[Sisters of Mercy] boulevard détonnant au Trianon
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Situé entre la Cigale et l’Elysée Montmartre, le Trianon a été bien refait, et c’est une belle salle, avec une fosse très agréable (la moquette n’empêchera nullement de ressentir les vibrations) qui accueille en ce samedi soir un public guère juvénile mais toujours aussi motivé, avec des spectateurs d’origines et de nationalités diverses qui n’auront pas permis de faire le plein : on ne s’en plaindra pas forcément, la suffocation ne faisant pas forcément partie des critères de réussite d’une soirée musicale…
- Date : 05.03.11
- Adresse : 80 boulevard de Rochechouart 75018 PARIS
- Téléphone : 01.44.92.78.00
- Web : www.letrianon.fr
the Sisters of Mercy (www.the-sisters-of-mercy.com)
Pour leur troisième venue parisienne en 5 ans (après de longues années d’attente, pour être franc), qui correspond à la tournée anniversaire des 30 ans du groupe, les Sisters of Mercy ont abandonné le Zénith (concert décevant, bouillie sonore) d’il y a 5 ans et le Bataclan (concert plus satisfaisant, quoique laissant encore légèrement sur sa faim) d’il y a 2 ans pour une salle plus confidentielle mais également plus humaine, avec des tarifs houblonniques très abordables, ce qui n’est décidément pas le cas des stands de merchandising : à 37 euros le concert, il semble inconcevable de rajouter 25 euros pour un t-shirt !
Menfin, ça n’empêche nullement d’être optimiste à l’heure où les fumées commencent à prendre possession de la salle (les fumées sont une constante dans les concerts des Sisters…), et le set débute avec un assez synthétique crash & burn qui permet de comprendre très vite que ce soir, le son sera (enfin !) à la hauteur, puisque les deux guitares et les parties jouées par Doktor Avalanche (la mythique boîte à rythmes a tout de même un côté Apple très développé) sont toutes audibles, bien séparées, et d’un niveau sonore suffisant pour permettre d’apprécier les variations des titres par rapport à leurs versions originales. Si le groupe (on parle de groupe, tout en sachant que seul le chanteur Andrew Eldritch reste à bord depuis 30 ans) n’a pas sorti d’album depuis plus de 20 ans (on excepte les compilations, mini-CD et projets technoïdes), on va rapidement constater qu’à l’instar du premier morceau, un bon nombre de titres inédits existent, et sont pour la plupart d’un bon niveau, on se demande même pourquoi on ne peut les trouver jusqu’à présent que sur les innombrables pirates qui pullulent depuis les débuts du combo… Tournée anniversaire peut signifier best-of scénique, ce ne sera pas totalement ou forcément le cas ce soir, puisque chacun pourra regretter l’absence de tel ou tel titre, il n’empêche que la set-list telle qu’elle nous est offerte ce soir permet à la fois de se retourner sur un passé oh combien glorieux (alice, anaconda, kiss the carpet pour les titres historiques) et d’observer l’avenir avec confiance, puisque les arms ou summer ne sont pas du pipi de chat, loin de là ! On constate une belle évolution et de belles relectures des titres anciens, dont certains sont d’un abord méconnaissable, sans doute cela est-il dû à cette volonté d’obtenir un son très épuré qui permet de bien distinguer le travail de chacun, à l’exception parfois du chant, puisque l’ami Andrew reste parfois à la limite de l’inaudible, les paroles n’étant reconnues que parce qu’elles sont connues par cœur…
Au fil du set, on reconnaît (ou non) quelques reprises, pas de Stooges ou de Suicide ce soir mais un peu de Leonard Cohen (normal), du Red Lorry Yellow Lorry (les connaisseurs apprécieront, perso j’ai quelques albums, mais pas ce titre !), et surtout une version pas exceptionnelle mais très étonnante du john i’m only dancing de Bowie version Ziggy S., chantée par l’un des deux guitaristes, et qui laisse assez pantois une bonne partie du public… Andrew, quand il sort de la fumée, a un jeu de scène ultra sobre, les seules variations concernent le port ou non de son cuir sur certains titres, et l’échange avec le public est nul, du moins jusqu’au dernier titre… Les titres s’enchaînent à vitesse grand V, c’est sans doute l’avantage de se caler sur les laptops, cela évite de se perdre en discussions oiseuses, et les spectateurs, appréciateurs mais pas déchaînés, semblent enchantés de la tournure des choses ! Si le set s’interrompt au bout de 65 minutes, c’est pour reprendre de plus belle après une très courte interruption, pour un rappel qui laisse pantelant, mais qui n’est qu’une fausse sortie puisque le second rappel est l’occasion de voir l’instrumental échappé des sixties (pipeline) sur lequel les deux guitaristes engagent l’un de leurs amis avec sa guitare en plastique souple pour imiter la chorégraphie des Chantays de l’époque, ce qui peut surprendre dans un concert assez sombre et peu propice à la blagounette !
