[Stiff Little Fingers] nobody’s heroes à l’Elysée Montmartre
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Petite déception à l’ouverture des portes de l’Elysée Montmartre, juste au moment où la pluie commence à tomber : la capacité de la salle est limitée, une grande tenture restreint le public aux 2/3 de la fosse, ce qui signifie que la (belle) affiche n’a pas réussi à attirer autant de spectateurs qu’on aurait pu l’espérer.
- Date : 29.03.10
- Adresse : 72 boulevard de Rochechouart 75018 PARIS
- Téléphone : 01.44.92.45.47
- Web : www.elyseemontmartre.com
Louis Lingg and the Bombs (www.myspace.com/louislinggandthebombs)
C’est donc devant un public encore assez clairsemé que le concert commence, plus tôt que prévu par certains, puisqu’il n’est pas plus de 19h00 lorsque Louis Lingg & the Bombs arrive sur scène. Si la perspective de jouer (enfin !) sur une grande scène a perturbé les 6 membres du groupe, cela ne se ressent que très peu dans la salle, puisqu’on a comme toujours droit à un set déconcertant pour les non-initiés et jouissif pour les connaisseurs ! Flirtant toujours avec le désaccord sonore, Josh et ses comparses nous soumettent à une déflagration totalement incontrôlée de « Punk / Grunge / Pop Punk« , les regards parfois éperdus des divers musiciens le montrent, mais qui finit toujours peu ou prou par retomber sur ses pattes. La chanteuse ne cesse de sauter dans tous les sens, le batteur frappe comme un fou ses fûts, le guitariste au superbe t-shirt se la donne comme si le sort du monde en dépendait, heureusement le bassiste et la claviériste restent assez stoïques, et Josh, après quelques minutes d’appréhension, revient à son classique comportement de scène : avec plus d’effets que d’habitude sur sa guitare, il saute partout, harangue le public pendant les intermèdes, se plante au milieu d’un titre, et assume sans problème ses erreurs, et il ira jusqu’à envahir la fosse (seul, oui, mais avec tant d’activité qu’on l’imagine multiple !) l’espace de deux titres en fin de set !
On a droit à un mélange de titres récents (going nowhere fast) et de classiques qui prennent une sacrée ampleur dans ce lieu (zapatista, conspiracy, princesse mononoké), et à voir les bananes sur les visages alentour je ne suis pas le seul à prendre mon pied ! Et si le son général n’a pas été exceptionnel, l’énergie dépensée et le fun créé ont largement compensé les éventuelles déficiences d’un groupe qui continue à (se) faire énormément plaisir sur scène.
Whodunit (www.myspace.com/whodunittheband)
Challenge difficile donc pour les Whodunit, qui succèdent aux jeunes fougueux, et annoncent d’entrée qu’ils vont être sages et ne pas chercher à surenchérir. Pourtant, si le début du set souffre de la comparaison, le « Garage / Punk / Blues » des quatre membres du groupe reprend bientôt toute sa force, et si tout cela est bien plus carré que la première partie, cela n’en perd pas la moindre once d’énergie ni d’envie, le set est dense, parfois brutal, et la version du fire of love du Gun Club est à peine reconnaissable, tout en restant une excellente reprise ! Comme souvent, on se surprend à constater que le chanteur évite de regarder le public, fermant les yeux ou les levant très haut, ce qui doit lui permettre de bien se concentrer, et son chant est vraiment réussi, très particulier, et fait partie du son du groupe, qui au fil des années continue son chemin en enfilant les concerts et les enregistrements sans totalement cueillir les fruits de son travail de haute qualité.
On notera pour la fine bouche la deuxième reprise, finale celle-là, du she said des Cramps (pour les puristes, l’original est de Hasil Adkins.), qui prouve que le groupe, quoique « très sage » ce soir, n’hésite pas à aller vers des contrées maléfiques qui l’obligent à dépasser le quant-à-soi qui les caractérise sur scène. En bref, même si les musiciens eux-mêmes n’en semblaient pas vraiment convaincus, ils ont tout de même été brillants, une fois de plus !
