Rodrigo y Gabriela à l’Olympia
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L'Olympia
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Parce qu’il est bon de sortir de ses goûts musicaux et d’apprécier la musique pour ce qu’elle est, direction l’Olympia pour entendre Rodrigo y Gabriela, deux mexicains qui redonnent un souffle mondial au flamenco.
- Date : 10.04.10
- Adresse : 28 Boulevard des Capucines 75009 PARIS
- Web : www.olympiahall.com
Alex Skolnick Trio (www.alexskolnick.com)
C’est la première fois que les Américains viennent jouer à Paris, pourtant ce ne sont pas des novices. Guitariste de renom, Alex Skolnick a choisi de reprendre des classiques heavy à sa sauce, tout en composant ses propres musiques jazzy. Chaque titre s’inscrit dans un style bien précis (jazz, rock, métal, blues), trop précis qui fait que la prestation manque d’unité et ressemble plus à une démonstration de capacité. Pourtant le talent des trois musiciens est indéniable mais je ne trouve pas la brèche permettant d’apprécier. Dans son ensemble le public parisien semble aimer ; et avant de quitter la scène le trio balancera à tout vent des disques en guise de remerciements.
Rodrigo y Gabriela (www.rodgab.com)
Il a suffit de quelques photos et d’une écoute hasardeuse pour que je succombe au duo mexicain. Impossible de passer à côté de leur passage à Paris. Fort attendu par un public plutôt jeune, Rodrigo y Gabriela arrivent en terrain conquis dans un Olympia plein à craquer. Ils vont ainsi partager leur musique durant deux heures. Un grand moment où les guitares prennent vie dans leurs mains. Car c’est seulement avec deux guitares (Rodrigo à la guitare solo et Gabriela à la guitare rythmique) qu’ils nous emmènent en Amérique Latine à travers une musique possédante et ensoleillée. D’un commun accord le public participe au concert, et accompagne quasi chaque morceau de palmas; parfois il suit les demandes du guitariste qui scinde la salle selon différents rythmes. Je n’ai jamais vu un public aussi attentif, qui sait aussi bien se taire lorsque les guitares se font plus douces et mélancoliques ou exploser de bonheur avec la musique.
Manquant de connaissances en guitare je craignais l’ennui, mais c’était sans compter sur l’énergie du duo. Il ne cesse de parcourir la scène, sautant guitare à la main – surtout Gabriela – tandis que Rodrigo prend des poses de métalleux (qu’il a sans doute gardé de son ancien groupe Tierra Acida). Derrière eux est posé un écran, qui discrètement projettent des images mais surtout des plans sur les guitares. On peut alors admirer l’incroyable facilité de jeu des guitaristes. Le rappel est d’une puissance sans nom, les deux musiciens s’entraînent l’un et l’autre dans des impros, faisant gronder le mythique sol parisien. C’est à croire qu’ils viennent à peine d’entrer sur scène tant ils semblent frais. Pourtant le concert a été vif et il fallut réaccorder les guitares pas moins de six fois; le duo profite de ces moments pour souffler et prendre la parole, allant jusqu’à avoir un mot gentil pour leur fan club (dont des français sont à l’origine).
En milieu de concert nous découvrons le Trio Joubran . Venus à l’invitation du duo, ces trois frères palestiniens viennent jouer de l’oud (sorte de luth) puis partager un titre avec Rod y Gab. Ce n’est pas tout niveau guest puisque Alex (de la première partie) revient pour un morceau péchu. Le partage est essentiel et on comprend alors pourquoi les Mexicains affichent sold out sur la majorité de la tournée. Ils donnent tout ce qu’ils ont à travers les cordes, alors adeptes de flamenco ou non, il est impossible de ne rien ressentir à leur écoute; et puis cela fait du bien de se laisser porter par la musique sans chercher à comprendre le sens des paroles.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
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