Saez au Zénith

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Qu’on adule ou qu’on déteste, Saez fait toujours réagir. J’accuse, son dernier opus en date, a attiré l’attention autour de la censure qu’il subit (ses affiches ont été interdites de publication dans le métro); mais il s’agit surtout d’un album de textes aiguisés et réalistes qui ne demandent qu’à exploser en live. C’est dans un zénith sold-out que l’expérience Saez s’est déroulé durant 3h!

C’est tout d’abord un mec énervé qu’on trouve sur scène, vêtu d’un jean troué et d’un simple tee shirt noir. Il crache son mécontentement sur une société en déclin. Le zénith plein à craquer ce soir acquiesce à ses mots coup-de-poing; rien d’étonnant car il chante ce qu’on nous cache ou ce qu’on refuse de voir (Non l’homme descend pas du singe, il descend plutôt du mouton). L’artiste a toujours trouvé des mots justes pour résumer l’état d’esprit de beaucoup de jeunes, qui aujourd’hui ont comme lui une petite trentaine. A chaque album pourtant son public gonfle. Ce soir ce dernier ne perd pas une occasion pour montrer sa fidélité et son respect; pas besoin d’attendre les titres connus pour se faire entendre. Chaque dénonciation est soutenue par la foule, le bras levé. Même lorsqu’on connait ses disques, c’est toujours une claque à chaque écoute. Pendant une bonne heure les trois guitaristes font saigner leur instrument sur une bonne partie du dernier album, tandis que les lumières assaillent la scène en rythme. Musicalement on frôle le hard rock avec de longues instrumentalisations qui chauffent la salle.

Après une micro-entracte, Damien Saez revient seul. Assis dans un fauteuil, éclairé par une seule lumière il entame une set d’acoustique. La salle est plongée dans un silence religieux, une flopée de briquets vient accentuer l’atmosphère céleste; je retiens mon souffle face à la beauté de l’instant. On se croirait à un autre concert tant l’ambiance est à l’opposé de ce qui vient de se passer. A ce moment-là plus rien n’existe, six mille personnes sont hypnotisées par sa voix si particulière qui résonne dans la salle.

Au long du concert on surprend Saez esquissant des sourires, bafouillant (faut dire que le débit est soutenu), taquinant son public. Il se sent bien là et nous remercie à maintes reprises. Peu fatigués par leurs divers sauts et slam, les parisiens insatiables (même les gradins étaient debout) en redemandent alors que les lumières se rallument. La salle gronde; le « mauvais garçon » revient une dernière fois et interprète seul deux magnifiques titres parmi ce qu’il appelle ses pleurnicheries. On ne pouvait pas imaginer une plus sublime fin à cette soirée.

» www.saezlive.net (une caverne de mp3, photo et vidéo des concerts)
» www.saez.mu

publié par zecharlie le 06.05.10

myspace.com/charli3adrienn3

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14 commentaires

  1. Ah ravi de voir que le 5 ce fut aussi bien que le 6, si ce n’est mieux :-)
    Je note que je suis dans la case « petite trentaine » ^^

    Et oui, ce site, saezenlive est une véritable caverne de trésor audio et video !

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  2. Bravo pour la série et merci Saez pour le moment toujours spécial même si j’aurais aimé plus de titres du triple album précédent .

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  3. Oh ben il sort un album à la fin de l’année normalement, il nous fera surement un autre passage très bientôt à Paris ^^

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  4. charlotte 7.05.10 | 17:20

    en attendant y’a un nouveau titre sur son site « ma petite couturière »

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  5. Yep, même qu’on y a eu droit nous aussi jeudi soir ;)

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  6. « (Saez) a toujours trouvé des mots justes pour résumer l’état d’esprit de beaucoup de jeunes. »

    J’aimerais te voir prendre le micro et déclarer ceci à l’occasion d’un meeting des jeunesses de l’UMP !

    Non vraiment, j’aimerais beaucoup voir cette scène… ;-)

    D’autant qu’un parti qui lutte contre l’insécurité devrait selon toute vraisemblance respecter le Hiboo, et ne pas l’agresser… au pire, on assisterait à un entartage de Chooette !!! (lol)

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    • charlotte 8.05.10 | 09:52

      je ne comprends pas ton allusion à l’UMP. Dans ma phrase j’ai voulu dire que beaucoup de gens se retrouvent dans les textes de Saez; ces même gens qui sont au bord de la société, qui ne veulent pas rentrer dans un système de classification etc.

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    • T’as un peu fumé non ? -_-

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      • Euh… non, mais par contre jeudi matin, pour me mettre en totale confiance avant mes partiels, j’ai pris un shoot composé de cocaïne en gélules !!!

        Trêve de plaisanteries, « les cons au pouvoir », c’est suffisamment explicite, non ? Et au cas où tu l’aurais oublié, Charlotte, comme beaucoup l’ont malheureusement oublié avec cette maudite crise économique de 2009, le pacte de ce quinquennat, lancé au soir du 6 mai 2007, c’était justement que « personne ne soit laissé sur le bord de la route » ;-)

        Après, j’sais pas trop ce que tu entends par « système de classification », si ça se réfère aux classes sociales… dans ce cas, je doute que le nivellement par le bas soit une bonne solution ! Alors que pendant ce temps, »les cons » essaient tant bien que mal de relever la nation avec les moyens du bord, en évitant qu’elle ne s’enlise dans la pauvreté (même si le contexte international de ces 2 dernières années n’aide pas, je suis bien d’accord :-)

        Et puis de toutes façons, je suis prêt à parier qu’il y a aussi un certain nombre de sympathisants de gauche qui peuvent pas non plus le blairer… ;-))

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