Stiff Little Fingers (www.myspace.com/stifflittlefingers1977)
Le stress d’une éventuelle déception n’a pas vraiment le temps de s’installer lorsque l’instrumental go for it éteint les lumières et les conversations, et si c’est la première fois qu’on assiste à un concert des Stiff Little Fingers, les divers supports (audio et vidéo) qui accompagnent le groupe depuis plus de 30 ans permettent de ne pas être surpris par cette entrée sur scène assez classique finalement. Et d’entrée, après quelques mots marmonnés à vitesse V par un Jake Burns bedonnant, c’est wasted life qui entame les hostilités, et on aura ainsi droit à un « Punk / Pop Punk » hyper efficace, qui propose ponctuellement des choses récentes (l’hommage strummerville incluant une partie de clash city rockers ou l’encore inédit liars club, en hommage à Blair et Bush), mais le set s’appuie essentiellement sur les anciens morceaux, ceux qui mettent le public en transe. Il y a les titres de « now then », comme bits of kids et listen (l’occasion de jouer au supporter de foot avec les hohohohohohoho en choeur), et surtout 5 titres des trois premiers albums, comme quoi cette tournée est vraiment là pour faire plaisir aux fans ! L’album « go for it » est fort bien représenté par un excellent roots radicals rockers & reggae (adapté de Bunny Wailer) qui fait bien danser la foule, mais hits & misses, just fade away ou silver lining sont loin de faire pâle figure… On constate que la voix de Jake est toujours (presque trop ?) parfaite, que le bassiste original Ali McMordie est impressionnant (physiquement, musicalement, scéniquement…) après son retour il y a 4 ans, que le guitariste Ian McCallum fait quelque peu malingre mais ne laisse pas sa part aux chiens, et que le batteur Steve Grantley est métronomique au possible, et d’une efficacité remarquable !
Mais les spectateurs sont surtout venus pour (ré) entendre les classiques des classiques des deux premiers albums des Nord-Irlandais, et on ne trouvera pas beaucoup de déçus à ce niveau… Car si at the edge ou nobody’s hero (de l’album éponyme) sont très bien accueillis, tout comme wait & see d’ailleurs, la reprise du doesn’t make it allright des Specials reste une tuerie, tin soldiers permet de se déchaîner contre l’absurdité militaire, et on n’a pas encore abordé « inflammable material »… Avec barbed wire love (« la chose la plus proche d’une chanson d’amour qu’on ait jamais écrite »), la barre est placée très haute. Avec suspect device, le pogo est enflammé, on y voit même des morceaux de Josh…
Quant au rappel final, la succession johnny was (reprise de Bob Marley) / alternative ulster, si elle est classique, incontournable, attendue, espérée, elle est dans tous les cas énorme, et permet de clore le concert avec un ouf de soulagement : si les premières parties ont vraiment assuré, la tête d’affiche n’a pas failli, 18 ans après sa dernière prestation parisienne, et cette soirée laissera un souvenir impérissable à pas mal de monde !
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

Capitaine Johnny 5.04.10 | 14:41
« Bits of Kids », en Français les (i)Boox d’GOS : les connexions se poursuivent…
N’empêche, ça fait peur, ce titre : parce que les Stiff Little Fingers, qui officient vraisemblablement depuis 33 ans, alors que j’ignorais totalement leur existence jusqu’à ce dimanche, en fait, c’est des méchants cannibales qui découpent les enfants en morceaux ;-)
Trêve de plaisanteries… j’ai été passablement déçu par les 2 premiers tiers de ce billet, étant donné que parfois, mieux vaudrait pas d’illustration vidéo du tout… Je m’explique : bon, sur celle des Whodunit, le son est top, rien à redire sur ce point. En revanche, sur la première, qui soit dit en passant, s’arrête au bout de 2:19 alors qu’elle est initialement prévue pour durer 2:57, ça sature pas mal, et puis la qualité d’image… pauvre comme tout au niveau lights (ce qui n’a rien d’étonnant, vu le contexte sur lequel je vais revenir)… rien qu’en fixe, elle incite vraiment pas au visionnage ! Bref, la différence est flagrante entre celle des SLF, tournée dans une grande salle (à Cardiff visiblement), très pro, et tout (d’autant que je la prends comme une dédicace, parce que « Johnny était »… ce qu’il n’est plus, c’est un petit peu ce que même des jeunes de Neuilly-Plaisance m’ont fait comprendre dernièrement, à savoir que j’étais moi aussi « un daron », un « jeune à la retraite » :-) et celle de Louis Lingg & the Bombs : j’ai envie de dire que présenter des vidéos provenant de la Miroiterie sur le Hiboo, c’est un petit peu comme proposer du pain de mie américain dans un restaurant 3 étoiles… enfin, c’est une opinion tout à fait personnelle ;-)
Toujours est-il que j’ai eu l’occasion de discuter avec un métalleux l’année dernière dans un Noctilien, il me parlait justement d’une affiche qui allait avoir lieu à la Miroiterie, en ayant tout de même l’obligeance de me prévenir que cette salle frôlait les limites de la légalité, sachant que la police pouvait intervenir à tout moment pour faire cesser la soirée (et j’ai justement croisé par la suite sur MySpace des notifications d’annulation de concerts qui devaient s’y tenir)…
Quoiqu’il en soit, je dispose à présent d’une arme quantitative qui s’appelle le likage des articles : je n’y pensais pas toujours au début, mais maintenant je l’utilise systématiquement, et en l’occurrence, je rendrai mon verdict mercredi… Ce serait tout de même dommage que le compteur reste bloqué à zéro parce que j’ai juste kiffé entre 33 et 66 % de l’article (en fait, la rédaction du report, la vidéo 3 et à moitié la vidéo 2, dont le cadre ne fait pas vraiment rêver non plus, même si le son est très bon)… alors que les Stiff Little Fingers resteront tout de même la bonne découverte du week-end !
