Top des 10 meilleurs albums 2009 selon Juliette
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Eglise Saint-Eustache (Paris) - 11 juin
Coming Soon
La Cartonnerie (Reims) - 10 février
L'Olympic (Nantes) - 15 février
Yeti Lane
Salle Victoire 2 (Saint-Jean-de-Védas) - 10 février
Bigre, un top 10, mais pourquoi faire ? Pour montrer que mes goûts pissent plus loin que les tiens ? Pour m’amuser à ne pas y mettre Grizzly Bear ou Animal Collective ? Ou alors, mettons, pour parler de 10 albums que j’ai gravement aimés cette année ? OK alors, pas les meilleurs du monde mais ceux que j’ai le plus écoutés, peut-être pas les plus beaux mais 10 albums qui me font des trucs partout quand je les écoute et que j’aime déraisonnablement, cela va de soi.
Yeti Lane – Yeti Lane
Nouveau projet de trois membres de Cyann & Ben, après que Cyann a décidé de partir en solo, Yeti Lane surprendra peut-être ceux qui pensaient retrouver ici les somptueux clair-obscurs des trois précédents albums, mais la pop de Ben, LoAc et Charlie est à peine moins mélancolique. Traversée d’influences autant que de fulgurances, leur musique emprunte bien des chemins, jamais trop près des évidences et séduit, boum, instantanément, entre deux envolées psyché et cavalcades post-pop.
Dear Reader – Replace Why With Funny
Johannesburg n’est pas franchement réputée pour être une ville riante, pleine de pop doucement illuminée, c’est pourquoi si on m’avait dit que Dear Reader venait de, mettons, au pif, Montréal, j’aurais trouvé ça moins curieux. Bourré de trouvailles, de jolies voix qui se répondent, d’enluminures instrumentales, Replace Why With Funny est un Bel album, travaillé mais spontané, impeccablement maîtrisé mais assez vagabond pour rester prenant.
Mademoiselle K – Live
Je ne suis pas fan des albums live, pourtant c’est chouette et tout, c’est vrai, mais j’aime autant l’idée de l’éphémère d’un concert, exception faite du live d’un concert où j’aurais été, comme souvenir. Alors pourquoi le live des Mad K dans mon top 10 ? Déjà parce que le passage du live au CD n’a pas nivelé leur prestation : morceaux réarrangés, grosse énergie, voix qui se fêle… La réputation du groupe sur scène n’est plus à faire et même sortis de l’Alhambra et sur cd, ça continue à dépoter. Et même rangé dans sa pochette, ça continue encore à dépoter. Et puis le DVD est mazette. Enfin, c’est un super album pour traverser Paris à vélo la nuit ou sous la neige ou les deux, et ça, c’est important aussi mine de rien. Libres de pas faire comme on nous dit rejoint donc Hard Rain de Dylan dans mon top 2 des albums live que j’ai écoutés en boucle ces derniers mois et qui m’ont fait regretter de pas y être. Voilà c’est dit.
Coming Soon – Ghost Train Tragedy
Un an à peine après leur premier album New Grids, Coming Soon livre un deuxième opus encore plus réussi : sans excès de prétention, les 7 jeunes frenchies s’amusent avec les genres, entre rock échevelé et country sauce Annecy, avec une dose de blues dérangé et de folk savoureuse. Pas complexées pour un sou, leurs chansons défilent avec innocence en totale liberté, un peu comme un TER Briançon-Guillestre qui irait batifoler dans les grandes plaines des Amériques loin au delà des mers, et qui rentrerait, le stetson crânement penché sur le côté, les santiags trouées et poussiéreuses et un petit sourire plein de vent sur les lèvres. Enfin sauf qu’un TER a pas de santiags, mais c’est peut-être ça la tragédie dont parle le titre de l’album, va savoir.
Do Make Say Think – Other Truths
Quand on voit le tracklisting de ce 6e album de Do Make Say Think, on se dit qu’ils ne se sont pas trop foulés : quatre titres, fort astucieusement intitulés Do, Make, Say et Think, ça commence bien. Mais ça serait sans compter l’inventivité constante des nébuleux de Toronto et avec 10 minutes en moyenne par titre, on n’est bien évidemment pas floué sur la marchandise. Et il faut voir aussi comment ils les remplissent leurs 10 minutes, la recette semble inchangée depuis le début — guitares nappées de cuivres, rythmiques entrechoquées, violons et quelques bribes de voix çà et là –- alors comment font-ils, les bougres, pour inventer encore de nouveaux labyrinthes sonores où se perdre et se retrouver avec délices ? Aucune idée et c’est d’autant mieux de ne pas savoir.
