[Githead] on your own au Scopitone

Difficile de nier que j’avais un léger a priori avant de rejoindre le Scopitone en ce vendredi soir, la salle succédant au Paris-Paris, lieu branchouille s’il en fut, mais je dois avouer que le videur à l’entrée est d’une extrême courtoisie, que le club est assez sympathique, avec des photos/tableaux plutôt rock aux murs, dans une ambiance assez sombre qui n’est pas pour me déplaire… Pas de chance, il n’y avait pas de bière pression, et la canette de 25 cl de Carlsberg à 6 euros reste un peu en travers de la gorge, mais pour le reste mes craintes étaient infondées, ce que je me dois de reconnaître !

Revival Kensuke (www.myspace.com/revivalkensuke)

L’avantage du lieu, c’est qu’on entend la musique de n’importe où, mais cela peut également constituer un défaut rédhibitoire lorsqu’on cherche à échapper à la musique provenant de la minuscule scène … A dire vrai, exprimer quoi que ce soit de pertinent à propos de Revival Kensuke relève pour moi de la gageure, le « Rock / Alternatif / Progressif » du quintet (3 guitares pour accompagner la basse et la batterie !) me semblant surtout destiné à un public de musiciens confirmés plutôt qu’à de purs auditeurs incapables comme moi d’empoigner le moindre instrument … On notera donc qu’il n’y a aucun chant, qu’une heure d’instrumentaux commence à peser lourd sur le moral des troupes, que les variations de styles déconcertent (on finit par se demander quand arriveront les passages salsa ou house…), et qu’on se demande au final quelle peut être la cohérence de la programmation vis-à-vis de la suite de la soirée …

Githead (www.myspace.com/githead)

Car si les musiciens qui suivent n’ont jamais rejeté l’expérimentation au sein de leurs groupes respectifs précédents (Scanner pour Robin Rimbaud, Minimal Compact pour Malka Spiegel et Max Franken, Wire pour Colin Newman), ils constituent avec Githead un (super)groupe « Indépendant / Shoegaze / Pop » plus post-punk que progressif… Et quand on connaît la réputation sociale extrêmement négative que peut porter le groupe Wire, on n’en revient pas de constater à quel point Colin Newman est souriant, apparemment peu exigeant sur le niveau de qualité sonore des lieux, ne craignant pas de jouer à moins d’1 mètre des spectateurs, qui ne doivent pas dépasser la cinquantaine d’anonymes admirateurs… Le groupe est heureux d’être sur scène, n’hésitant pas à plaisanter des hésitations et oublis des uns ou des autres, tout en nous proposant un set d’une efficacité remarquable, qui prouve que loin de se contenter de miser sur leur gloire passée, les 4 musiciens continuent à vivre la musique, en n’hésitant pas à venir s’amuser dans un lieu bien plus petit que lors de leurs précédentes prestations parisiennes (Cité de la Musique en 2005, Maroquinerie en 2007) sans pour autant bâcler quoi que ce soit !

On retrouve à la fois le côté pop de Wire de la période « manscape »/ »the drill », mais aussi d’autres choses qui s’en éloignent totalement, avec une présence minimale de sons électroniques, un chant de plus en plus assumé par Malka, une rythmique métronomique sur laquelle s’appuient Robin et Colin pour chacun à leur tour nous envoyer des guitares acérées, tout en évitant le moindre solo malvenu… Il n’y a pas vraiment de temps mort, les titres du dernier album passent aussi bien que les titres des deux précédents opus, et au bout de la grosse heure de set on se dit qu’on est prêt à en reprendre une petite couche quand les Anglais le voudront bien, quitte à revenir dans des lieux aussi exigus que ce soir !

publié par matttbrrr le 28.11.09

www.myspace.com/matttbrrr

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