Jeanne Madic, l’accordéoniste post rock

Concept : live report d’un concert où je n’étais pas.

Ce n’est que très récemment que J’ai rencontré cette magnifique brune ; dimanche 14 mars, plus précisément – avant le tsunami Mono à la Maroquinerie – chez Oliver Peel (dans le cadre de ses Peel Sessions, qui mettent en scène chez lui, non loin des Invalides, des artistes qu’il rencontre ci et là dans divers endroits de la Capitale). Il est des jours où la notion de hasard vous arrange. Un peu comme un bon et un mauvais horoscope.

Mais je ne vais point me lancer dans des éloges dithyrambiques concernant l’aura magnétique que dégage cette naïade. Mais plutôt vous parler, HibOO oblige, de sa musique (nom de scène véritable : Vanishing Twins). Et là on tient quelque chose qui mérite un certain effort. Surtout lorsque, comme moi, on associe – à tort – l’accordéon à la ringardise (ou au contraire, à l’instrument des génies – pour les fans de Tiersen).

Hier soir, Jeanne se produisait entre 2 scènes au Scopitone. L’espace de 10 minutes. Seule. Seule avec un accordéon et un vieux projecteur vidéo hérité de son père. Pas de voix. Juste un accordéon, et une vidéo tournée au Super 8 par ses soins. Commandité par SFR pour couvrir Wax Tailor, j’ai eu beau faire le trajet à vol de HibOO, je suis arrivé en retard, et j’ai donc manqué un moment magique. Heureusement, Rockerparis était là, il a filmé avec son p’tit bridge ce moment de grâce. Merci mec.

Note qu’au fur et à mesure, les conversations s’estompent, puis disparaissent totalement, la curiosité s’installe et une écoute religieuse envahit l’ancien Paris Paris. Certes, il n’y avait « que » cinquante personnes à tout casser, mais bien des folkeux te diront que jouer devant 50 personnes dont 3 boulets ultimes (genre pochtrons) suffit pour te pourrir une prestation (l’homme étant régi à la cruelle loi dite du groupe, consistant à imiter ses congénères pour mieux s’intégrer, au lieu de foutre une bonne mandale pour que tout le monde profite du spectacle)

Mais revenons au titre de ce billet. Accordéoniste Post Rock. Jeanne, durant ces 10 minutes, va introduire une ritournelle entêtante, hypnotique, quasi mystique. Puis, ce cercle répétitif se trouve amélioré, déstructuré, laissant penser à une tentative réussie d’improvisation. Et lorsque l’on pense avoir oublié l’air principal, ce dernier revient avec une évidence certaine dans nos tympans. 10 minutes, c’est la moyenne d’un titre de Mono, Mogwaï ou Explosions in the Sky pour réussir à entrer en transe. Autant le dire, il faut être sacrément couillue pour se pointer avec un accordéon pour se faire un titre qui d’habitude « passe très vite » parce qu’il y a des guitares, une batterie, une basse, des changements de rythmes et de sonorités.

Jeanne Madic, élégante et gracieuse brune introvertie, a réussi là où bon nombre de groupes avec des instruments plus abordables ont échoué, même avec des titres de 3 minutes : happer totalement un auditoire pour l’emmener ailleurs. Loin. Partout et nulle part. Un HibOO d’Live dès lors s’impose, d’autant plus que la belle part pour d’autres horizons. Reste à trouver un lieu à la hauteur de cette incroyable expérience – parce que bon, l’accordéon tagada tsouin tsouin « poul l’amoul do la mousika », on en bouffe tous les jours dans le métro, mais là, crois-moi, c’est un autre niveau)

» http://www.myspace.com/jeannevsmonsters
» rockerparis.blogspot.com/2010/03/mohna-jeanne-st-petersburg-scopitone.html

Bien sûr, cela n’enlève en rien au fait que Mohna – pour qui je suis arrivé pile à temps – fut un moment de grâce inouï.

C’est là qu’on se dit que les vidéos pirates, ça n’a que du bon pour ce genre d’OVNIs … car même avec des mots ultra précis et choisis avec soin, aucun d’entre eux ne pourraient égaler un simple « PLAY » sur un lecteur YouTube. Et se faire son propre avis.

publié par Rod le 17.03.10

archives.le-hiboo.com

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Un commentaire

  1. Alors pour le coup, comme diraient les compatriotes de Mohna, dont j’ai de fait davantage été touché par la grâce musicale, « je suis d’opinion que » ce morceau est un brin trop monotone, pas assez pêchu, donc pas suffisamment accrocheur. Et pourtant, Dieu sait si j’aime l’accordéon et en bouffer, des accordéonistes dans le métro ! Je me souviens même du jour où j’ai été touché pour la première fois par une mélodie bien mélancolique (et pourtant, c’était le bon temps de l’insouciance, je n’avais encore aucune déception amoureuse à mon actif, comme quoi c’est bien une preuve ultime de mon côté mélomane, autrement dit, comme mes nouveaux potes croisés au Trop Plein de Sons vendredi soir le définissaient, le fait de ressentir les émotions transmises par la musique à chaque note ;-) Bref, c’était le 24 janvier 1995. When I was in Sixième. Un mardi matin, où mon papa avait eu l’excellente idée de m’accompagner au collège par la ligne 8. Et aujourd’hui encore, c’est vrai que je prends essentiellement le bus depuis 9 ans, mais lorsqu’il m’arrive d’emprunter le RER ou le réseau du métropolitain, il n’est pas rare que devant la grâce de l’accordéon, je give ma pièce. Malgré mes origines Ecossaises.

    Bon OK, Capitaine, comme souvent à côté de la plaque ;-)))

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