Fargo All Stars #2 à la Flèche d’Or

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La Flèche d'Or
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Ce qu’il y a de bien chez Fargo, ce sont leurs artistes. Ce qu’il y a de bien aussi, chez Fargo, c’est quand ils emmènent leurs artistes squatter trois soirs de suite la scène de la Flèche d’Or, pour une soirée Fargo All Stars. Ce qu’il y a de bien, en plus, chez Fargo, c’est qu’ils invitent aussi leurs copains qui font de la bonne musique à venir jouer avec eux…

Jeudi 25 Octobre

La Flèche d'Or, Paris - Photos, Concerts, Festivals : Fargo All Stars - Alela Diane - 25 octobre 2007

Quidam

Alamo Race Track

Alela Diane ouvre la soirée seule en guitare-voix avec sa folk lancinante. Elle pourrait être la fille de Karen Dalton ou la soeur de Jesse Sykes, voire une cousine de Cat Power, si on s’amusait à faire un jeu des 7 familles. Sa voix claire transporte sans forcer et ses mélodies ont une rare élégance dans le dépouillement. Une fille seule avec une guitare, on a déjà vu ça 500 fois et puis on le reverra sûrement 500 fois. Sauf que. La jeune folkeuse a l’art de vous remuer en douceur, en profondeur avec sa musique intemporelle, on a hâte de la revoir en décembre à l’Européen !

Le public s’est déplacé tôt principalement pour Moriarty, ça se sent, la Flèche d’Or est remplie jusqu’au plafond. Le quintette prévient dès le début : ils n’ont en tout et pour tout que deux micros et le bruit de fond des conversations cesse presque. Pas de batterie cette fois-ci, juste une valise en carton et une cymbale, on continue donc, après Alela Diane, le voyage spatio-temporel qui emporte quelque part de l’autre côté de l’Atlantique, il y a quelques dizaines d’années. Le public leur fait un accueil énorme et retrouve avec un sacré plaisir les désormais incontournables « Private Lili », « Jimmy » et leur reprise d’ « Enjoy the Silence » mais leur set ne dure que 30 minutes et, bien que les applaudissements nourris les amènent à pointer le bout du nez derrière leur paravent pour un dernier morceau, l’ingé son en train de démonter le matériel montre bien qu’il n’y aura pas de rappel… Dommage, on se serait bien laissé embarquer pendant encore un bon moment !

Joe Gideon & The Shark, c’est Joe Gideon et sa soeur Viva, soit un guitariste frappé et une batteuse enceinte déchaînée à côté de laquelle Meg White fait petit bras. Leur musique a l’air perpétuellement au bord du crash : rythmiques échevelées qui se mélangent avec des samples improbables, chanteur qui parle plus qu’il ne chante d’une voix d’outre-tombe, riffs blues-rock dont la tension ne se relâche jamais. Après le premier morceau, ça murmure dans les premiers rangs : « c’est qui ce groupe ? » « comment ils s’appellent ?? » « Tu sais qui c’est toi ? » « ils ont un nom à coucher dehors je crois » Une grosse claque donc.

Les trois clermontois de Quidam déboulent sur scène avec leurs airs de garçons bien sous tout rapport, petit pull et chemisette, on leur donnerait le bon dieu sans confession. Oui mais. Quand ils branchent leurs amplis et commencent à jouer, il est évident que ces trois là ne font pas dans la pop musette, s’ils jouent aux galopins insouciants, c’est pour mieux vous embarquer, riffs acérés en avant, dans un set sans temps morts avec une énergie débordante. Et s’ils intercalent des morceaux plus calmes ou plus pop, ça doit être pour mieux vous cueillir et vous scotcher avec leur single « De Sang Froid » joué à 200 à l’heure. Si on ne s’attendait pas forcément à ces trois Quidam là, on est prêt à parier que dorénavant, il va falloir compter avec eux !

Enfin, Alamo Race Track envahit la scène jusque dans ses moindres recoins. Il faut dire qu’ils sont venus à sept, parce que, nous dira le batteur, c’était sympa d’emmener des copains jouer avec eux pour ces trois soirs et on n’en doute pas, vu le concert qui suit ! On a donc violoncelle, claviers, caisse claire et divers autres instruments en plus. Pendant 50 minutes, ils enchaînent leurs jouissifs « The Northern Territory », « Kiss me Bar », « Stanley vs Hannah » ou encore « My Heart », « Black Cat John Brown », « Chocolate Years », et parfois même quelques nouveaux morceaux. Leur concert est tout simplement fabuleux, ils donnent envie de gigoter dans tous les sens et on prend rendez-vous pour le lendemain !

