[Young Marble Giants] radio silents à Villette Sonique

La salle Charlie Parker de la Grande Halle de la Villette a quasiment fait le plein, en ce mardi soir, pour la deuxième journée du festival Villette Sonique, et si certaines règles peuvent surprendre (interdiction de boire assis, spectateurs debout apparemment bloqués dès lors qu’un concert commence…), on ne se plaindra jamais du son, totalement nickel, et le fait d’être assis en gradins s’avèrera finalement plus un confort qu’une gêne.

  • Date : 01.06.10
  • Adresse : Parc de la Villette 211 avenue Jean Jaurès 75019 PARIS
  • Téléphone : 01.40.03.75.75
  • Web : www.villette.com/fr

Arto Lindsay (www.myspace.com/artolindsay)

Il fut l’un des créateurs du mouvement no-wave à New-York à la fin des années 70, désormais Arto Lindsay se contente de se faire plaisir sur scène, avec un groupe que je qualifierai de requins derrière lui, ou plutôt en accompagnant ledit groupe. L’essentiel de la musique est de fait jouée par ses quatre compagnons, qui entre batterie, percussions, basse et clavier/piano (un Steinway, SVP !), assurent des tempos jazzy, entre soul et bossa nova, mais évoluant également dans un bon nombre de genres latinos, qui peuvent être considérés comme bien faits, mais ne me remuent pas vraiment plus que cela !

Et l’Arto, me direz-vous ? Eh bien, tranquillement, il chante d’une voix très douce, en alternant l’anglais et le brésilien, et de temps à autres distord les sons issus de sa guitare à 12 cordes, ce qui est étonnant la première fois mais finit par être éculé dès le quatrième ou cinquième titre.

Résultat, si le « Jazz / Pop / Rock » n’est pas désagréable, il n’empêche pas vraiment de piquer du nez en cas de fatigue, et on en apprécie d’autant plus le confort des sièges : c’est gentillet, mais loin d’être révolutionnaire, on se dit que les visionnaires d’une époque finissent aussi par se ranger des voitures, et mènent une fin de vie bien pépère.

Young Marble Giants (www.myspace.com/youngmarblegiants)

Visiblement, le public est beaucoup plus impatient d’assister à la prestation des Young Marble Giants, groupe mythique s’il en est, puisque le trio se forma en 1978 pour s’éteindre 2 ans plus tard, et ce n’est qu’en 2006 qu’une reformation (éphémère) fut envisagée, puis poursuivie au vu des excellents retours (des) publics. Ce soir, on retrouve donc Alison Statton au chant, les deux Moxham (Stuart à la basse, et Philip aux clavier et guitare) et Stuart. Moxham, le dernier petit frère, à la batterie électronique et boîte à rythmes, et c’est sur une scène très dénudée que le quatuor se retrouve, conforme au minimalisme que le groupe a toujours revendiqué et appliqué dans sa musique « Autre« . Débutant avec un NITA encore légèrement hésitant, le set est composé au départ de titres avec Stuart au clavier, parfois très Bontempi-style, et Alison reste sagement derrière son micro, l’essentiel des interventions, dans un mélange de français et d’anglais assez ardu à comprendre (ils sont Gallois.), reste l’apanage de Stuart, qui semble plutôt à l’aise, tout comme Philip, dont on peut considérer que la musique du groupe repose sur les épaules (et surtout la basse.).

Ce soir, il ne faut pas s’attendre à une quelconque surprise, il n’y aura pas de nouveaux titres, mais qu’importe, les classiques du groupe sont très bien exécutés, avec peu de variations par rapport aux versions originales, mais sans tourner non plus au copier/coller, et le quatuor (on n’oublie pas le batteur, pourtant bien caché derrière les autres) nous offre une prestation qui est de plus en plus enthousiasmante au fur et à mesure du déroulement du set. Il peut arriver qu’on sente la voix d’Alison légèrement faiblir, comme sur final day par exemple, mais cela permet de constater qu’on assiste justement à un concert vivant et non à une régurgitation automatique d’enregistrements. On peut aussi constater que le public s’anime, dès lors que Stuart lâche son clavier pour sa guitare, et certains morceaux sont réellement enthousiasmants, de wurlitzer jukebox à brand-new-life, en passant par choci loni ou music for evenings

On en vient à regretter que le set se termine, car désormais toute la salle est scotchée devant la performance, et c’est avec soulagement que le public voit revenir le groupe, qui entame son rappel avec un instrumental, the taxi, avant le retour d’Alison. Deux autres titres pour clore le show, dont on retiendra encore pour la bonne bouche salad days, au hasard, et surtout les très efficaces searching for mr. right ou credit in the straight world, qui aura démontré que la musique peut également s’énerver !

Au bilan, je retiendrai avant tout le jeu de basse, qui porte littéralement le groupe, ce que je n’avais jamais tant ressenti à l’écoute des enregistrements, que je vais donc me précipiter de faire tourner en boucle dans mes oreillettes.

publié par matttbrrr le 02.06.10

www.myspace.com/matttbrrr

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