[Legendary Tigerman] you’re too much ! à la Maroquinerie

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Mercredi soir pluvieux, rien d’intéressant à la télé, ceci explique sans doute que la Maroquinerie soit bondée pour cette 4ème “Nuit de l’alligator”, festival annuel orienté Blues dans toutes ses composantes, avec un public pour le moins disparate, tant au niveau des âges que des looks, on en soupçonne même certains de n’être venus là que pour papoter très fort ou fumer à l’intérieur de la salle pendant les concerts, ce qui occasionnera ponctuellement quelques tensions entre spectateurs…

  • Date : 23.02.11
  • Adresse : 23 Rue Boyer 75020 PARIS
  • Téléphone : 01.40.33.35.05
  • Web : www.lamaroquinerie.fr

Jake La Botz (www.myspace.com/jakelabotz)

C’est avec une version très classique du blues, limite folk, que la soirée est entamée, puisque l’américain Jake La Botz, seul avec sa guitare, officie dans un style “Blues / Garage / Musique Roots” pas désagréable, mais sans vraiment beaucoup de surprises, on retrouve même en fin de set des intonations nasillardes qui peuvent évoquer Bob Dylan… Le public apprécie sans enthousiasme superflu, il ne s’agit que de (ré)-chauffer la salle, et le bonhomme semble avoir suffisamment de bouteille pour ne pas se formaliser d’un accueil poli mais pas débordant pour cette grosse demi-heure sympathique, qui donne envie d’entendre… la suite de la programmation !

Bloodshot Bill (www.myspace.com/bloodshotbill)

Car la deuxième version du blues qui nous est offerte est bien plus pêchue, puisque si Bloodshot Bill est toujours seul sur scène, il accompagne sa guitare d’une mini-batterie pour proposer son “Autre / Big Beat / Rockabilly” que l’on pourrait aisément réduire à la troisième partie de la définition, si le bonhomme n’agrémentait ses titres de bruits de bouche (et de nez ?) divers et très variés, qui donnent un petit (tout petit, quand même) air d’Hasil Adkins aux morceaux proposés, qui s’enchaînent à toute vitesse, mais qui permettent tout de même aux spectateurs de participer, ce qu’ils s’empressent de faire avec enthousiasme ! On peut bien évidemment trouver que le jeu de scène est assez monotone, ou que certaines parties vocales frisent l’irritation auditive, notre Canadien du soir réussit une très belle performance, en 35 minutes bien tassées sans aucun temps mort, et comme il est aisé de l’aborder après sa prestation, on n’est pas loin de lui accorder le label “Révélation de l’année” (qui ne fait que commencer…) !

The Legendary Tigerman (www.myspace.com/thelegendarytigerman)

A priori, l’essentiel du public est venu pour la prestation de The Legendary Tigerman, et on peut penser que le dernier album en date du Portugais n’est pas pour rien dans cet engouement. Le “Autre / Blues / Rock” qui nous est offert peut sembler s’être légèrement assagi avec cet album “Femina” de duos mixtes, on va tout de même retrouver au fil des morceaux ce côté blues sale qui traînait du côté du bayou ou du Gun Club il n’y a pas si longtemps, même si la posture adoptée pour compenser les absences féminines lors des duos peut surprendre : d’entrée de jeu, sur le life ain’t enough for you, c’est une Asia Argento en vidéo que l’on retrouve derrière le chanteur-guitariste, et si tout est bien calé, certains trouvent que cela manque de spontanéité… Mais cette impression va rapidement disparaître, d’abord parce que la vidéo fait des siennes, abandonnant le Paulo seul derrière sa guitare et sa batterie, ensuite parce que justement tout est bien calé, et que l’interaction avec le public, si elle n’est pas permanente, reste assez effective, et l’abord froid du début de set va assez rapidement s’envoler. Il faut dire que le bonhomme sait y faire, seul avec son alternance entre ses micros, ou (bien) accompagné, puisque nous avons le plaisir d’avoir deux invitées : Claudia Efe (robe style marinière) et Rita Redshoes (combinaison bleue style Cosmos 99) auront deux titres chacune pour donner un peu de douceur (quoique…), et rappeler que le principe du duo est d’être deux… Bien sûr, la vidéo de Liza Kekkaula en arrière-fond (la vidéo a parfois consenti à fonctionner), pour the saddest thing to say reste impressionnante, d’autant que sa voix reste bien mise en valeur, mais la présence physique semble indispensable ! A ce titre, la vidéo partiellement aperçue pour la reprise de these boots are made for walking, comportant des apparitions visuelles mais non vocales de Maria de Medeiros, est au moins aussi intéressante muette que si elle avait été sonore…

