenter l’évolution musicale de Moriarty. On retrouve en effet tout au long de ce disque des variations sonores entre les différentes chansons qui lui donnent un caractère beaucoup plus aventureux et électrique qu’à son prédécesseur. On retrouve ensuite l’esprit cabaret propre à Moriarty, quoique plus sombre, dans Where Is The Light où la voix de Rosemary se fait puissante et où la guitare et l’harmonica semblent se répondre dans une lutte acharnée. Les rythmes s’entrechoquent, ici comme ailleurs, construits par un mélange d’instruments hétéroclites dénichés au cours des voyages parmi lesquels on découvre un harmonium indien, une petite guitare électrique à quatre cordes, des guimbardes ou encore une vieille guitare américaine des années 60.

L’ambiance retombe à l’écoute de la sublime ballade Beasty Jane puis avec Serial Fields, morceau instrumental dans lequel le groupe a inclus des enregistrements audio remplaçant le chant, à la manière de ce que font Wax Tailor ou Microfilm. Là encore, Moriarty surprend dans ses expérimentations qui apparaissent néanmoins parfaitement réussies. Le groupe continue de nous faire voyager avec  How many tides (after Sean Sellers) une autre ballade apaisante où les envolées lyriques de Rosemary donnet des frissons dans tout le corps. Rappelant tantôt CocoRosie, tantôt Alela Diane, la musique du quintet sur cet album procure des sensations indescriptibles tellement on se sent transporté dans un monde imaginaire où rien n’est défini. Après un cours interlude de quelques secondes, on entre dans quelque chose de moins original mais tout de même agréable avec Decaf, un morceau composé depuis le bus du groupe sillonant les routes allemandes. Puis vient l’excellent duo Julie Gold’s candy cane tale, temps fort de ce disque. Dynamique et envoûtant, il s’agit certainement du morceau le plus réussi de l’album. On continue ce périple musical avec une chanson écrite au cours des aventures du groupe en Asie, Mah-Jong, présentant une mélodie curieuse comme peut en composer Devendra Banhart ou CocoRosie. Ambiance de saloon avec le titre suivant The dark line in the middle of hope, où l’on retrouve de fabuleux solos de guitare slide et d’harmonica à la sauce Chicago blues. L’album s’achève avec la paisible Roboto Hoshii, ultime référence à des contrées lointaines dans un sublime échange guitare-voix.

The Missing Room s’avère être un album très riche musicalement présentant des morceaux très travaillés, complexes, très loin de ce que les membres du groupe avaient pu démontrer sur leur premier album. Cette évolution vers des morceaux plus sombres, mêlant le blues et le folk progressif est parfaitement exécutée. Un signe de maturité évidente qui ne peut qu’être synonyme, comme le premier opus, de succès.

» www.moriartyland.net

Contenu relatif

  1. Arrow
    Gravatar


    Pour afficher un avatar
    / votre photo avec votre
    commentaire,
    inscrivez-vous sur
    www.gravatar.com