Lorsque le temple of love s’est achevé, on a le droit à une question qui n’est pas si rituelle (“did you have fun tonight ?”), et c’est donc au bout d’une heure et demie bien remplie que les lumières se rallument, et qu’on commence à entendre des commentaires assez élogieux, ce qui n’était pas forcément le cas lors des deux précédentes apparitions du groupe à Paris : si le groupe décide de revenir, nul doute qu’une bonne partie des spectateurs de ce soir y retournera, tant cette prestation aura été réussie !
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

Capitaine Johnny 9.03.11 | 17:20
Eh bien pour une fois, moi qui ne connaissais que de nom les Sisters of Mercy, ce n’est pas le grand kiff musicalement parlant… enfin ça dépend : « Ribbons » n’est pas ma tasse de thé, « More » me plaît davantage ! En revanche, c’est toujours appréciable de bénéficier de la HQ, d’autant que les lights… Ah ouais !!! Mis à part sur « Train/Detonation Boulevard » où elles sont assez quelconques, sur les autres morceaux, tout de suite, ça légitime les 37 € ! En revanche, je suis d’accord avec toi : en ces temps de crise financière, qui peut encore se permettre de claquer 62 € au cours d’une seule soirée ? (How many readers of le HibOO are rich kids ? Thumbs up if you can afford ! ;-)))
Quelque peu déçu également d’apprendre la localisation du Trianon ! Vu que je n’y suis jamais allé, je croyais, sans doute en raison de sa connotation Versaillaise, qu’il était situé dans les beaux quartiers, genre le 8°… et non sur un boulevard que je n’ose même plus arpenter tout seul ! Quoiqu’il en soit, si les lights sont aussi belles ce soir et demain pour The Do, ça nous promet un HibOO d’Scène de haute volée… :)
matttbrrr 10.03.11 | 09:10
vu le public, les Sisters ne sont pas vraiment un truc de jeunes, ou bien ils n’ont pas pu venir à cause des tarifs pratiqués ??
en revanche, je n’ai jamais eu de problème sur le boulevard… une mauvaise expérience à raconter, Capitaine ?
Capitaine Johnny 10.03.11 | 14:19
Ah yes ! Donc en fait, j’en conclus que c’est plutôt bon signe, si j’accroche inégalement sur le son des Sisters ;-)
Pour ce qui est de la fameuse expérience… Alors c’était p’têtre pas exactement sur le Boulevard de Rochechouart, mais juste dans son prolongement, sur l’Avenue de Clichy… bref, en allant de la Mairie du XVIII° vers le Backstage O’Sullivan, qui était ma destination finale, le 17 juin 2009 vers 20h30 (en plein jour, donc) : bah j’ai eu un petit peu de mal à rejoindre la salle désirée, tant certains auraient voulu que je m’arrête avant… Rue Saint-Denis style ;-) J’imagine que ça doit être un petit peu pareil tous les jours, non ?
Nico 18.03.11 | 12:29
J’étais au concert du Zénith mais pas à celui du Bataclan. Le Zénith m’avait bp déçu mais je dois dire que le concert du Trianon a remis les choses à leur place. Les SIsters n’ont plus rien à voir avec l’époque First & Last… mais ça me va bien. Je n’ai rien contre cette évolution. La set list était bien foutue (quoique les reprises, je m’en serais bien passées mais aucune importance au final). Je suis heureux d’avoir vu Andrew (bien amaigri car en fin de tournée, et en bout de course niveau drug abuse I guess…). Bon moment, donc. Et je m’en tape d’avoir payé 37€ pour le ticket. Vous avez remarqué que Daniel Darc faisait partie de la foule (autour du bar en début de soirée en tout cas) –> ça m’a fait bien plaisir de le voir aussi, celui-là. A+. Nico