Globalement, notre héros (je cite ma voisine de concert) réussit tout de même assez parfaitement sa prestation de 50 minutes, en terminant sur deux titres imparables et plus anciens, avec du kazoo comme on les aime, qui permettent à chacun de s’en mettre plein les oreilles, et l’éventualité de revoir en avril le Tigerman avec les Bellrays au Bataclan fait plutôt rêver, non ? A tel point qu’on n’attendra même pas la tête d’affiche de la soirée pour partir, tant nous aurons eu notre content de bonnes choses…

publié par matttbrrr le 24.02.11

www.myspace.com/matttbrrr

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3 commentaires

  1. Eh bien comme souvent avec tes petites chroniques, Matt, une fois n’est pas coutume, ce soir c’est triple découverte… et triple bonne découverte ! Agathe the blues tonight, boy !!! Si si c’est vrai, je suis tout aussi séduit par chacune de ces 3 approches :

    - la + classique chez Jake La Botz, qui m’a également évoqué Johnny Cash, dans le titre « This Ain’t The Way I Came Up » : sans doute aussi parce que c’était spéciale Johnny Cash hier midi sur le Mouv’, sachant qu’il aurait fêté demain ses 79 ans !

    – la + bluffante avec Bloodshot Bill : et des bruits de bouche qui ne sont pas aussi significatifs dans la vidéo que tu as choisie, par rapport aux connexes, en particulier son live à To Be Scene, et celui du 01/10/06 ! Impressionné également par la séquence du festival, au cours de laquelle il reste imperturbable à côté de la danseuse jusqu’à 2:45… j’aurais eu beaucoup de mal à sa place !!!

    - et enfin, la + romantique chez notre ami Legendary Tigerman, avec une setlist riche de connotations particulièrement sensuelles : « Walking Downtown » qui fait penser aux lyrics et au clip de « Take it off » de Ke$ha, « Light Me Up Twice » qui rien que par ce titre, appellerait à un duo alternatif avec Taylor Momsen, « These boots are made for walking » bien entendu (en lisant un peu vite ton texte au départ, j’ai cru que sur ce titre, Elli Medeiros avait même été de la partie :), et puis « Big Black Boat » qui est un petit peu son pendant, faisant écho aux « big black boots » de « Are you gonna be my girl ? » By the way, le patronyme de Rita Redshoes n’est pas sans m’évoquer non plus l’une de mes premières connaissances Spacéennes aux bottes rouges… qui se reconnaîtra ;-)

    Effectivement, tout ceci donne envie d’aller au Bataclan en avril… fût-ce par procuration sur le HibOO ! Par contre, The Bellrays, ça n’a pas l’air d’être ta tasse de thé ? Eh bien figure-toi que j’étais comme toi en 2008… et puis le 22 janvier, DJ Zebra nous a passé « Sun Comes Down », extrait de leur tout nouvel album, et là j’ai plutôt super bien accroché ! Comme quoi, cette citation de Grand Papa HibOO, « y a que les imbéciles qui changent pas d’avis », n’est décidément pas prête de tomber en désuétude !!

    Et comme ce n’est pas tous les jours que nous avons l’occasion sur ce site de découvrir du son Portugais, petit proverbe Cristolien pour la route : « Si t’es Portugal, tu portes la queue de cheval » !!!

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    • eh bien, ça c’est du commentaire, au moins aussi long que le report ! ;-)
      je suis content de t’avoir fait découvrir des choses intéressantes… mais où as-tu lu que les Bellrays ne sont pas ma tasse de thé ? je les ai vus 7 fois en 5 ans, et mon masochisme étant très limité, c’est que je dois bien les aimer !

      en guise de nouvelle ouverture, il y a aussi l’autre groupe du Legendary Tigerman, Wraygunn, dont j’attends/espère avec impatience le redémarrage…

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      • Tout simplement dans ta dernière phrase… y = 1/x : Capitaine Johnny ne le comprit pas, c’était une hyperbole, pour souligner toute la portée du talent de Legendary Tigerman ! Enfin si, il y pensa, mais au final, il l’interpréta au regard de sa propre pensée… ;-)

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