Emily Loizeau
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L'Atelier (Luxembourg-Ville) - 1 juin
Emily Loizeau
Club 106 (Rouen) - 13 octobre
Café de la Danse (Paris) - 22 octobre
En octobre dernier, Yann de Volume m’invite à aller voir ce qu’il considère comme un génie : Andrew Bird. Ca se déroulait dans la magnifique salle Ste Croix des Pelletiers. S’il s’avéra que Bird fut un oiseau de génie, Yann oublia de mentionner la première partie de la même espèce, répondant au doux patronyme d’Emily Loizeau, et là, c’est l’effet kiss kool : un charme captivant, une voix incroyable, des textes d’amour de toute beauté, un humour à dérider un rouennais (je sais, incroyable) … séance de rattrapage pour Rouen : cette dernière sera le 8 mars prochain à la Maison de l’Université. Discussion virtuelle avec un petit poussin qui ne peut devenir qu’un oiseau majestueux.
Miss Zozio, tu as signé chez Fargo pour la sortie toute fraiche de ton nouvel album L’autre bout du monde : comment arrive-t-on à se frayer un petit chemin quand des Ruiz, Juliette, Cherhal, Camille, Croze et autres donzelles talentueuses sont déjà sur le marché ?
Ouh là ! déjà je ne sais pas encore si je vais y arriver, j’y travaille. D’ailleurs, je crois que c’est ça la réponse : le travail. Pour tout t’avouer, je ne pense pas en ces termes. J’ai un truc à dire, à confier, c’est vital et je le fais. Je veux juste être le plus sincère du monde avec cette chose la qui m’appartient. Le reste ne m’appartient pas. Le chemin que je trouverai ou pas je ne le connais pas moi même. Fargo est un label pas ordinaire qui jusqu’à présent s’est payé le luxe de ne signer que de grands musiciens anglophones avec lesquels ils ont sentis qu’ils allaient vivre une grande histoire d’amour. Moi là dedans, j’arrive et je me sens comme au Pays des Merveilles, avec la sourde inquiétude de ne pas être à la hauteur mais aussi la grande joie et la grande fièreté d’avoir été adoptée. Je crois que le fait d’être sur ce très beau label m’accorde une petite couleur « pas ordinaire » et c’est une chance. Les deux artistes Fargo qui ont joué sur mon disque (Andrew Bird et Neal Casal) m’ont ouvert très grand leur bras, ce sont des musiciens que j’adore et encore une fois je mets toute mon énergie à mériter ça.