The Leisure Society – The Sleeper
Révélés par le single The Last of the Melting Snow, les anglais de The Leisure Society ont réussi un coup de maître avec leur premier album The Sleeper : orchestrations foisonnantes et subtiles, mélodies mélancoliques qu’on se surprend à fredonner au bout d’un seul refrain, la bande de Nick Hemming a tout compris. Ce qu’ils font a l’air simple comme ça, mais il ne faudrait pas s’y tromper : simplicité n’est pas facilité — ce sont des orfèvres pop et chacune de leurs chansons est truffée de recoins à découvrir pour s’y blottir, en attendant que la neige fonde par exemple.
The Dead Weather – Horehound
Voilà, pour ceux qui avaient fantasmé dans leurs rêves les plus fous voir Allison Mosshart des Kills et Jack White faire des bébés disques sous les regards pervers de Jack Lawrence (Raconteurs) et Dean Fertita (Queens of the Stone Age), ça a fini par arriver et bon sang, c’est bon. ça sonne comme du blues graisseux trempé dans l’acide, ça a mauvais genre, ça fait ami-ami avec les chats noirs errants, ça sent le soufre et le brûlé, ça a des regards ébréchés et une voix de braise ou l’inverse, ça te regarde l’air de pas y toucher et ça se lèche les babines, ça plait pas trop à tes voisins et à tes parents, ça vient déboutonner ta chemise avant de te griffer et de se barrer et puis ça revient, toutes guitares en avant. Ça sonne comme du blues sensuel trempé de rock et de sueur. Et bordel, c’est tellement bon.
Sparklehorse & Danger Mouse – Dark Night of the Soul
Le casting semble trop beau pour être autre chose qu’un beau casting : Mark Linkous (Monsieur Sparklehorse) aux compos, Danger Mouse à la prod, David Lynch aux visuels, et en vrac, Julian Casablancas (The Strokes), Wayne Coyne (Flaming Lips), Jason Lytle (Grandaddy), Iggy Pop, Vic Chesnutt, James Mercer (The Shins), Nina Persson (The Cardigans), Black Francis, et Suzanne Vega, venus prêter leur voix et leurs idées… Bref, du grand, du beau, du lourd. Résultat ? Un album cohérent, à la beauté farouche, tout plein des ambiances qu’on aime chez Sparklehorse et des mélodies qui n’appartiennent qu’à lui, mais avec une étincelante prod electro-pop-psyché qui l’empêche de sombrer dans la neurasthénie ou de s’endormir au coin du feu pendant que ses prestigieux invités vident la cave à alcools rares.
Woodpigeon – Treasury Library Canada + Houndstooth
Ceux qui ont vu Garden State doivent se souvenir du moment où Natalie Portman prête son casque à Zach Braff et lui dit « This song will change your life ». C’est un peu l’effet que m’a fait la première écoute d’Oberkampf de Woodpigeon et j’ai beau la connaître par coeur, elle me retourne à chaque fois. Depuis, je la fais écouter à certaines personnes en leur disant « Je sais pas si cette chanson va changer ta vie, mais elle m’a fait découvrir la pop scintillante de Woodpigeon, et des morceaux comme l’hypnotisant Knock Knock ou In The Battle of Sun VS Curtains, Sun Loses and We Sleep Until Noon, et ma vie est un petit peu plus belle depuis que j’ai ça dans les oreilles alors peut-être bien que la tienne aussi. »
Non en vrai je dis pas ça, même des fois je dis rien, mais je vais pas te raconter ma vie privée non plus, ’spas ?
The Antlers – Hospice
Pas besoin de s’étendre en superlatifs et mots compliqués de plus de trois syllabes, Hospice est un des plus beaux albums de l’année. Accouché dans la douleur, cet album aux thèmes difficiles (maladie, mort, schizophrénie, mort…) pourrait paraître rébarbatif, mais il faut se laisser agripper par la voix haut perchée et déchirante de Peter Silberman, touché par la grâce et probablement aussi par la dépression, il faut se laisser porter par les accords de Kettering avant l’explosion, par la lente montée de Wake tandis que d’autres titres comme Two ou Shiva ne sont pas sans rappeler Arcade Fire. Les thèmes musicaux se répondent au fil des chansons, pour un former un album d’une rare homogénéité. Hospice est aussi glacé qu’un couloir d’hôpital au petit matin et plein des fantômes qui y déambulent hagards, les chansons désespérées filtrant comme des rayons de lumière sous les portes — vacillantes, têtues et étrangement réconfortantes.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

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