HibOO d’Live : The Dø

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The Do
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Même « euphémisme » ne serait pas le terme adéquat pour dire à quel point j’attendais ce moment. A vue de nez, 3 ans. J’avais eu la chance de connaître et sympathiser avec Dan et Olivia juste avant le succès explosif de leur premier merveilleux rejeton, A Mouthful. Le HibOO les suit depuis quasiment leurs débuts (cf historique) et il s’agit, à l’instar de Cocoon, Moriarty ou AaRON, des premiers groupes qui m’ont vraiment permis de trouver ma voie en me laissant le plus souvent possible carte blanche lorque je couvrais leurs lives. Je n’avais pas revu le binôme depuis Le Paleo Festival édition 2008, et les titres donnés au compte-goutte du prochain album (Both Ways Open Jaws) via différents teasers réalisés par Frank Seiler avaient attisé toute ma curiosité : en effet, là où beaucoup de groupes, pour un deuxième album, se contentent de réexplorer de manière plus approfondie (ou carrément le contraire) le succès du premier album, The Dø est allé chercher très loin d’autres sons, d’autres couleurs, d’autres arrangements. Les harmonies sont plus sophistiquées, les structures des morceaux parfois déroutantes, et ça part dans tous les sens : tel un véritable laboratoire de chimiste fou, le duo s’est totalement libéré des éventuelles contraintes qui pouvaient les habiter, et le résultat est bluffant. Qu’il s’agisse de la voix merveilleuse d’Olivia, qui a gagné en tessiture, en précision et en volupté, ou encore des arrangements ultra fouillés cotoyant sans heurts les passages les plus minimalistes, le second volet des aventures du couple qui s’est formé en 2005 est une réussite totale.

En revanche, la lecture – et donc l’écoute – des morceaux est moins facile à appréhender que ceux issus de A Mouthful : peu de titres sonnent directement comme des tubes comme ce fut le cas de At Last, on My Shoulders encore The Bridge is broken. Non, ici il faut écouter à plusieurs reprises, les sutbtilités sont trop nombreuses, les compositions trop variées pour réussir à apprécier à sa juste valeur l’énorme travail réalisé. Toutefois, il existe quelques masterpieces qui peuvent, dès la première écoute, faire en sorte que l’on tombe immédiatement sous le charme. Parmi ces chansons, la merveilleuse et planante Dust it Off, ou le chromatique Gonna Be Sick sont à l’honneur. Sans rien demander, j’ai eu de la chance que le groupe interprète ces dits titres.

Etant revenu dans la foulée des Etats-Unis, je n’ai pas pris la peine de vérifier l’état de mes objectifs, et je me suis rendu compte bien trop tard, après avoir saisi l’essence de Gonna Be Sick, que mon stabilisateur était désactivé … pas de chance, d’autant plus dommage que le son est juste hallucinant, et The Dø oblige, la version proposée en live comporte une myriade de différences avec la version studio (pour ceux qui n’auraient jamais vu Dan et Olivia sur scène, sachez que TRES rarement, ils interprètent entre deux concerts la même version de leurs chansons).

Reste alors l’onirique Dust it Off. Rien de tel, en guise de décor, que les énormes poissons du Cine Aqua dansant un ballet majestueux et coordonné sur les arpèges aériennes … on est ailleurs. Je suis ailleurs. Olivia est médusée par la chorégraphie aquatique … ce titre est un véritable joyau, l’un des plus impressionnants vocalement du répertoire. Et comme tu le constateras, elle sort les notes comme nous parlons, avec une facilité déconcertante, une justesse sans faille, une interprétation qui impose le silence absolu.

The Do : Dust it Off

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Au passage, tout comme AaRON ou Cocoon, The Dø originellement conçu comme un duo est désormais accompagné de musiciens. Il sont désormais six sur scène, ils n’étaient que quatre en ce 28 février. Welcome à Bastien, guitariste de son état, et la charmante Marielle délicieusement coiffée d’un bonnet huski.

La tournée du groupe est annoncée comme sold out quasiment partout, et si je peux te donner un conseil : The Dø est l’exemple type de formations à voir en live. Ils sont beaucoup trop nombreux dans leur tête pour se contenter de jouer mécaniquement une version album, leur goût pour l’expérimentation, qu’il s’agisse de sonorités, d’harmonies ou encore d’orchestration prenant le dessus systématiquement … la pause idéale entre chaque concert étant d’un mois, histoire de bien digérer avant de redéguster des versions inédites des chansons.

» www.thedo.info

publié par Rod le 02.03.11

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Trackbacks/Pingbacks

  1. 2.03.2011 | HibOO d’Live : The Dø “Dust it Off”

6 commentaires

  1. Je confirmes tout :) Et à ne pas rater en live, vraiment

  2. Les poissons semblent avoir aimés… Moi aussi :)

  3. +1 ;-)

    Sans aucun doute ton 2° + beau HibOO d’Live made in 2011… enfin pour l’instant !

    Et si les poissons semblent avoir aimé, ce n’est sans doute pas totalement innocent… Je ne parviens pas à discerner si c’est un jeu de scène avec son téléphone portable, de 3:30 à la fin, ou si Olivia communique réellement avec les poissons, ou tout du moins tente d’orienter leur ballet, au moyen d’un générateur à ultrasons prêté aux visiteurs de l’aquarium pour réaliser des expériences ?

    Quoiqu’il en soit, je suis donc triplement médusé de mon côté, par la chorégraphie aquatique, par la dimension live de cette chanson, et… par Olivia elle-même, sachant que tu peux transposer les termes « charmante » et « délicieusement » à sa tenue vestimentaire en ce lundi 28 février, tandis que l’on distingue peu Marielle sous son bonnet husky (son charme était davantage perceptible ce week-end, sur les clichés de Nicolas :) !!

    Bien que ce ne soit dorénavant pas facile, je vais tâcher de suivre ton conseil pour ce qui est des concerts, n’ayant jamais vu The Do en live… tout en les ayant paradoxalement découverts en live quand même, puisque leur concert au pied de la Grande Bibliothèque fut retransmis sur le Mouv’, le 21 juin 2007 !

  4. Un pur moment de grace ! L’idée de cette gigantesque baie marine est juste géniale avec les flous de premier et deuxième plan ca participe grandement à la réussite de ce moment spécial. Encore bravo !

  5. C’est comique ce que tu dis sur le live, il y a certains artistes qui se trouvent justement limité par le live et construisent leurs albums en fonction de ce qu’il est possible de faire en live. Une fois qu’ils dépassent cette difficulté et se lâchent pour leur CD, ils arrivent à faire des disques différents et qui apportent vraiment autre chose qu’une copie sage du live, et je trouve ça bien. Mais bon, je suppose que cela dépend de l’artiste… En l’occurence, je parlais de Nicolas Fraissinet – http://www.youtube.com/watch?v=v2sQBgVN2jU&feature=channel_video_title

    Concernant Th Do, j’ai pas encore écouté l’album et je les vois en live à Bruxelles courant avril, j’ai un bon présentiment pour les deux!

  6. J’ai rencontré complètement par hasard Dan et Olivia à l’aéroport de Zurich ou j’étais en transit. Je lai ait félicité pour leur musique et je leur ai serré la main. On a parlé ton tournage et de l’effet que m’avait fait la vidéo de celui-ci.

    Apparemment ils étaient tous deux très heureux de cette session encore bravo à toi