Quand on écoute ton album, on ne peut être que frappé par la difference entre les lives d’avant (chant piano) et tous les arrangements présents sur l’opus : comment as-tu vécu la métamorphose de tes petits poussins ?
Personnellement je ne ressens pas ça…évidemment puisque je suis pour beaucoup dans la couleur des arrangements et que je les ai pensés très longtemps avant de les enregister. Maintenant oui, bien sûr, je peux imaginer ce qu’on ressent de l’extérieur quand on m’a vu en concert en solo et que subitement on écoute ce disque. C’est une autre fenêtre qui s’ouvre, ça reste le même paysage mais la vue est un tout petit peu différente. Je continue de penser cependant qu’ils ne sont pas très éloigné de l’origine. le piano est central dans presque tous les morceaux et ne font pour moi que colorer discrètement la petite gravure. Ces arrangements sont le fruit de ma reflexion mais aussi et surtout d’une petite équipe dont je suis assez fière. Chacun est venu, avec sa personnalité musicale. Je les ai invités pour cette couleur qui leur était propre et ils ont joué le jeu : se glisser dans mon monde et rester eux-mêmes. Je ne les remercierai jamais assez pour ça. Si ce disque me ressemble autant, c’est grâce à eux.
On sent une multitude d’influences, on sent également une volonté de donner un timbre vocal particulier en fonction des morceaux …
Oui , je n’aime pas les disques trop uniformes. En tous les cas je voulais éviter ça. Ou plutôt, et pour être plus simple, j’ai différentes facettes dans mon écriture aujourd’hui et dans ma manière de parler des choses ou de les chanter. Le fait de chanter dans deux langues différentes y participe pour beaucoup. Je ne m’exprime pas de la même manière en anglais et en français. L’une est la langue de ma mère , l’autre celles de mon père, et le père et la mère, ça n’est pas pareil ! et puis ce sont deux langues qui dans leurs sonorités donnent des élocutions et des timbre très différents. Il fallait assumer ça, le grossir plutôt que de gommer pour être plus lisse et plus « dans le moule ». Peut-être que cela donnera une impression de manque de maturité à certains, de « work in progress »…peut-être et tant mieux. Je crois que les aspérités sont des choses précieuses auxquelles il faut s’accrocher pour mieux prendre appui, pour mieux creuser vers ce qui nous ressemble vraiment. Comme à la varap !
A l’instar d’Olivia Ruiz avec La Femme Chocolat, tu as une paire de guests sur ton album : comment se sont passées ces rencontres, et que t’ont-elles apporté ?
Mes guests … Oui ils sont sacrément classes mes guests et encore une fois j’en suis super fière ! parler de chacun va être un peu long mais je vais le faire. Tu couperas si tu veux, moi je ne peux pas être brève sur ces gens là ! Pour commencer Franck Monnet. On se connait depuis plus de trois ans. J’ai été très bouleversée par Les Embellies,et puis par ses concerts. On s’est rencontré un peu par le biais de Vincent Ségal qui m’avait beaucoup parlé de lui. C’est un grand auteur/compositeur et un incroyable interprète. Son prochain album va tout simplement être une bombe. Collaborer avec un gars comme ça c’est une chance énorme. Demande à Claire Diterzi ce qu’elle en pense ! la réalisation de mon disque lui doit beaucoup. Il a une écoute, un recul et il m’a aidée constamment et tout le long de l’enregistrement à ne jamais perdre la simplicité. Andrew Bird : quel artiste! Weather system est un de mes albums de chevet. Je me suis prise une belle claque la première fois que je l’ai vu en concert. D’ailleurs, c’est comme ça que j’ai rencontré ma maison de disque. J’ai appelé un jour Fargo pour qu’Andrew vienne jouer sur mon disque et ils ont voulu entendre mes maquettes. Depuis, ils sont à mes côtés ! Neal Casal : un autre Grand ! je ne le connaissais que très peu artistiquement avant qu’il vienne. J’ai suivi les conseils de Michel Pampelune de chez Fargo. C’est une belle rencontre. Depuis j’ai adapté en français une de ses très belles chansons (Promises To Keep sur l’album Basement Dreams) et on l’a chantée deux fois en duo pour des concerts récents. C’était une grande émotion pour moi. Les Tryo : un groupe de rêve, des mecs de rêve. Je n’avais pas tout de suite pensé à eux et puis petit à petit les inviter est devenu une évidence. Ils se sont prêté au jeu avec enthousiasme et élégance. Je les adore ! Abel K1 qui a écrit L’Age d’Or. il n’a pas encore sorti de disque mais il y travaille et j’ai hâte que chacun puisse enfin découvrir ce garçon étonnant. Cette chanson « l’âge d’or » est comme un cadeau d’une infinie douceur. Je la porte en moi comme ma « chanson douce » à moi. Et puis il y a les musiciens : l’élégant et déjanté Cyril Avèque qui joue sur scène avec moi et qui me suit depuis les tous premiers enregistrements, Jérôme Goldet qui a lui aussi donné beaucoup de son temps, de son talent et de son enthousiasme à mon projet, Sarah Murcia La Meilleure contrebassiste du Monde, Kevin O’Donnel le phénoménal batteur qui joue avec Andrew Bird, un musicien que j’adore : Olivier Daviaud au violoncelle, aux choeurs et à l’arrangement de Jasseron … ouaip que du très beau monde.
la création est quelque chose de fragile. Les gens qui travaillent à défendre et promouvoir des artistes en devenir sont des gens courageux. C’est difficile et risqué dans un monde ultralibéral où la vitesse, la consommation brutale ,le cosmétique et la Tendance sont les règles d’or. Il y a si peu de place pour la fragilité, la profondeur.
Tu sembles déjà plebiscitée (cf Epok, et d’autres magazines tendance) … ca te fait quoi d’etre reconnue aussi vite ?
Très honnêtement , je ne me sens pas du tout « reconnue aussi vite » pour l’instant. Ces quelques articles sont une chance et m’encouragent beaucoup.
On sait que tu es fan d’Andrew Bird (difficile de ne pas l’être), mais quelle est la playlist actuelle de Mlle Loizeau ?
- Weather System d’Andrew Bird, donc !
- Basement Dreams de Neal Casal
- I’m a bird now d’Anthony and the Johnsons
- Boucle de Claire Diterzi
- Les Mises à Plats du prochain album de Franck Monnet
- Jolie Holland Escondida et Catalpa
- Ron Sexsmith (pardon je ne me souviens plus du nom de l’album !)
- L’autoproduit (pas encore disponible…sorry !) de Hélène Pince
- In the Mood for love de Vic Moan
Quelques mois après ton concert avec Andrew Bird en solo à Rouen, tu reviens à la Maison de l’Université le 8 mars prochain … à quoi doit s’attendre le public ? Une Emily solo ? accompagnée ?
Emily en trio et qu’est ce qu’on est heureux de jouer ensemble ! Un rêve …

Le mot de la fin pour toi …
la création est quelque chose de fragile. Les gens qui travaillent à défendre et promouvoir des artistes en devenir sont des gens courageux. C’est difficile et risqué dans un monde ultralibéral où la vitesse, la consommation brutale ,le cosmétique et la Tendance sont les règles d’or. Il y a si peu de place pour la fragilité, la profondeur. Défendre les gens qui nous permettent de découvrir des Anthony and the Johnsons, des J P Nataf et même des Camille (qui avant d’en être là a elle aussi eu besoin de soutien), et j’en passe beaucoup d’autres, défendre ceux qui produisent et soutiennent ces perles là donc, est tout aussi important que d’écouter leur disque ou d’aller les voir en concert. Sans ces artisans du disque aujourd’hui, beaucoup de belles choses verront difficilement le jour ou ne dureront pas et il n’y aura de place que pour les soupes grosse conso rapide qu’on connaît déjà trop. Bref, le disque aujourd’hui est un outil indispensable pour qu’un artiste puisse vivre alors « faisez-gaffe » à pas croire toutes les conneries qu’on nous dit , du genre : »après tout, le téléchargement gratos c’est pas si grave, et puis de toute façon c’est le producteur qui s’en met plein les poches et les artistes ils ont pas besoin d’eux, ils s’en sortiront toujours! » dans 10 ans peut-être on en sera là, aujourd’hui ce n’est pas le cas du tout.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

geraldo Majela da Silva Boracho - Brésil 23.02.07 | 14:40
De: geraldoboracho@hotmail.com
Para: Emily loizeau – france
Eu te amo. . .
o amo existi. . . . para quem esta vivo
respira oxigênio do nosso planeta. . .
paz na terra. . .. oas homens de boa vontade
ama é; aproveita bem os nosso momentos. . .
Geraldo M da S. Boracho
compositor
existir não tenha dúvida. . . quem viver verá.
Eu e você . . .
juntos para sempre amor, amor , meu amor, my love
meus sinceros e bons agradecimentos. . . povo da france. . .