HibOO d’Live : Declan de Barra

Il est des artistes que vous avez rencontré et avec qui vous vous êtes immédiatement attachés. Les raisons sont diverses : ils sont associés à des souvenirs qui ont marqué votre vie, ils sont talentueux, ils possèdent un charisme hallucinant … et parfois, il arrive que tous ces facteurs se retrouvent étroitement imbriqués.

Ma première rencontre avec Declan de Barra remonte au concert d’AaRON aux Bouffes du Nord. Il était accompagné d’une violoncelliste d’une rare élégance – décédée depuis – et avait mis une belle claque à pas mal de monde : l’Irlandais bourru, taillé pour jouer le rôle potentiel d’un Terminator, possèdait un coffre qui dépasse l’entendement, et son timbre singulier avait empli le lieu de la plus belle manière qu’il soit. Des chansons très mélancoliques, exutoires d’une souffrance certaine passée, qui faisaient systématiquement mouche, et qui forçaient le respect.

Depuis, nous avons gardé plus ou moins contact, et j’apprécie de le voir dès que je le sais sur Paris.

Lundi, malgré une journée chargée (Puggy sur les toits d’Universal Music, puis Puggy à l’Olympia), nous avons réussi à nous revoir non sans mal : le bonhomme s’était fait arrêter par la police à Gare de Lyon, et cette dernière ne semblait pas croire le titan lorsqu’il parlait de chanter dans une église – son français est aussi au point que mon anglais, c’est dire :) Avec pas moins d’une heure de retard, le voilà enfin, tout essoufflé, enrobé de moults pulls et écharpes. Mais véritablement excité.

Car pour Declan, c’était la première fois qu’il chantait dans une Eglise. Il était ému, et c’était beau à voir. Ce mec qui d’habitude se met systématiquement un public dans la poche en racontant des blagues, ou en chantant parfois sans micro dans une salle de 500 personnes se retrouvait ici sur un nouveau terrain. Comme toute première fois, ça ne se passe pas forcément aussi bien qu’on le souhaiterait, et il a du mal à caler sa voix face à une réverbération de presque 5 secondes. Puis après quelques notes fausses, l’adaptation, puis le réarrangement du titre pour laisser rebondir les notes. Et tout devient beau, sublime. On restera toujours surpris par les gens de cette contrée, impassibles, préférant allumer une bougie située à 5 centimètres de l’artiste. Mais qu’importe : Declan de Barra est un extra-terrestre qui mérite que l’on s’attarde sur son cas.

Son magnifique album, A fire to Scare the Sun est passé, comme beaucoup de VRAIS bons disques, à la trappe, totalement enfoui sous des centaines d’opus sortis cette année, dont certains érigés par une poignée de têtes hypes qui arrivent à faire croire à leurs congénères que c’est bon même quand c’est mauvais (genre Girls). Pourtant, cette perle dark folk possède des titres d’une intensité sans équivalent, tant mélodiquement que vocalement. Mais c’est Throw your arms around me, qui ne figure pas sur sa galette, qui sera joué, plus ou moins à ma demande, car allez savoir pourquoi, cette chanson représente quelque chose de l’ordre du sublime.

Your scars cast shadows when you’re dreaming,
and time just wont heal your wounds,
That hole inside you keeps on weeping,
and you’re feeling all alone, then …

Throw your arms around me,
I’ll be right here if you fall,
I’ll be right here if you need me,
I’ll be right here when you call me my friend,
if you need me, my friend …

When there’s no light in the evenings,
and there’s no hope inside of your heart,
When all the things you ever dreamed of
start to bleed and fall apart, then ….

Throw your arms around me,
I’ll be right here if you fall,
I’ll be right here if you need me,
I’ll be right here when you call me my friend,
if you need me, my friend …

When you feel you’re slowly drowning
under all these world’s black days,
and you feel you’re slipping under …
from the weight of all your pain, then …

Throw your arms around me,
I’ll be right here if you fall,
I’ll be right here if you need me,
I’ll be right here when you call
Throw your arms around me,
I’ll be right here if you fall,
in my arms i’ll carry you from here,
me friend, i won’t leave you down …

no me friend,
me friend i won’t leave you down
no me friend,
me friend i won’t leave you down
no me friend,
me friend i won’t leave you down
no me friend,
me friend i won’t leave you down …

» www.declandebarra.com

publié par Rod le 06.11.09

archives.le-hiboo.com

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9 commentaires

  1. Merci à vous 2, et surtout à Declan! Je crois qu’on a tous passé un moment exceptionnel

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  2. Wouaaaaaaa !
    Je suis encore tout ému. Magnifique morceau, magnifique captation pour moi le meilleur hiboo de live!

    Quel son et quelle émotion! Bravo !

    L’image est plus stable que d’habitude, tu as utilisé quelque chose pour ça ?

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  3. Superbe !!!
    La voix, l’image, le lieu…

    Et quelle reverb !

    Merci le Hiboo, merci Declan !

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  4. … et merci Marie !!!

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  5. Waow des frissons en écoutant cette chanson dans cette ambiance! Sur l’Iphoen direct !

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  6. Molasson 6.11.09 | 21:51

    c’est vraiment super :) les plans sont très spontanés c’est vraiment chouette malgré quelques dératés et c’est dommage vers la fin :P… Dommage que la dame derrière Declan n’a pas allumé la bougie de façon visible ça aurait eu du sens :P… non c’est vraiment bien filmé.

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  7. i love moon 6.11.09 | 22:23

    C’est beau, en effet.

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  8. C’est intéressant, « Throw Your Arms Around Me » est aussi la chanson qui m’a le plus ému au Café de la Danse (je parle de ce morceau sublime dans ma chronique, mais c’est en allemand et je suis en retard avec les traductions en français…).

    Le noir et blanc marche très bien ici, l’ambiance est solenel et intense. La voix résonne incroyablement bien dans cette église!

    Bravo et merci beaucoup de partager ces moments intimistes!
    J’ai mis un lien sur mon site…

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  9. Je suis tout à fait d’accord avec cet article qui à été posté, sa fait longtemps que je n’écoute plus ce qui se fait aujourd’hui. A tort, il ne faut surtout pas passer à travers ce genre d’artistes. J’ai vu une de ses représentations, à Toulouse. Un petit bar assez sympa, il était avec un groupe suédois dont la performance n’avait pas été remarquable. Beaucoup de personnes parlaient dans le bar, on entendait pas très bien les artistes. Quand Declan De Barra a pris le micro et a entonné les premiers couplets de ses chansons mélancoliques, un silence d’église s’est abbattu sur le bar. Quelle présence, quelle voix, quel timbre, sa vous laisse stoique, sur votre chaise, à vous demander pourquoi cet artiste n’est pas reconnu à sa juste valeur. Une volonté de sa part, je ne sais pas, en tout cas, je retournerait le voir sans aucune hésitation et continuerait à me passer en boucle A Fire To Scare The Sun, qui m’emmene loin de chez moi, en Irlande je crois bien.

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