Mathieu Boogaerts : Mercredi à la Java
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Tracklist
- intro
- come to me
- L'espace
- fais gaffe
- attention
- corrine
- chape de bêton
- Dommage
- Jambe
- Le ciment
- All I wanna do
- Bel et bien là
- Appeler les pompiers
- Bandit
- Siliguri
- C'est lundi
Minimaliste, c’est un mot qui revient souvent pour décrire la musique de Mathieu Boogaerts. Mais chez lui cela ne cache pas une pauvreté, mais une grande richesse. Grâce aux contraintes que ce dernier s’impose, naissent des projets originaux, et une créativité maximale, avec toujours un souci maladif de précision. Preuve nous en est donné par cet album live, tiré des concerts qu’il a donnés en duo avec le bassiste Zaf Zapha à la Java (à Paris), presque tous les mecredi, pendant un an.
Les disques lives cherchent souvent à nous en mettre plein la vue, il s’agit de « capter l’énergie du groupe », ils sont souvent enregistrés dans la salle la plus grande, ou la plus prestigieuse de la tournée, voire dans les festivals où les cris du public se font plus nombreux, et font frissonner les musiciens quand ils ré-écoutent leurs performances. Ce sont rarement les meilleurs concerts, rarement ceux qui disposent d’un meilleur son, mais souvent ceux choisis par les maisons de disques. Avec ce live à la Java (salle qui contient environ 200 personnes bien serrées), Boogaerts, qui a aussi joué récemment dans de grandes salles avec quatres musiciens, a fait le choix opposé : comme pour son dvd tiré des concerts au lavoir moderne, ou son live au studio ferber de 1999, il a choisi l’intimité de la petite salle, la proximité du public, dont on peut presque entendre les commentaires, et pas mal de rires.
La nouveauté c’est peut-être un spectacle moins écrit, moins préparé que les précédents, qui s’est construit au fur et à mesure du temps (les dates se rajoutaient de semaines en semaines) autour de la superbe complicité entre deux musiciens qui se donnaient des libertés. Comme je l’ai décrit dans un précédent papier, (où je rendais compte d’une de ces dates à la java), l’interêt de la formule tient en particulier aux nouvelles versions sans batterie des morceaux du dernier album (I love you), que Boogaerts avait pourtant composé à partir de rythmes, et d’un travail sur la batterie. Ici, ce sont les silences tiennent lieu de batterie, et le choix de la basse (dont Zaf Zapha est un brillantissime joueur) et de la guitare electrique, (dont mathieu, grâce son jeu aux doigts inimitable, tire des merveilles) permettent tout de même aux deux acolytes de faire groover tout ça ( » attention », « bandit »). Si quelques très belles « chansons douces » y figurent (« l’espace », « dommage ») ce live est, malgré son côté intimiste, tout sauf ennuyeux et mou. Seul « inédit », la reprise de l’unique tube de Jessie Garon, morceau rockabilly fétiche de Boogaerts…
Un achat « indispensable pour les fans », comme on dit, et surtout une belle façon de re-découvrir l’univers et l’énergie de Mathieu Boogaerts.
Pour acheter ou télécharger le disque : c’est ici chez Tôt ou Tard
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

Nicolas L 1.12.10 | 11:16
Désolé mais je suis pas du tout d’accord avec cette chronique. J’ai trouvé ce disque dur à entendre, mal mixé, fouillis.
Pourtant j’adore les albums studios de MB et je l’avais vu avec bcp de plaisir au Lavoir moderne.
Sans doute faut il avoir vu le spectacle pour apprécier ce disque car vraiment le son dessert les chansons. Le bassiste braille plus qu’il ne chante, on entend rire le public sans savoir pourquoi (gags visuels sans doute), et la plupart des chansons sont dépréciées par le son.
je vais publier une chronique dans etat-critique à ce sujet. Bye
la fleur musique 1.12.10 | 11:35
je comprends ton point de vue, (il est vrai j’ai vu deux fois le concert) et il est vrai que le son n’est pas terrible, au sens où n’est pas clean, mais les défauts que l’on entend (les sifflantes dans la voix de mathieu surtout) ,étaient exactement ce qu’on entendait à la java… et c’est précisément ce que qui me plait, un vrai live, sans overdub, même pas mixé je pense… un objet à part donc, et je suis certain que c’est totalement reflechi de la part de boogaerts… c’était le sens de ma petite intro, il y a tellement de disque live où les morceaux sont remixés, édités (c’est à dire qu’on découpe et recoupe sur pro tools), overdubé (on refait le solo de guitare pour supprimer les pains) etc. De même les concerts qui ou ça joue « comme sur le disque », ne m’interessent pas trop… bref, ce sont précisement tout ces défauts qui me plaisent, c’est le côté punk de boogaerts…