Vendredi 26 Octobre

Photos, Concerts, Festivals : Fargo All Stars - Alamo Race Track - 26 octobre 2007

Superflu

Dawn Landes

Sammy Decoster

Laetitia Sheriff

Alamo Race Track

Ce soir, la Flèche n’est pas remplie dès le début mais la pop-folk de Superflu reçoit un bon accueil. Chantés en français, leurs morceaux sortent des cadres de la pop ou de la chanson française et sont plutôt entraînants. On retient surtout « Vingt-cinq Ans », une chanson d’un ancien album qui touche dans le mille avec ses airs de comptine et ses paroles en demi-teinte.

On pensait bien que des filles seules à la guitare, on en reverrait. Enfin, c’est une fille presque seule à la guitare qui monte sur scène, puisque ce soir Dawn Landes est épaulée par Jason Glasser de Fruitkey, au violoncelle, batterie, melodica… Touchante ou espiègle, la jeune femme livre des balades aux mélodies gracieuses, rehaussées par un violoncelle tantôt caressant, tantôt sursaturé. Les deux complices s’amusent et charment, ils vont même jusqu’à rejouer la fin d’un morceau pour que Jason puisse cette fois accompagner à la batterie. Le set passe bien trop vite et le public semble conquis, ce n’est pas seulement la folk urbaine de Dawn Landes, ce n’est pas juste qu’elle et Jason Glasser prennent un plaisir évident à jouer, c’est aussi que leur généreuse simplicité ravit complètement.

Sammy Decoster a une grosse guitare et l’air boudeur, et ses chansons vont chercher du côté Route 66 aux States avec horizons délavés et poussière dedans, dans un genre blues-rock à haute influence country. Si la mélodie instantanée de « L’Homme que je ne suis pas » ou sa reprise surprenante de « Be my Baby » séduisent, on a l’impression que le garçon surjoue un peu beaucoup, ce qui rend l’ensemble moyennement convaincant…

Voir Laetitia Sheriff programmée juste avant Alamo Race Track laissait espérer un set assez long. Douze fois hélas et aaarrgh, la belle ne jouera que trois morceaux — mais tous nouveaux — en solo. On reste sur sa faim après ce trop bref aperçu, mais on peut présager d’une belle suite à « Codification », tant ces trois chansons là sont intimistes et à fleur de peau… La suite en 2008, c’est peu dire qu’on a terriblement hâte !

Et revoilà les Hollandais d’Alamo Race Track, à six cette fois-ci. Leur set est plus court mais ils semblent tous plus détendus que la veille et s’amusent comme des fous. Au premier rang aussi, ça sautille ou ça danse, c’est irrémédiable, on ne peut pas faire autrement que de bouger ses petites fesses sur leur indie rock bien trempé. On est toujours aussi joyeux de profiter à nouveau de « The Northern Territory », « Stanley vs Hannah » ou « Chocolate Years », entre autres. Leur demi-heure passe donc bien entendu trop vite. On se revoit demain ou bien ?

Samedi 27 Octobre

Photos, Concerts, Festivals : Fargo All Stars - 27 octobre 2007

Alexandre Varlet

The Soulshake Express

Alamo Race Track

Alexandre Varlet est un grand blondin longiligne qui, dès qu’il s’empare de sa guitare vit sa musique assez intensément. En plus de sa section rythmique, il est épaulé d’un deuxième guitariste — Benoit Guivarch de Carp — et il est indéniable que ça ajoute une autre dimension à ses morceaux, avec distorsions, saturations, sons étranges un peu crades qui construisent une atmosphère inattendue. Le concert de Varlet est donc emballant, il prend des poses de crooner et finit torse nu, dans une ambiance bien plus rock que ce qu’on aurait pu imaginer.

Les suédois de The Soulshake Express débarquent avec de gros riffs, un batteur qui tape sur sa caisse claire comme un sourd et un clavier halluciné. Ces cinq là font un genre de heavy garage haletant et enchaînent leurs chansons à un rythme d’enfer. La fin du set est un joyeux bordel, guitariste à genoux, organiste qui se roule à moitié par terre, batteur possédé, ils ne font pas dans la dentelle et c’est ça qui est bien bon.

Que dire de plus sur Alamo Race Track ? Il semble qu’ils aient « perdu » un musicien chaque soir, là, point de violoncelle, mais on se consolera avec les Nelson et Dawn Landes venus prêter main forte ! Les Hollandais comblent le public d’une Flèche d’Or blindée, belle clôture de trois excellentes soirées. C’est quand les prochaines soirées Fargo All Stars ?

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publié par Juliette le 30.10.07

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  1. 4.02.2008 | Moriarty un jour, Moriarty toujours | Pingoo.com
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