Toy Fight au Café de la Danse : on ne joue pas avec la nourriture… sauf avec le dessert

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Pour bien attaquer la semaine, rien ne vaut plateau musical complet. Composé ce lundi de Maison Neuve en entrée légère et Leisure Society en plat de consistance un peu indigeste, la soirée fut heureusement sublimée par un Toy Fight en guise de sabayon.

Maison Neuve (www.myspace.com/maisonneuve)

Que dire de Maison Neuve ? Leur concert était une première pour moi et, je l’ai bien senti, ils n’étaient pas au meilleur de leur forme. Nouveaux morceaux difficiles, salle plutôt vide car la soirée commençait trop tôt… le spectacle n’en était pas moins intéressant. On connaissait la Maison Tellier, on s’était fait surprendre par Holden il y a quelques années (je ne parle du dernier album qui, malheureusement, est aussi fantomatismique que le disque), Maison Neuve s’inscrit dans le créneau difficile des chanteurs à texte en français et de qualité. Pas toujours évident de faire jaillir la puissance de la langue de Molière, surtout si on lui ajoute quelques mélodies oscillant entre folk western et rock brut. Bref on sent le talent sous-jacent mais le besoin de plus de scène – mais ça, ça dépend des programmateurs hein… ;). Belle entrée en matière malgré ses imperfections qui font aussi le charme de cette nouvelle bicoque à surveiller.

The Leisure Society (www.myspace.com/theleisuresociety)

La salle se remplit avec la préparation de Leisure Society. En voyant s’installer les sept protagonistes du groupe, on se demande comment on a pu passer à côté de ce septet qui, au premier abord risque de livrer une pop-folk instrumentale intéressante. On s’est demandé « comment », mais on a vite compris « pourquoi ». Techniquement, le trio violon-violoncelle-flute traversière qui accompagne une formation guitare-basse-batterie-clavier est impeccable. Toutes leurs mélodies sonnent justes, sont parfois entrainantes et ont un certain raffinement dans leur complexité.

Oui mais voilà, exactement comme pour Camera Obscura lors de la dernière Route du Rock, l’alchimie ne suit pas. The Leisure Society se cantonne à la catégorie « groupe d’ambiance de bal » ou « groupe concourant à l’Eurovision », de la musique à mettre dans des cases, à évaluer avec une simple grille… Dommage, indigeste prestation qui n’a néanmoins pas déplu au public qui est resté assez enthousiaste.

Toy Fight (http://www.myspace.com/toyfight)

L’avantage d’être précédé d’un groupe moyen, c’est que votre talent, s’il était passé inaperçu jusque là, resplendit deux fois plus. Ce fut le cas pour les joyeux joujoux de Toy Fight ce soir là. Le trio masculin de base (et de choc) a complété sa formation de deux musiciens aussi doué qu’eux dont le multi-instrumentiste Jean. Et sur scène, ils n’ont pas hésité à inviter leurs amis et collègues (via leurs autres groupes) comme Olivier (Chicros, Syd Matters), Pauline (Mina Tindle) ou Laurie à travers leur dernier clip que je vous invite fortement à aller regarder (My Girlfriend Is Better Than Yours). Le constat immédiat qui saute aux oreilles dès les premiers accords du groupe, c’est qu’ils ont fait de sacrés progrès sur scène depuis le Point FMR ! L’humour caustique de Sébastien Broca est encore plus incisif et efficace, ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on a pour nom les meilleurs contes de Pierre Gripari – oui, je sais, Sébastien aurait préféré une référence de son niveau de Fénelonien, Kant ou Deleuze mais ce n’est que moi qui rédige là :)…. Maxime Chamoux a toujours la délicatesse de vous prévenir qu’il va se planter dans ses accords pendant la transposition du morceau (et prend la peine de dédier un morceau à ses parents dans la salle). Jean Thévenin s’amuse comme un gamin dans le fond avec tous ses instruments et gadgets assimilés (et papote avec Olivier, oui je balance car les autres membres sont devant, ils ne voient pas). A côté, Bertrand Faure-Brac et David Simonetta ont l’air d’enfants de cœur avec leurs chemises bien repassées. Enfin Pauline et Olivier font l’animation en passant et repassant d’un bout à l’autre de la scène. Les parties de trompettes d’Olivier sont d’ailleurs un apport intéressant, quand à la voix de Pauline, elle est égale à elle-même, sublime et pétillante. Le groupe a joué la quasi-intégralité de Peplum et nous a gratifié de quelques titres « vieux mais qu’on aime quand même beaucoup » et un nouveau titre (Streetlights) qui rappelle The Limes (tiens tiens…). Lors du rappel, les surprises ne sont pas terminées puisque Toy Fight entame une reprise des Go Betweens (The House Jack Kerouac built) en appelant en renforts Guillaume aka le grand gaillard chanteur de Maison Neuve.

