No Country for Old Men
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A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu’il découvre à l’intérieur du véhicule, il n’a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer… Moss a déclenché une réaction en chaîne d’une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir…
Le retour en force des frères Coen
Avec Ladykillers et Intolérable cruauté, les 2 frangins avaient quelque peu déçu les puristes. Il faut dire que lorsqu’on est le géniteur de perles à l’instar de Fargo, The Big Lebowski ou encore O’Brother, « un bon film » ne suffit pas. Soyons clair et net, No Country for Old Men est un pur joyau, et à plus d’un titre.
Hommage aux vieux westerns, thriller dans l’âme

No Country for Old Men est visuellement magnifique. Les plans photos – cf le chien blessé dans la brousse -, les paysages aussi désertiques qu’immenses sont filmés avec une poésie et une inspiration d’un rare délice : les yeux sont éblouis et émerveillés. On se sent tout de suite plongé dans une ambiance aride et poussiéreuse ; le sens du détail ne cesse de jalonner la production, et aucune séquence n’est laissée au hasard. On pourrait également voir dans cette adaptation du roman éponyme de Cormac McCarthy un remake très noir et moderne du bon, la brute et le truand. On retrouve en effet dans les personnages dépeints une similitude jouissive, à l’exception de la philosophie de vi de chacun poussée à l’extrême. Et c’est à ce moment précis que l’histoire se transforme volontiers en road-movie où finalement le destin de chacun semble au fur et à mesure échapper totalement au spectateur.
Chaos rythmique
Inutile de chercher la constituante basique d’une histoire : ici point d’introduction, d’élément perturbateur et d’épilogue classique. No Country for Old Men navigue, voyage dans les genres, en faisant l’impasse d’avoir une véritable structure (quelque part, le scénario est secondaire, ou plutot la trame) ; l’humour noir, le thriller et le western s’entremêlent et s’entrechoquent : on passe des jolis paysages désertiques aux villes nocturnes sans vie, de la chasse à l’homme haletante aux pensées métaphysiques sans que cela ne soit déstabilisant. On pourrait d’ailleurs scinder le film en deux parties distinctes : 1h35 de thriller / poursuites où l’on pense deviner les intentions de chacun, et une demi-heure finale de véritable gifle scénaristique et philosophique. Les amateurs de films bourrins seront donc déçus par ces changements de rythme incessants, qui sont paradoxalement l’ingrédient principal constituant la réussite du film.
Apologie de la décadence et de la déshumanisation

A moults reprises, le personnage interprété par Tommy Lee Jones – exceptionnel – ponctue l’histoire dont il n’est qu’un simple spectateur désabusé, où ses moeurs et ses croyances se retrouvent profondément en conflit avec les actes dont il ne comprend plus ni le sens, ni la gravité. No Country for Old Men se sert des codes anciens pour montrer la montée en puissance, engendrée par un système dont les individus se sont lavés de toute morale, sans être pour autant dénué de principes – ce qui rend le « mal » encore plus terrifiant). Un monde où les valeurs d’antan – on peut arriver à changer les choses avec un sens de la justice et de la volonté, incarnée par les shériffs, vieil héritage cowboy – s’effacent devant la cruauté froide d’individus. Anton Chigurh, interprété par le magistral et pour le moins effrayant Javier Bardem (plus proche de Terminator que d’un homo sapiens normalement constitué), incarne parfaitement cette déshumanisation aussi exponentielle qu’inéluctable (bien que le film se déroule dans les années 80). Son personnage génère néanmoins une empathie pour le moins surprenante, mais il faut regarder le film jusqu’au bout. Fin qui peut décevoir, mais qui prend un sens terrifiant lorsque l’on s’est mis dès le départ dans la tête que Old Country for Old Men est avant tout une tranche de vie devenue « banale » dans un monde violent, monde désormais incompris par ceux qui l’ont bâti. (Sans doute toutes ces raisons qui ont fait que le film a fait un bide monumental à Cannes en 2007)
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

i love moon 26.04.08 | 14:08
Partons du postulat que les fères Coen sont « barges » mais doués. Doués car, vous l’aurez compris, No country for old men est un très bon fim mais doués pour avoir eu l’idée de choisir Javier Bardem pour le rôle principal. Il est plus que convaincant ! Je l’ai vu dans trois films différents. Trois rôles aux antipodes les uns des autres qu’il joue avec autant de crédibilité. Je dois dire que ce dernier lui va comme un gant (c’est effrayant).
A propos des plans photos, bien que je n’y entende rien, je te conseille vivement Le dernier roi d’Ecosse. C’est un excellent film. Tu ne devrais pas être déçu.