Les Primeurs de Massy 2007 3/4 : Constance Verluca + Don Cavalli + Hey Hey My My + The Tellers + Montgomery

Constance Verluca. Une révélation. Un grand moment. A tel point que les autres formations – y compris les excellents Hey Hey My My et leur show toujours aussi captivant – semblaient bien conventionelles en comparaison. Si les brunes avaient Adrienne Pauly, les blondes peuvent voir en ce petit démon déguisé en ange leur érégie de la « garce attitude ». Retour sur l’avant-dernier jour d’un festival qui permet de jauger ce que seront – pour la plupart – les « bons » groupes de demain.

Pour ce troisième rendez-vous des primeurs, le son des guitares saturées commencent – enfin ? – à se faire entendre. Une programmation certes eclectiques, mais qui oscille malgré tout autour d’un dénominateur commun assez pop. Fan inconditionnel de Hey Hey My My, et ravi de revoir Montgomery pour confirmer – ou infirmer – mes impressions ressenties lors d’un set à la Maroquinerie dans le cadre des Inrocks Indie Club, il me tarde surtout de découvrir les autres formations. Et l’on peut dire que Constance Verluca a marqué les esprits – et c’est peu dire.

Constance Verluca (web)

Constance Verluca est à Constance Amiot ce que Keny Arkana est à Chantal Goya. Difficile de ne pas tomber amoureux de la jolie sauvage – et je ne dis pas cela pour avoir vu à maintes reprises ses petits tétons, puisque la demoiselle, dépourvue de soutien-gorge, aimait se pencher devant mes yeux lubriques – qui possède tout ce qui peut me plaire chez un artiste en général : une présence scénique catchy, une désinvolture déconcertante, des paroles désabusées d’une bad girl, une voix singulière, et une communication aisée avec le public. Je vous rappelle – tel un leitmotiv, mais c’est pour que vous compreniez bien le contexte – que les Primeurs de Massy est très « familial » : ainsi quand la femme à la crinière flamboyante arrive à faire chanter « bite, bite, bite, bite, ouuuuuhhh ahhhhhh », vous voyez en temps réel le centre culturel Paul Bailliart tomber dans un monde parallèle ! (presqu’aussi impressionnante que la scène d’orgie du Parfum de Süskind) Accompagnée de musciens aussi barrés qu’elle (dont notamment Cyril Denis, le bassiste de Louis Bertignac), le concert est un véritable show, où il est impossible de rester indifférent. Pour ma part, cela me semble même presqu’impossible de ne pas aimer, tant la folie qui se dégage chez l’interprète est on ne peut plus contagieuse. La magnifique « Vive le chocolat, l’héroïne et la vodka », le tout emmenée sur des mélodies country qui ne sont pas sans rappeler Cash résume bien Constance Verluca : drôle, crue, subtile et surtout libre. Difficile de retomber de son nuage après un tel choc, au point que les autres concerts vont – me – paraître fades.

Don Cavalli (web)

Du blues, de la country, du folk 100% mississipirien : voici le programme proposé par Don Cavalli. Véritable showman – au point d’en effacer ses deux compères, déjà bien peu éclairés – Don Cavalli attire tout de suite la sympathie du public. Ce style musical, intercontinental, parle forcément à tout le monde, même si au bout de quelques chansons, l’effet de répétitivité propre aux constructions mélodiques basiques souvent omniprésentes se font ressentir. Néanmoins, Don Cavalli possède l’essentiel – pour ne pas dire l’indispensable – : une voix exceptionnelle, d’une chaleur séduisante, un énorme feeling dans l’interprétation, et un charisme à toute épreuve : on le regarde autant qu’on l’écoute. Rien d’exceptionnel, mais un moment malgré tout très agréable.

Hey Hey My My (web)

Je ne vais pas encore ré-écrire un pamphlet laudatif sur le quator parisien qui sonne aussi folk que les groupes anglo-saxons et outre-atlantique, mais force est de constater que pour beaucoup de personnes du public, Hey Hey My My fut le coup de coeur de la soirée, à en juger les ovations bien plus percutantes. On ne peut nier qu’une partie des fans ont fait le déplacement – il suffisait de regarder au premier rang les lèvres bouger de manière synchrone sur les paroles – mais cela ne suffit pas pour fausser le jugement. Hey Hey My My, à l’instar d’autres coqueluches de l’écure Sober and Gentle – Cocoon en tête, dépoussière un folk que beaucoup pensaient peut-être enterré avec les années 60/70, et des titres à l’instar de « I need some time », « Too much Space » ou le terrible « Poison » restent toujours aussi jouissifs à écouter sur scène. Niveau prestation scénique, les Primeurs de Massy auront eu droit à une rareté : l’un des deux Julien se dépossédant de ses lunettes. Remarque complètement inutile et débile, je le concède.

