[Grinderman] let’s fly to mars à la Cité de la Musique
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C’est mardi soir, en pleines vacances scolaires, et pourtant il y a bien longtemps que l’on ne trouve plus de places pour la soirée prévue à la Cité de la Musique, où se retrouvent le ban et l’arrière-ban d’une bonne frange de la population rock française, avec certains venus de très loin pour assister à cet événement qui promet beaucoup…
- Date : 26.10.10
- Adresse : 221 avenue Jean Jaurès 75019 PARIS
- Téléphone : 01.44.84.44.84
- Web : www.cite-musique.fr
Anna Calvi (www.myspace.com/annacalvi)
Difficile d’être exhaustif au sujet de la prestation de Anna Calvi, une Anglaise maniant habilement la guitare, qui loin de nous proposer un improbable “Flamenco”, œuvre avec ses deux comparses (un batteur et une multi-instrumentiste qui se dépense bien derrière son harmonium, sa guitare et ses percussions…) dans un genre qui se rapprocherait nettement de PJ Harvey dans ses meilleurs moments (les plus anciens, selon moi), mais avec un côté un peu plus propre, moins barré si on peut dire…
Pour être franc, les trois titres auxquels j’assiste se laissent écouter, mais voulant anticiper la foule au bar, je quitte subrepticement la salle pour aller faire le pied de grue devant un barman dépassé par la foule assoiffée qui se presse devant sa tireuse asséchée… On pourra quand même retenter l’aventure avec la donzelle, dans d’autres conditions, cela restait d’un assez bon niveau !
Grinderman (www.myspace.com/grinderman)
Difficile d’échapper à la comparaison avec les Bad Seeds de Nick Cave lorsque Grinderman arrive sur scène, puisque outre le ténébreux chanteur australien, on retrouve à ses côtés rien moins que trois de ses partenaires de jeu habituels ! L’ancien membre des Triffids, Martyn P. Casey, à la barbe raisonnable, demeure un bassiste dans la lignée des plus stoïques, tandis que Jim Sclavunos, qui a joué avec bon nombre de géants (Cramps, Sonic Youth, Lydia Lunch, entre autres), officie derrière sa barbe bien longue aux fûts, avec une maestria bien gérée, entre douceur et furie lorsqu’il le faut… Le troisième larron, un Warren Ellis à la barbe encore plus étonnante et qui flirtera souvent avec la transe, alterne entre son violon fétiche (ceux qui ont déjà assisté à un concert des Dirty Three savent de quoi je veux parler), des guitares qui paraissent minuscules entre ses mains, et des percussions jouées de manière nettement virulente, semblant tenter d’assommer ses cymbales avec ses maracas, par exemple…
Si on ajoute un Nick Cave glabre, dont l’allure générale ne laisse pas deviner sa cinquantaine, qui empoigne régulièrement sa guitare, et assure le chant et la présence au devant de la scène, la notion de musique “Autre” n’est pas usurpée : dans la carrière du chanteur, on se rapproche plus de la période Birthday Party que des dernières années (bien plus calmes), et le garage-rock asséné est d’une efficacité étonnante ! Les deux albums du groupe sont passés à la moulinette, rares étant les titres omis ce soir…
La première partie du set est plutôt consacrée au dernier opus en date, avec au hasard des versions grandioses de heathen child ou worm tamer, et si le public est évidemment conquis, on sent que tout le monde ne maîtrise pas encore ce numéro deux sur le bout des doigts…
Mais l’ambiance est pourtant bien chaude, avec l’insertion d’énormes titres issus du premier album, tels ce get it on ou le no pussy blues qui vous assurent des vibrations tout au long du corps, et que dire du honey bee qui ne dénature pas l’impression laissée ? Pourtant, la saturation n’est pas présente en permanence, on trouve bien quelques (rares) titres plus calmes, qui permettent de recharger les accus, même si parfois le calme ne fait que précéder la tempête auditive, et au bout de 55 minutes le groupe quitte la scène, au grand désespoir des spectateurs, qui craignent la mauvaise surprise… Qu’on se rassure, les 4 reviennent assez vite sur scène, pour un “rappel” de quatre titres (et une demi-heure !), tous tirés du premier album si je ne m’abuse, et qui voient en guise de cerise un love bomb très efficace, quoique légèrement en deçà de la version studio…
Mais comment qualifier ce grinderman final, où la tension monte au fur et à mesure que le morceau avance, et qui s’achève en laissant tout le public pantelant, définitivement scotché par une performance qui restera dans les annales ? Sans jamais tomber dans l’autosatisfaction ni la facilité, mais en restant toujours humain, le groupe a démontré ce soir que l’investissement financier valait le coup (40 euros la place, ça fait quand même une somme…), et on se dit que l’âge fait du bien aux Australiens… Vivement la prochaine !
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