matttbrrr 6.04.10 | 11:08
alors le côté visuel, c’est un problème récurrent pour moi du côté du Hiboo, car comme je ne fais ni photos, ni vidéos, je pioche sur youtube au moment où je mets mon CR sur le site… et comme il est souvent tard (je fais essentiellement les CR en rentrant du concert…), je ne prends pas vraiment beaucouop de temps pour optimiser mes choix, qui sont d’ailleurs parfois limités en nombre !
donc cela doit effectivement changer de la qualité habituelle des vidéos du site, mais il faut dire que je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de CR de concerts punks ou autres musiques non formatées, et ça doit faire un peu tache… ;-)
Capitaine Johnny 6.04.10 | 23:22
En effet :) Enfin en l’occurrence, tu l’as rédigé le mardi soir ce CR-ci, alors que le concert avait lieu le lundi ! Et quand je pense que tu as su nous proposer une séquence de qualité des Clementine Pop Music au lendemain matin de leur première partie des Dodoz, précisément tournée la veille, je me dis que c’est un petit peu dommage que l’on n’ait pas droit à la même « Zapatista » (que je ne déprécie pas, bien au contraire, elle est bien punchy et tout :) dans le cadre certainement + « formaté » de l’Élysée Montmartre, donnant lieu à une ambiance visuelle beaucoup + agréable !
matttbrrr 7.04.10 | 07:38
euh… je ne propose pas les vidéos, je les trouve (ou pas, la plupart du temps…) sur youtube… pour les Clementine, il devait y avoir des fans qui les avaient postées dès leur retour du concert…
et si le CR est daté du mardi soir, cela ne signifie pas que je ne l’ai pas rédigé plus tôt, mais posté le mardi soir… ;-,
Capitaine Johnny 7.04.10 | 14:30
Oui, enfin c’est exactement ce que je sous-entendais par « proposer » : comme disait mon prof de philo, c’est ce que tu poses devant nous ;-)
Donc là, dans le cas présent, y en a pas eu de mieux… Bon OK ! Allez, puisque toutes ces chouettes m’ont givé un bon mood, et que ton argumentaire est recevable… je te give quand même le point !!!
Capitaine Johnny 7.04.10 | 14:37
Ouais pis en +, c’est mon lecteur maison qui déconnait lundi : puisqu’à l’instant en résidence Web 2.0, la chanson a bien duré 2:57 ;-)
matttbrrr 8.04.10 | 10:25
zut, je suis encore à la ramasse, je ne savais même pas que je jouais pour gagner des points…
whodunit 8.04.10 | 17:11
Hey capitaine Johnny ! Vien sur notre myspace, t’auras des meilleures videos :-)
Whodunit
Capitaine Johnny 10.04.10 | 00:01
C’est noté ! Sans être un énorme fan de punk, je tâcherai donc de vous rendre une petite visite entre 2 vibes + « alternatives » :)
Louis Lingg 9.04.10 | 10:38
Hey Capitaine Johnny!
Nous avons tous types de clips sur notre You tube. Plus clean jusqu’au très très crade. Le génie de Matbrrr est dans les mots, pas le choix de vidéos. Il est un des meilleurs chroniquers en france et clairement le meilleur a Paris.
Enfin, un groupe qui a le temps et l’argent de faire un bon vidéo est rarement un bon groupe!
Rock on,
Josh Louis Lingg
matttbrrr 9.04.10 | 14:46
ouaip, si je comprends bien j’ai de la merde dans les yeux et pas dans les oreilles ? ;-)
Capitaine Johnny 10.04.10 | 00:07
Ah j’ai jamais dit ça !!! Mais si c’est la sensation que tu éprouves, alors je ne saurais que trop te conseiller une à deux instillations par jour de Microlax collyre jusqu’à disparition des symptômes !!!!!
Au fait, suite au commentaire de Josh, je suis à me demander si derrière ce pseudo, tu ne serais pas en réalité Matthieu K, effectivement l’un des meilleurs chroniqueurs d’albums et révélateurs de nouveaux talents, qui me faisait partager ses découvertes le soir, voici 2 à 3 ans, dans la Mouv’Session ?
matttbrrr 10.04.10 | 18:56
hélas non, je ne suis pas Matthieu K, je ne fais pas découvrir grand chose à qui que ce soit, mais ça ne m’empêche pas de me marrer à écrire mes petites chroniques, quand même ! ;-)
Capitaine Johnny 10.04.10 | 23:03
Ah OK ! La question se posait de façon d’autant + pertinente que comme je le soulignais mercredi, Matthieu K avait contribué à l’EPK de Nouvelle Vague, qui avait précédé celui de Mélanie Pain made by our Hiboo !
Ceci dit, tu fais tout de même découvrir un certain nombre de groupes aux + fidèles des followers du Hiboo, et c’est déjà pas mal :-)