The Tellers (web)

Il existe deux écoles dans la pop / rock belge : d’un côté les bad boys, les vrais, emmenés par Ghinzu, Sharko ou Hollywood Porn Stars. De l’autre côté, les faux bad boys, qui jouent surtout sur leur apparence, couplée à des musiques édulcorées sans vraiment de relief, mais qui sonnent pas trop mal malgré tout. C’est un peu le cas d’Eté 67. Et The Tellers est dans cette même veine (ces derniers sont signés chez 62 tv Records, label qui regroupe notamment Girls in Hawaii ou Malibu Stacy). Le public n’est d’ailleurs pas trop au rendez-vous, la salle club étant moins remplie que d’habitude. Mais qu’importe : le quator belge balance ses morceaux avec ferveur, et même si cela sonne trop lisse, on finit par écouter et apprécier. Néanmoins, le fait de voir plus de 200 concerts par an fausse mon jugement : il faudrait écouter les personnes visées – celles qui ne vont que très rarement voir un live – pour savoir si The Tellers possèdent le petit truc qui fait qu’ils se distinguent de ses contemporains (à leur décharge, je ne suis pas fan non plus de Girls in Hawaii, ceci expliquant peut-être cela).

Montgomery (web)

Une fois encore, je ne sais pas si c’est moi ou le groupe, mais autant j’avais aimé leur prestation aux Inrocks Indie Club de mars dernier, autant là … je n’ai absolument rien ressenti. Pour ne pas dire rien du tout (oui, car rien du tout, c’est moins que rien). Nonobstant une déco et des lights savamment travaillées, un son calibré à la perfection et quelques envolées saturées du plus bel effet, j’ai tout simplement eu l’impression de ne pas avoir vu le même groupe. Même si des résidus verlucatiens parcourent encore mes neurones, je sens que j’assiste à quelque chose sans vie ; sentiment d’autant plus horrible que j’eusse aimé ce groupe dans le passé. Ai-je surestimé Montgomery ? Le groupe était-il dans un état d’esprit aussi conquérant que lorsqu’ils avaient joué à la Maroquinerie ? Difficile de savoir. De toute façon, il ne reste quasiment plus personne : il faut dire que le dernier RER pour repartir est à 23h, et que le set a débuté à 22h45. Jamais deux sans trois, je tenterai donc une fois prochaine de revoir le combo rennois, mais je ne vois pas comment je pourrais changer d’avis tellement j’ai trouvé la prestation à Massy molle et quelque peu mièvre.

Le dernier jour se profile … je sens que les « photographes safari » vont se donner à coeur joie sur Moriarty, à mitrailler sur des silences que le groupe aime tant partager avec le public. Sans oublier Stuck in the Sound : je mets ma main à couper que les 3 premiers rangs seront de jolies ados complètement déchainées avec une groupie attitude qui s’annonce d’ors et déjà amusante à regarder :)

publié par Rod le 03.11.07

archives.le-hiboo.com

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2 commentaires

  1. Petit commentaire n’ayant aucun rapport avec l’article (quoique…).
    Voila, cela fait maintenan un bon bout de temps (enfin je croi) que je fais de la photo. J’ai un petit numerique depui 5 ou 6 ans et j’ai eu mon reflex argentique il y a 2 ans. Mais voila, j’aimerais passer au reflex numerique. Problème: Je n’mis connai pas du tout et les prix son… comment dire… Asser élevés !! Donc je n’aimerais vrément pas faire un achat inutile. Alors voila, est ce que vous pouriez me conseiller s’il vous plait, sa me serait d’une grande aide ! merci beucoup !

    PS: Je vais au primeurs depuis leur debut en 1998. Je trouve vos photos trés belle, elle mette vrément en valeur les artistes. Vrément Bravo.

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  2. « et je ne dis pas cela pour avoir vu à maintes reprises ses petits tétons »

    Et pas une photo ! Ah lala monsieur n’est pas prêteur ;)
    Et je ne dis pas ca parce que j’ai pleuré toute la soirée d’hier à cause de son chemisier trop boutonné :)

    Les photos sont bien sympa en tout cas, et la scène bien éclairée ca aide… quand je vois le résultat de mes photos d’hier, je pleure.

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