Peter Doherty au Truskel, vu par une fan de la première heure
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Truskel
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Voilà … Facebook est un merveilleux réseau social. Très chronophage, on sait à quelle heure qui fait pipi, popo, est célibataire, est marié, est en couple, va à tel concert, est dans telle rue, dans tel resto, fait le con sur telle photo. En gros, Facebook doit son succès parce qu’il est le Voici des anonymes. On sait tout sur tout le monde sans savoir qui est qui : l’apogée du voyeurisme exhib’ dans sa splendeur. Et puis … parfois, tu parles avec quelqu’un et surgit quelque chose, qui dépasse le désuet acronyme ASV.
Ainsi, « Brune » (qui ne veut pas dévoiler son prénom – peu usité au demeurant, en tout cas moins que Séverine, Céline, Catherine, Laetitia, Lucie … il faut dire qu’avec ce que tu vas lire, ça lui évitera de se faire lyncher par les fans) m’écrivit ce que je pensais être un mail de 3 lignes … que nenni. Elle en avait gros sur la patate. Et outre un style un peu taillé à la tronçonneuse, j’ai ressenti le besoin de te faire partager sa bafouille, brut, sans corriger quoi que ce soit, car les maladresses stylistiques sont avant tout l’essence même d’un témoignage sincère. Parce qu’il y a tout ce qu’il faut pour se faire une idée de comment un fan « objectif » voit un « fan »atique.
Let’s go.
Il est bien loin le temps des Albion Rooms où Peter et Carl faisaient des concerts complètement fous, la plupart du temps interrompus par la police une fois, puis deux, puis définitivement par la saisie du matériel ! Il est bien loin le temps où les fans de Peter Doherty avaient des oreilles qui fonctionnaient aussi bien que leurs yeux et où le simple fait qu’il retire sa veste ne déclenche pas une vague de « wouaaaaaaa » admiratif et autres « hiiiiiiiiiiiiii » hystériques !
Maintenant Peter c’est le bon coup de pub du bar ; et le Truskel, surtout lui, ne s’en prive pas. Les kids sont entassés dans la micro salle, ils sont à fond, des gamines de 13 ans couvertes par 3 bouts de tissu se prennent pour des grandes mais rencontrent un problème important dans cette entreprise périlleuse : leurs deux neurones en libre circulation leur ôtent toute possibilité de répondre de façon efficace aux gens qu’elles exaspèrent – et de comprendre les paroles et les références des chansons par ailleurs (mais ça ce n’est qu’un détail, il est trop hype Pete tu peux pas test !).
5 minutes pour faire 5 mètres dans la foule, pas mal Peter ! Le micro ne fonctionne pas, 10 bonnes minutes pour avoir du son, balèses les mecs du Truskel ! Ah et en parlant de son… que s’est-il passé ? Le cable jack qui se débranche toutes les trois chansons, le son hideux, tout ça… Nan vraiment quand Adrian et Kenny sont là pour s’occuper du son ça passe mieux que quand ce sont les deux branleurs du Truskel (aurais-je oublié de mentionner le fait que je n’aime pas le Truskel ?) ! Le public est vraiment naze, les gens sont là pour dire qu’ils y étaient et tentent d’approcher toujours plus près de la micro estrade et se font rembarrer par le pseudo service d’ordre (qui n’a d’ailleurs pas compris qu’une fille qui s’écroule n’est pas une dangereuse hooligan sur laquelle il faut taper, mais on comprend à quel point la frontière est fine et la nuance difficile à saisir !).
La photographe du Truskel fait des photos nazes et se moque allègrement des gens parsemant son discours de « c’est de la merde mais c’est mon boulot ». Les caméras du Petit Journal People s’en donnent à cœur joie. Des Anglaises l’insultent parce qu’il est en retard (parce que premièrement c’est inadmissible d’arriver en retard à un concert qu’on fait gratuitement, et ensuite c’était pas du tout prévisible, pas le genre du garçon !).