Vous l’aurez compris, si vous n’avez toujours pas écouté Peplum ou vu Toy Fight sur scène, vous avez intérêt à réparer rapidement vos oublis avant de passer pour le dernier has-been. Il ne manquait qu’Orouni pour que cette soirée soit parfaite, mais il était dans la salle ce n’est déjà pas si mal. A force de vous écrire que cette nébuleuse de parisiens est bourrée de talent, vous allez finir par être d’accord avec moi…

publié par Violette R.O.L.L. le 27.10.09

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3 commentaires

  1. inutile de preciser que je ne suis d’accord avec RIEN dans cette chronique, mais bon, c’est ca le HibOO : des gens qui ecoutent pas du tout de la meme maniere un concert, ou la musique en général :)

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  2. Comme Rod, Pas vraiment d’accord. Si Maison Neuve m’a en effet fait penser a la musicalité de La Maison Tellier, il y’a un sacrès retard, tant la performance était juste. Vraiment juste. Suffisament pour quand meme etre sympatique mais très vite oublié.

    The Leisure Society, pour moi, c’était LA claque de la soirée, je n’ai pas pu quitté mes yeux ni mes oreilles de la scène tellement leur musique m’as captivé par sa douceur, sa force et sa subtilité. le duo de voix, le trio violon / violoncelle / flute, et tout ça en faisant vraiment passer quelque chose de magique..

    Quand a Toy Fight, ceux qui m’ont fait acheté ma place, j’ai été content et déçu a la fois : Oui, l’énergie, l’humour était la, les chansons était géniales, oui! Mais quel manque d’expérience!! Ce qui ma dérouté puisque j’avais trouvé certains figurants très « pro » dans d’autres formations (Please don’t blame mexico, Mina Tindle), des claviers fait a la voix, ou carrément oubliés, une sono douteuse, ça portait un peu préjudice a certaines chansons pourtant géniales en studio. Bref, c’était génial, j’ai vraiment adoré mais j’espère vraiment les revoir avec un autre niveau la prochaine fois.

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  3. Eh bien, pareil, je ne suis pas du tout d’accord… mais bon.

    The Leisure Society s’est montrée tellement plus pro et tellement plus en place que Maison Neuve et Toy Fight…
    Maison Neuve avait des » circonstances atténuantes » (premier groupe à passer dans une salle quasi vide par exemple) et étaient presque attendrissants avec leur côté « on a pas assez répété mais on va jouer quand même ». Bref, j’ai bien aimé.

    Mais Toy Fight… c’était sensé être le groupe de la soirée (ce sont eux qui ont drainé le plus de public visiblement) mais désolée, leur set approximatif m’a laissé l’impression d’une grosse blague. Déçue, vraiment, parce que j’aime bien l’album.

    J’avais déjà vu The Leisure Sociéty en Angleterre et eux ont définitivement confirmé ma première impression. Quelle classe! Et quelle humilité. Qualité qui ne m’a pas semblée être la plus partagée ce soir-là… vraiment dommage.

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