Et Peter dans tout ça ? Entre deux doigts levés, l’une des British lance un « You look so sad ! », la réponse ne se fait pas attendre
« But I am so sad. »
Ca, couplé à son teint pâle à faire peur (oui même pour lui qui n’est pas un adepte de la cabine UV), son regard fuyant, ses refus de jouer certains morceaux demander par le public (malgré un « Any request ? »), et autres détails, on en déduit que ce soir Peter ne va pas bien… et qu’il est complètement raide. Un autre indice ? les bouts de morceaux mélangés et oubliés tout au long de la soirée (enfin des 50 minutes de sauna). Il nous a habitués à tellement mieux : la Maroquinerie, les nuits de Fourvière, le Barrowland Ballroom … !
A la fin du set, Peter se laisse accoster par les caméras et micros du Petit Journal people – bien qu’il ait montré sa gêne pendant le show en se cachant du flash, boit un coup avec les VIP (ces gens qui connaissent des gens qui en connaissent d’autre et qui vont faire un petit coucou post concert qu’ils ont écouté d’une oreille au fond de la salle), et s’en va. Il est suivi par une partie de la foule et par des caméras. Il leur donne ce qu’ils veulent, un câlin à la girlfriend du moment. Un de ses amis (ironie mise à part, lui c’est vraiment un mec bien, il s’occupe de lui et Carl quand ils sont sur Paris) lui propose de l’emmener en voiture on ne sait où, ils s’y entassent tous (Peter et les gens qui le suivent partout) et prennent la route.
Pendant trente secondes, l’idée d’aller faire un tour voir s’il y a un after me traverse la tête. Mais après tout, peu de chances et pourquoi faire ? Il n’est vraiment pas bien ce soir et ne jouera pas comme il le fait parfois, l’ambiance ne sera pas là et je ne suis pas adepte de l’autoflagélation ! Pendant trente secondes, aujourd’hui cette fois, l’idée de retourner au Truskel m’a traversé l’esprit. Mais pourquoi faire ? Le voir jouer avec Alan Wass, pseudo musicien et gros addict londonien ? Supporter le public du Truskel ? Ne pas pouvoir entrer dans le bar surement bondé vu la médiatisation de cette deuxième soirée ? Etre déçue encore une fois ? Non, moi voir quelqu’un mal comme ça, ça ne me dit pas trop. Le côté regarder Peter comme un poisson dans un aquarium et toquer de temps en temps sur la vitre pour voir s’il bouge encore ne m’inspire pas plus que ça. Moi je préfère les soirées où il est content d’être là, les soirées où on peut discuter d’Oscar Wilde avec lui, les soirées ou le son est bon, le public pas (si) con… !
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

LoOo 26.03.10 | 14:42
A refaire l’expérience car c’est vraiment une bien chouette chronique
Benjamin 26.03.10 | 20:45
Sans doute l’un des meilleurs articles écrits du site !
Juliette 27.03.10 | 21:16
Entièrement d’accord avec toi, absolument rien à rajouter. A part au sujet d’Alan Wass, qui est ,je pense, un musicien bourré de talent trop souvent catalogué comme le gros addict de pote de Peter.
http://www.myspace.com/alanwassmusic
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Yanano 6.04.10 | 12:52
L’article ci-dessus, totalement à charge et très facile, est cela dit très agréable à lire et plutôt drôle, bravo.
Pour ma part j’ai eu le sentiment d’assister à deux concerts rares, mythiques, chaotiques (de la sueur, des larmes, des chants à l’unisson à en faire trembler les murs du bar, des gens pendus aux enceintes, grimpés sur le bar, des guitares jetées à la foule…), avec un Pete ravi de sa venue et un très bon Alan Wass le deuxième soir, qui laisseront des souvenirs impérissables au public présent. Même aux « fans de la première heure » les plus frustrés, dont certains ont peut-être revécu – comme Pete lui-même (dixit son pote le « mec vraiment bien ») – l’ambiance des concerts dans les petits clubs londoniens à la « bonne époque ». C’était rock’n roll et c’était bon.